‹ Le diabète sucréChapitre 633 sur 654 · TRAITEMENT .MÉDICAMENTEUX · texte numérisé non relu

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Sans le régime, les médicaments n'auraient que peu d'cflicacité dans le traitement du diabète ; mais, avec l'aide d'un régime convenable ils sont assez souvent utiles. Les uns paraissent agir surtout en diminuant la glycogénie, d’autres, moins nombreux, en excitant la glvcolvse. Un certain nombre doivent posséder ces deux actions, mais il est bien difficile d’ètre afïirmatif à cet égard ; nos théories sur l'action des médicaments sont encore provisoires; aussi, faut-il considérer comme seulement probables, et non démontrées, les interprétations qui suivent :

Groupe des médicaments dits antipyrétiques. — Antipyrine. — Bien que l’antipyrine ait été depuis un certain nombre d’années introduite dans la thérapeutique du diabète, à la vérité d’une manière empirique on ne savait, au moment où j’ai commencé à m’occuper de son mode d'action. qu'un seul fait, découvert par Brouardel et Love, à savoir qu’en rajoutant, in vitro, ù du sang défibriné, on retarde la destruction du sucre de ce sang. Mais ce résultat qui pouvait sembler paradoxal. puisque l’antipyrine s’était montrée utile à certains diabétiques, n’a en réalité que peu d importance. Beaucoup de substances in vitro peuvent arrêter la glvcolvse, sans posséder

1. Gôxner. [Correspondenz-Blatt fïtr Schweizer Aerzle, 1er oct. 1887. p. oui). — Dujardin-Beaumetz. {Soc. de thérapeutique, 28 mars I888i -- Hüchard. (/</.. 11 avril). — G. Sée et G lby. Bulletin de F Acad, de Méil., 1889, 16 janv.). — Panas. ( ht 9 avril . — Alu. Rubin. [Semaine medicale. 1889, p. 1 14).

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cette action dans le sang- circulant. En fait, l’influence favorable de l’antipyrine chez certains diabétiques paraît tenir à son action antiglycogénique, que j’ai démontrée avec Porteret ' .

Il est très vraisemblable que c’est surtout par son influence nerveuse que l’antipyrine ralentit la glycogénie : mais elle exerce aussi une action directe sur la cellule hépatique1 2.

L’antipyrine a, comme on sait, le grand défaut de troubler la digestion. D’après Kaufmann3, les diabétiques le tolèrent moins bien que les rhumatisants, ce qui peut s’expliquer par le fait que loin de garder la diète comme ces derniers, les diabétiques surmènent, en général, leurestomac. Le pyramidon , à cet égard, a moins d inconvénients. On a dit qu’il ne réussit pas aussi bien (pie 1 antipyrine chez les diabétiques; mais celle assertion aurait besoin d’ôtre confirmée, car il existe avec les médicaments dits antipyrétiques des idiosyncrasies fort singulières4 5 6.

Quinine. — J’ai constaté avec Marlz, dans le cours d’une longue série de circulations artificielles à travers le foie, que si l’on additionne d’un sel de quinine le sang circulant à travers cet organe, ce dernier conserve, relativement , son glycogène 8 . Il paraît donc très probable que la quinine qui, depuis plus d’un demi-siècle8, a été employée, parfois avec quelque succès dans

1. Liîimne et Porteret. (C. H. de V Acad, des Sciences, 3 avril et 13 août 1888). — Voir p. 117 de cet ouvrage le résumé de nos expériences.

2. On broie rapidement un foie qu’on vient d’extraire du corps de l’animal. Sur la pulpe [bien brassée (car deux portions d’un même foie n’ont pas la même teneur en glycogène) on prélève deux portions de même poids qu’on fait macérer, la première, dans une solution aqueuse d’antipvrine, et la seconde, dans l’eau pure, puis, au bout de quelques heures, on dose le glycogène de l'une et de l’autre. Celle qui a macéré dans l’antipyrine en renferme davantage. (Lépine).

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