SUPPRESSION DE LA CAUSE
Il n’est pas en notre pouvoir d’empêcher l’influence de 1 hérédité, etc. — Mais dans quelques cas, on est cependant en état de supprimer au moins une des causes productrices du diabète.
J'ai été consulté il y a quelques années par un industriel d une cinquantaine d'années exempt de tares héréditaires. Il menait une vie normale et n’avait pas de soucis ; son diabète s était manifesté depuis deux ans.
REGIME
Après un long interrogatoire, je finis par apprendre que depuis trois ans il avait apporté à ses habitudes une modification, qu’il jugeait à tort insignifiante : il était venu habiter son usine, tandis qu’auparavant, il faisait quotidiennement, pour s’y rendre, deux fois par jour, et en revenir, une marche de huit kilomètres — En possession de ce renseignement, je lui prescrivis de se promener deux heures par jour. Je réglai en même temps son régime. La glycosurie disparut.
Les cas aussi faciles sont l’exception ; mais souvent on pourra remédier aisément à un vice du régime, si le malade e>l docile. C’est ainsi que j'ai guéri, au moins en apparence, un certain nombre de diabétiques.
Je citerai seulement parmi eux un homme de quarante ans, que j’ai pu minutieusement observer. 11 exerçait une profession sédentaire et, né dans un pays de vignobles, buvait quotidiennement deux litres de vin et mangeait beaucoup de viande. En supprimant le pain et le vin, et en diminuant la viande, j’ai fait tomber en peu de mois le sucre urinaire de KO grammes à 0, et l’urée de ‘iü grammes à lit) grammes par jour.
Il importe en même temps d’insister auprès du malade et de sa famille pour écarter les soucis, surtout d’argent. Si l’on a affaire à un malade pusillanime et qui s’effraie d’être diabétique, on pourra qualifier son état de glycosurie, ce mot ayant dans le monde une meilleure réputation. Il faut aussi lui persuader. ce (pii est d’ailleurs la vérité, qu’il n’est pas en état de juger de la gravité de sa maladie parle chiffre du sucre urinaire.
RÉGIME
Quelques auteurs conseillent de procéder de la manière suivante : lout d’abord, déterminer, au moins approximativement, la surface cutanée du malade, ce qui, d’après eux, permet de fixer le nombre de calories qii’il faut lui fournir par l’alimentation, puis, à 1 aide de tables indiquant la teneur en albumine, en graisse et en hydrates de carbone des différents aliments, for-
TRAITEMENT
mulcr un traitement relativement pauvre en hydrates de carbone et assurant au malade la quantité totale de calories qui lui sont nécessaires 1 .
Dans cet ordre d’idées, voici un régime proposé par le professeur A. Gautier : 2
quantités Contenant
Aliments.
on grammes.
Albumine.
Graisses.
Hydrates île carbone
Grammes.
Grammes.
Grammes.
Viande désossée . .
Pain de gluten . . .
Gégumes verts . . .
Pommes de terre. .
Poisson
Crème de lait. . . .
Ileurre et graisse . .
Fromage
Totaux . . .
Calories correspondantes3 4. . . .
Total des calories des aliments.
auxquelles il faut
ajouter les
calories
fournies par 40 grammes d’alcool. . .
Calories des aliments et boissons. . . .
Ainsi, avec le régime précédent, un homme sain de 65 kilogrammes, en n’ingérant que 43 grammes d’hydrates de carbone (au lieu de 380 grammes, quantité ordinaire), aurait près de 3 000 calories disponibles, c’est-à-dire une quantité suffisante quand on ne se livre pas à un travail forcé1.