‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 26 sur 143 · III. — La place de la Concorde et les Champs-Élyséen · texte numérisé non relu

III. — La place de la Concorde et les Champs-Élyséen

Marie de Médicis fit construire, en 1616, une promenade plantée d'arbres depuis le pont de la Conférence jusqu'à Chaillot : ce fut le Cours -la- Reine ^ qui élail bordé de fossés et ferme de grilles. En 1670 on planta d'arbres les terrains voisins jusqu'au faubourg Saint-Honoré, on ouvrit la grande allée qui est dans l'axe de l'allée des Tuileries, et l'on donna à toute celle promenade le nom de Champs-Elysées. Cette promenade resta un désert pendant plus d'un siècle : le séjour des bienheureux était une forêt de malfaiteurs; les quartiers voisins se trouvaient encore hors de la ville; enfin, pour s'aventurer dans ces allées, il fallait d'abord patauger dans les mares de boue qui les séparaient du jardin des Tuileries. En 1748, Louis XV ordonna d'élever la statue que la ville de Paris venait de lui voler a sur l'emplacement situé entre le fossé qui termine le jardin des Tuileries, l'ancienne porte et le faubourg Saint-Honoré, les allées de l'ancien et du nouveau Cours et le quai qui borde la Seine. » La statue, modelée par Rouchardon, ne fut achevée qu'en 1763. Alors la place fut découpée par l'archilecte Gabriel en fossés plantés d'arbres avec balustrades et petits pavillons, et pour la fermer du côté du nord, on commença la construction des deux vastes palais que nous voyons aujourd'hui, et dont l'un fut destiné au garde-meuble. La place commença alors à prendre de la vie; mais elle n'élait pas achevée quand elle fut sinistrement inaugurée, en 1770, par les fêles du ma* riagedu dauphin où, dil-on, douze cenis personnes périrent écrasées dans la foule ou des suites de leurs blessures. La révolution arriva et lui donna une sanglante célébrilé: au 14 juillet, les gardes-françaises en chassèrent les troupes royales; le 10 août, les derniers Suisses échappés des Tuileries s'y firent luer en comballant; le 11 août, la stalue de Louis XY fut abattue, et à sa place fut dressée une grande stalue de plâtre peint, œuvre de Lemol, et figurant la Liberté assise et coiflee du bonnet phrygien ; le 23 août, le conseil général de la commune ordonna que la guillotine serait dressée sur cette place pour l'exécution des conspirateurs royalistes, et le hideux instrument de mort y resta en permanence pendant deux ans. Alors la place prit le nom de la Révolution, En 1800, la statue de la Liberté fut détruite; on décréta l'érection d'une colonne triomphale à la gloire «de nos armées, colonne dont pas une pierre ne fut posée, et l'on donna à la place le nom de la Concorde. En 1814 la place reprit le nom de Louis XV, et nous avons dit ailleurs (Hist. de Paris, p. xxix) quelle cérémonie v fut alors IL II'

LViii LE DIABLE A PARIS.

célébrée; en 18S6, on lui donna le nom de Louis XVI, auquel un monument expiatoire devait être élefé; en 1830, le nom de la Concorde lui Tul rendu ; enfm ou a, en 1836, élevé, à la place de la statue de Boucliardon, du plâtre de Lemot. de la colonne idéale de Bonaparte, Pobélisque de Louqsor, que son ftge et son caractère mettront, il faut Tespérer, à Tabri des révolutions*.

PARIS M^HZDZOWAIr.

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