‹ Le Diable a ParisChapitre 112 sur 123 · CONVERSION · texte numérisé non relu

CONVERSION

J'eus beaucoup de peine à m'endormir, et je fis des rêves bizarres où je

voyais scintiller dans l'ombre des spectres solaires, el s'ouvrir des queues rie paon ocellées de pierres précieuses et jetant le plus vif éclat, des draperies fastueuses, des brocarts épais et grenus, des brocatelles tramées d'or el magnifiquement ramagées, se déployant à larges plis ; t les cabinets d'ébène incrustés de nacre et de burgaux ouvraient leurs portes el leurs tiroirs, el répandaient des colliers de perles, fies bracelets de filigrane el des sachets brodés. I>e belles courtisanes vénitiennes peignaient leurs cheveux roux

avec (1rs peignes d'or, pendant que des négresses, à la bouche d'ieillet épanoui, leur tenaient le miroir sous des péristyles ii colonnes fie marbre blanc laissant entrevoir dans le fond un ciel d'un bleu de turquoise. Ce cauchemar hétérodoxe continua lorsque je lus ('veille, et quand j'ouvris ma fenêtre je m'aperçus d'une chose que je n'avais pas encore remarquée; je vis que

les arbres étaient verts el m m couleur de chocolat, et qu'il existait d'autres

teintes que le gris el le saumon.

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