‹ Le diable à Paris (volume 2)Chapitre 50 sur 143 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DEUX BOUHGEOIS.

PREMIER BOURGEOIS. — Qu'y a-l-il ,

compère? vous avez la mine douloureuse, ce matin.

SECOND BOURGEOIS. — Mais VOUS scmblez singulièrement Iriste vousmôme, père Mathias.

PREMIER BOURGEOIS. — C'est quo je viens de reconnaître que je m'étais trompé sur la vocation de mon fils.

SECOND BOURGEOIS. — J'ai de mon côté le même sujel d'affliction. PREMIER BOURGEOIS. — Cela cst singulier. Mon fils, dès son bas ftge, n'aimait rien tant que de compter sur ses doigts, et de plier les mouchoirs de sa mère. Je le vouai au commerce.

SECOND BOURGEOIS. — C'cst comme Ic mien, père Mathias. Rien de phis clair en apparence que sa vocation. 11 ne pouvait souffrir dY'tre habillé autrement qu'en artilleur, et dès huit ans il battait du tambour, de façon à surprendre tout le monde. Je l'ai fait étudier pour ôtre militaire.

PREMIER BOURGEOIS. — Eli bien ! croiriez-vous que mon drùlc n'a jamais pu discerner le mètre de rîiunc, ni le coton de la soie? c'est ce que vient de me déclarer son patron.

SECOND BOURGEOIS. — Lc mien vient de prendre la fuite dans une escarmouche.

PREMIER BOURGEOIS. — El Cependant mon fils est rempli de moyens.

SECOND BOURGEOIS. — Ccla uc m'étonuc pas, père Mathias, car le mien est plein décourage. Adieu. (//.<? s'éloignent,)

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