‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 112 sur 143 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

LK CAPITAINK. BAPTISTB. PLÀMMÈCHK.

Qui ne sut se borner ne sut jamais écrire.

Quand nous n'aurions, en terminant ce livre, d'autre but que celui de donner une fois de plus raison à Texcellent axiome qui nous sert d'épigraphe, le lecteur, à coup sur, se tiendrait pour satisfait.

Si jamais œuvre, en effet, pouvait se dispenser de finir, c'était celle-ci, qui, ainsi que beaucoup d'autres de môme nature, aurait pu et dû |)eutélrc ne commencer jamais.

Il n'est aucun de ceux qui ont apporté leur pierre à ce fragile monument d'une louable intention, qui ne sache, à l'heure qu'il est, que décrire une ville, un univers comme Paris, que le décrire tout entier, choses et hommes, est une tftche qui pourra bien demeurer toujours imparfaite.

Entasser volumes sur volumes avancerait sans doute quelque peu la besogne; mais avancer n'est point arriver; et à quoi sert un pas de plus, si ce pas ne doit jamais être le dernier?

S'il faut ménager quelque chose, cher lecteur, n'est-ce pas, avant tout, ta patience? Et, placés entre ces deux extrémités, dont l'une au moins était inévitable, celle d'être sans fin si nous voulions tout dire, ou celle d'être Il 45

incomplets si nous ne voulions pas te lasser, avons-nous tort de choisir la moins fâcheuse, c*est-à-dire celle que, pressé comme tu Tes toi-même, tu pouvais le mieux pardonner?

Combien de figures manquent à ce tableau, combien de détails à cet ensemble, combien de membres à ce corps, personne ne Fignore donc moins que nous; mais, d'une part, qu'on nous montre une œuvre complète et en même temps collective ; et, de l'autre, qu'on nous dise si une œuvre multiple comme celle-ci aurait pu sortir d'une seule plume?

Nous faire voir par où nous péchons serait véritablement un soin superflu. Nous n'avons point de fatuité, et savons, comme dit Sancho, où le bât nous blesse. Si donc vous nous parlez de ce qui nous manque, après vous avoir fait remarquer qu'en somme nous avons dépassé nos devanciers, nous vous montrerons, sans morgue, mais aussi sans vergogne, ce que nous avons : nos innombrables et incomparables vignettes par exemple, lesquelles, bien qu'elles ne disent pas tout, en disent assez pourtant ]>our épargner mille peines aux Champollion ou aux de Saulcy futurs, et leur rendre facile l'histoire intéressante de nos physionomies, de nos gestes et de nos costumes.

Nous vous montrerons ces pages impitoyablement remplies, où se trouve visiblement tout ce qu'on y pouvait mettre, du noir — beaucoup plus que du blanc; et nous vous dirons enfin que si, à ces deux volumes si bien bourrés, il se peut qu'il manque quelque chose, ce n'est rien peut- (Mrc qu'un troisième, dont personne n'aurait voulu, lequel aurait dû néanmoins, à son tour, être complété par un quatrième... etc.

Cercle à jamais vicieux, et sîins issue, comme tous les cercles!

Que si, en outre, on veut bien s'inquiéter de la bordure un peu légère de notre cadre, et se soucier de ce qu'ont pu devenir les quelques figures que nous y avions mises dans le but innocent de ne pas le laisser tout à fait vide, nous répondrons, dans la joie de notre âme, que rien ne saurait nous être plus îxgréable, et par conséquent plus facile, que de répondre à une sollicitude aussi flatteuse.

Et pour commencer, par exemple, par celles qui , étfint le plus près de nous, doivent être le moins oubliées, nous dirons que le capitaine est encore.

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