‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 47 sur 143 · II · texte numérisé non relu

II

.vu LL TlliOlli DL DIABLE.

■ADAflc et DOT. — Vous tfouvez?

nwkUE LABICHE, sfir vne chaise, — Euphémie, descends de ta chaise, tu vas

tomber.

ELFHÊJfiE, gur sa chaise. — Xon, maman.

MADEMOISELLE BRA5CHI:, desccndue de sa chaise. — Il y a beaucoup de monde. MADAME ccDOT. — Bcaucoup plus de curieux qu'autre chose. MADAME FARf5. — Je n*ai pas wx le marié. MADAME CCDOT. — Ccst quc VOUS n'avcz pas voulu le voir. ECFHtMiE. — Il m*a semblé tout petit.

MADEMOISELLE BEA5CHC. — Un vrai nabot, très-commun; il ne paie pas de mine. MADAME FARI5. — Ccst sdiis doutc Fabbé Forgeot qui va les marier. MADAME LABICHE. — N*y a pas do doute, comme ami de la maison. MADEMOISELLE BBAXCHC. — Ou Ic dit fort aimable. MADAME CCDOT. — Yous uc Ic connaîsscz pas, Pabbé Forgeot? MADEMOISELLE BRAUCBc. — Si fait, je Tai vu souvent chez mademoiselle Lerat. MADAME ciJDOT. — Cc sout SCS galcrics.

MADAME FARiN. — Eh bien! mesdames, vous me croirez si vous voulez, ça

me fait quelque chose de voir marier une jeune personne qu'on connaft. MADEMOISELLE BRA?rcHc. — Ça fait cct cffet-ià à tout le monde. MADAME CCDOT. — SuHout lorsqu'ou s'intéresse aux personnes. MADAME FARiif . — Raugeons-nous, mesdames, les voici qui sortent de la sacristie.

MADEMOISELLE BRANcni. — Jc HO vols pas la Hiamau ! MADAME ciDOT. — Ça, je le (Tois, elle a la ligure dans son mouchoir. MADAME FARiN. — Pauvrc madame Dufoiir! Vous verrez, madame, quand

vous en serez là pour voire demoiselle. MADAME LABICHE. — Jc VOUS jurc quc jc mc mcls bien à sii place. MADAME FARiN. — QuI dirait jamais, à le voir, qu'il est aussi gîii, l'abbé

Forgeot.

MADEMOISELLE BRANCuc. — Dame I il y a temps [)our tout. J'étais sûre qu'elle

serait en robe jaune, madame Dufonr.

MADAME FARin. — Mol jc la trouvc bien mise, la mariée. MiDAME CIDOT. — Trop de choses! c'est un fouillis à n'y rien comprendre.

A-t-il des gants, son mari?

UN MARIAGE BOURGEOIS. :>l

i NE INCONNUE. — Je croîs bien ! G*est comme un gendarme.

MADAME cuDOT. — Je (Usais cela pour rire. Regardez donc, à les voir, si Ton ne dirait pas qu'ils sont à Tenterrement.

MADAME FARiN. — Damo! Témotion, c'est tout naturel. Je sais bien, quand je m'ai mariée, que j'étais pas plus gaie que Tordonnance.

MADAME cuDOT. — Hoi aussi ; c'est tout le monde.

l'inconnue. — Cest un grand jour, mesdames, que celui-ci ! c'est une loterie .

MADAME LABICHE. — Eh bîeu, Euphémie ! et ton livre de messe?

EUPiiÉMiE. — Je l'ai laissé à la maison.

MADAME LABICHE. — Tu cs toujours la même.

MADAME CUDOT. — N'cst-cc pas madame Lafolie qui arrive là-bas avec s(»s falbalas?

MADAME LABICHE. — Faut-il Ic demander?

MADAME CUDOT. — Il faut toujouTs qu^cllc arrivc après tout le inonde.

MADEMOISELLE BRANCHu. — Daus la craintc de passer inaperçue.

MADAME LABICHE. — Euphémic, je vous en prie, restez à votre place.. . tenezvous droite.

EUPHÊMiB. — Oui, maman.

MADAME PAMiN. — Je trouvc quc l'abbé Forgeot ofHcie comme un ange.

MADAMB CUDOT. — Quello différence avec l'abbé Maugé I

MADAME LABICHE. — Jc trouvc à l'abbé Forgeot plus de distinction.

MADAME PARiN. — Ccst du jour à la nuit !

MADAME CUDOT. — Voycz H. Dufour, s*il reste un instant en place.

MADAME LABICHE. — Il faut bicu qu'il fassc les honneurs à madame Lafolie.

MADEMOISELLE BRANCHU. — Elle scra saus doute du repas?

MADAME CUDOT. — Et à la place d'honneur encore ; je n'ai jamais aimé cette femme-là I

MADEMOISELLE BRANCHU. — VoUS u'étCS paS la SCUlc.

LA FORTE DAME DE LA MAIRIE, suspenduc à UH (Ics boiTcaux dc la ckapelU. — C'est la femme qui s'est levée la première, c'est elle qui portera les culottes ; pas vrai, Sauvage?

MADAME LABICHE. — Qu'cst-cc quc CCS pctits jcuncs gcus qui tiennent le poêle?

MADAME CUDOT. — Dc cc côté-ci, à droitc, c'est le petit Lafolie.

MADAME LABICHE. — Le pIus jeunc?

MADAME cuDOT. — Oui; Taillé est en pension, où je crois qu'il ne fait pas grand' chose.

MADAME LABICHE. — Et à gaUClie?

MADAME FARiN. — C'cst Ic fils Taboureaii, à gauche.

MADAME LABICHE. — Jc ne VOIS pas sa mère.

MADAME CUDOT. — En chapeau cerise, à c6té de madame Dufour. Elle se

gardera bien de ia quitter, elle pourrait ne pas être du repas et son

mari aussi.

MADAME LABICHE. — Cc sont de drôlcs de gens. MADAME FARiN. — Jc uc sais pas si c'cst qu'ils sont drôles, mais c'est des bien

bonnes gens, toujours.

MADAME LABICHE. — Nous n'avoiis pas l'intention de dire autre chose,

madame.

MADAME FARIN. — Non, uiais c^cst quc depuis deux heures je vous entends

que vous drapez tout le monde ; on pourrait bien vous draper aussi,

madame.

MADAME ctDOT. — Je uc sais pas ce que vous voulez dire, madame. MADAME FARIN. — La différence c'est que je le sais, madame. MADEMOISELLE BRANcuu. — Ah î mcsdames, ce n'est point i(îi... MADAME FARIN. — VoIlà dcux heiircs que je bous dans ma peau; c'est plus

fort que moi. MADAME LABICHE. — SI VOUS m'cii croyez, madame, nous allons passer d'un

autre côté.

MADEMOISELLE BRANCflU. VoloUtiePS.

MADAME CUDOT. — Cc n csl pas la peine, mesdames, la messe est finie. MADAME LABICHE. — Je vais fuirc mes compliments à ces dames.

VU

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