‹ Le Diable a ParisChapitre 121 sur 123 · JARDINS DE PARIS. — LES CHAMPS-ELYSEES · texte numérisé non relu

JARDINS DE PARIS. — LES CHAMPS-ELYSEES

An nu' Gabriullc — jardin do l'Élysée-Bourbon.

Les Cbamps-ËI] sêci .

Vue prise i roi d'oise m de la ptai c de la I lom orde

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' HAMPIN

1)1 MONDK A PARIS

l i nrs (,i:\s m MONDE.

Partout où vous voyez se réunir de vingt à deux cents personnes qui ne se connaissenl pas, chez des gens qu'elles ne connaissent guère, el partout où il se dit des choses qui n'intéressent ni celui qui les dit, ni ceux qui les écoutent, par cette lionne raison qu'on ne ilit a des gens qu'on ne connaît pas que ce qu'on peut dire à tout le monde, — et qu'il n'y a d'intéressant à entendre que ce qui ne peul être dit à personne... — vous voyez ce qu'on nomme le monde u Pari'.

\<iir le monde, aller dans le monde, Bonnes Gens qui apparemment n'êtes et ne serez jamais du inonde, ce n'est pas courir les mrs. ou quitter son village, ou prendre un passe-porl pour l'étranger, ce n'est pas même aller chez un ami pour y trouver d'autres .nni-> : c'est aller, avec quelque

cérémonie, dans i maison où vous rencontrerez beaucoup de gens dont

vous seriez obligé de demander les noms si vous teniez a les savoir; encore devez-vous être averti que ces noms, personne, el pas même peut-être le maître de la maison, ne pourrait parfois vous les due.

Une réunion, quelle qu'elle soit, où se trouveraient tous gens qui se connaîtraient — et qui s'aimeraient, — ne serait point ce qui constitue le monde à Paris,

Une réunion qui a un but, qui a une cause spéciale, n'est pas le monde.

On ne dine pas dans le monde. — On ne va pas dans le monde quand on va à un ]>al de noces, à une soirée diplomatique, chez un ministre. — On n'est pas dans le monde quand on est aux Tuileries, — au Château, voulons-nous dire.

On ne va dans le monde qu'à Paris.

On se contente encore en province d'aller où l'on va, au bal ou en soirée chez M. ou madame '". Ce n'est pas le monde qu'on y cherche, c'est la société. Le mot, à coup sûr, est provincial ; mais outre qu'à côté de cet autre mot considérable, — le monde! — il se trouve être modeste, il a l'avantage d'avoir un sens et d'exprimer ce qu'il veut dire.

A Paris, il y a des réunions, mais pas de société.

Les gens du monde se voient tout un hiver, dans un salon, puis dans un autre; ils s'y saluent comme on se salue dans le monde, quand, par exemple, on s'est marché sur le pied, quand on quitte sa place pour en prendre une autre, quand on se gène enfin, ou quand un accident vous rapproche, ou encore avant et après une partie d'écarté, de whist ou de bouillotte. — Mais une fois dans la rue, on ne se connaît plus.

— Vous connaissez monsieur un tel?

— Mon Dieu, non; je l'ai vu dans le monde.

Vous avez dansé vingt fois avec la belle madame de C... ; vous ne vous êtes pas contenté peut-être de lui dire, comme tout le monde el avec les formules d'usage, qu'il faisait chaud, qu'elle était belle, que sa robe était de velours et ses yeux aussi; — mais vous avez touche du boni de vus

doigts ses doigts charmants; —vous l'avez lenue plus noins dans vos

bras, suivant que vous êtes on que vous n'êtes pas un valseur discret ; — soit déplaisir, enfin, soif de fatigue, son cœur a battu mu- votre cœur; — vous l'avez regardée de très-près, vos yeux mu- ses yeux, de façon Mire

3(i(i LE TlltOIK DU DIABLE.

jusqu'au fond de son âme, si tant est que vous sachiez lire.... Vous ne connaisse/ pas madame de C...

Vous ne la connaissez pas plus que toutes les femmes à côté de qui vous passez sur les boulevards, et madame de C... vous connaît encore moins que vous ne la connaissez. Si vous saluiez madame de C..., elle en serait offensée, et serait dans son droit.

— D'où il suit que, dans le monde, qui peut le plus ne peut pas le moins, et qu'on n'a pas toujours le droit — d'être poli. La jolie chose, la chose sensée que l'usage !

Est-ce à dire qu'il ne vous sert à rien d'avoir valse avec madame de C..., et qu'elle vous aura trouvé impunément un valseur très-lin et un causeur un peu hardi? Non, certes. Si on ne valsait que pour valser, qui valserait'.' Mais je vous répète que madame de C... ne vous connaîtra jamais, ou du moins qu'elle ne vous reconnaîtra jamais : car on peut encore se connaître, mais se reconnaître! non! — Une dites-vous? Eh ! mon cher, vous deviendriez, vous seriez son amant, qu'elle n'aurait jamais pour vous un salut! Que dirait-on d'une femme qui reconnaîtrait — ses valseurs!

Le monde est un lieu où tout est si peu ce que tout devrait y être, que le plus honnête peut ne s'y point trouver à sa place, que le plus honorable peut ne savoir quelle contenance y faire, que le plus spirituel peut y montrer la figure d'un sot. Les sots seuls, ou les fats, y sont pour de bon a leur aise, — peut-être parce qu'ils y sont en nombre. Nous ne parlons pas des femmes, des jolies femmes surtout, qui sont bien partout, partout où elles sont jolies.

Vous allez dans le monde, vous avez été dans le monde, vous rentrez chez vous; qu'en avez-voiis rapporté? — Car enfin tout le monde n'est pas le valseur de madame de (!..., quoique mai I. une de t.... \alse, dit-on, avec beaucoup de monde.

Ah ! — vous avez vu madame de Z., la spirituelle et sage madame «le /.., la femme de M. le comte de Z., son mari, — si renommée pour l'exemplaire fidélité qu'elle montre — à M. de R. !

Mais madame de Z. ne vous a pas vu; mais vous n'êtes ni M. de 11 .

ni nié M. le comte de /.. !

— Quel est ce monsieur à qui vous venez de serrer si tendrement la main'.' Réponse. — C'est B....

— Quoi, B. !

— Que voulez- vous? mon cher, dans le monde... et puis : — ce B. est un homme dangereux ! il a deux journaux ; je sais bien que les deux ne font pas la paire, mais enfin il écrit ou fait écrire des deux mains, tantôt blanc, tantôt noir, au nom d'une certaine morale qui ne manque jamais de souplesse. Bogue sur sa litière et humble sur le tapis des autres, c'est un animal domestique qui se donne les airs d'un sanglier. Il est sol, envieux, laid, méchant, bouffi et, par-dessus tout, mal élevé. L'encre versée me fait peur plus que le sang! C'est un homme dont il faut être...

— L'ennemi ?

— Non pas !

— Quoi donc?

— L'ami, mon cher!

(Qui donc a osé dire que le monde — «est un mauvais lieu que l'on avoue ! » )

— Et cet autre, que vous venez de me recommander et de me présenter si affectueusement ?

— C'est un auditeur au conseil d'Etat.

— Après?

— Il a trente mille francs de rente.

— Après?

— Son père était procureur du roi.

— Mais, mon cher, vous ne nie répondez pas; est-ce un homme bon, digne, honorable, un homme qu'on puisse recevoir?

Réponse. — Il héritera de son oncle, qui est fort riche.

Il y a des gens qui vont dan-, le monde, c'est-à-dire qui vont se montrer pour n'être pas mis, regarder i r ne pas voir, écouter pour ne rien entendre; qui \oni danger poin danser, figurer dans pastourelle pour faire

la figure qu'on l'ail quand on danse une pastourelle, sans avoir un motif secret, une raison cachée, une raison tirs-grave; sans céder à une contrainte ou à une passion quelconque, rien que pour taire enfin tout ce que nous venons dédire, et qui, une l'ois sortis d'un salon, hâtent de leurs vœux l'heure où ils pourront y rentrer! Voilà peut-être les seules gens qu'il convienne d'appeler de ce nom que quelques-uns envient : les gens du monde! Ceux-là, en effet, je dis — qu'ils sont au monde, — qu'ils lui appartiennent, qu'ils méritent leur nom, qu'ils l'ont gagné, qu'il ne leur manque que des gages et une livrée!

Le véritable homme du monde aujourd'hui, est ou doit être l'homme a tout l'aire dans une société; c'est l'employé aux bouquets, aux contredanses , aux petits soins, aux éventails, aux voitures, aux châles; il est charmant, il est utile, il est assommant; il a tout pour lui, — voire l'épingle que vous venez de perdre et le crayon qui vous manque. Vous avez oublie le nom de votre danseur, son rival! connue il sait ce nom, il va vous le dire! son rival est saine.

Vous n'êtes 1 arien, — vous n'occupe/, je ne dis pas aucun emploi,

mais aucune place dans le inonde, cependant, si peu que \otis puissiez être, il faut (pie vous soyez quelque chose ; vous êtes riche, d'ailleurs, j'en conviens, — vous saluez comme il faut; votre coiffeur vous coiffe deux fois par jour, absolument comme il se coiffe lui-même; votre tailleur vous habille avec goût, et votre maître à danser vous a appris tout ce qu'on peut apprendre d'un maître à danser; vous savez, en un mot, entrer et sortir d'un salon et au besoin y demeurer ; de plus, les chevaux qui vous attendent à la porte sont passables : — vous êtes un homme au monde.

Kl c'est une qualité, ii tout prendre, puisque cela vous épargne, jusqu'à ml certain point, ou de n'être rien du tout, ou d'être le premier venu.

Je sais qu'on a voulu hausser l'homme du monde et en faire — ce serait peut-être en faire quelque chose — l'homme qui a du savoir-vivre par excellence cl de parfaites manières, l'homme bien élevé et, pour tout dire, le successeur de ces gentilshommes d'un autre temps qui exerçaienl sur la cour et sur la ville un véritable empire par la seule puissance de leur bon gOÛl cl par la seule séduction de leur personne ; mais on a eu loi I. Cel humilie du monde, s'il existe, est un modèle qui n'a point eu dç copie OU

plutôt c'est un idéal, c'est celui qu'on rêve, mais ce n'est pas celui qui est Qu'on m'en cite un, en effet, un seul, qui ne soit rien autre chose qu'un homme du inonde, dont tout l'état soit d'être un homme du monde, et qui ait, par cela seul, cette valeur réelle, cette importance, ce poids qu'avaient jadis quelques-uns de ces grands seigneurs à qui il suffisait véritablement d'être ce qu'ils étaient pour demeurer, en dehors de tout emploi, quelque chose de considérable dans l'État.

Il serait donc peut-être vrai de dire : — « Ou bien qu'il n'y a pas plus d'hommes du monde de nos jours, dans l'acception typique et exclusive de ce mot, qu'il n'y a de grands seigneurs, ceux qui pourraient l'être ayant, pour la plupart, le bon esprit de faire d'eux-mêmes quelque emploi plus utile; — ou bien, que par ce mot homme du monde, il convient d'entendre seulement celui dont l'unité ajoutée à d'autres unités de son espèce forme cette classe nombreuse de laquelle nous venons de parler, et qu'il faut désigner sous cette rubrique générale — les gens du monde. »

L'esprit dans le monde consistant à parler pour ne rien dire, et cet esprit étant spécialement celui des gens qui n'en ont pas, il s'ensuit que le inonde est un théâtre où les figurants, les comparses, les troisièmes amoureux, les ténors légers, les débutants et les écoliers semblent, au premier abord, jouer les premiers rôles et tenir toute la scène, — les chefs d'emploi se taisant d'ordinaire, ou se contentant de souffler leurs doublures, quand ils ne peuvent faire autrement.

La pièce qu'on y joue est donc en apparence toujours la mêmeel de celles qu'oïl appelle des levers de rideau; mais celui qui ne voit que ce qu'on lui montre, qui ne sait que ce qu'on lui dit, qui ne regarde, comme les enfants, que quand on lui a crié , C'est l'ait ! celui-là n'a jamais rien vu et n'a

jamais rien su. Kn même temps que cette pièce visible, se | une pièce

invisible, et c'est celte pièce invisible qui donne tant d'intérêt, et parfois

un si étrange et si puissant intérêt a ces réunions fades et banales qu'on ap pelle les réunions du monde.

Cette pièce invisible est toute dans les aparté, dans 1rs coulisses. ,1 dans

Twil LE TIHOIH DU DIABLE.

la salle, plutôl que sur la scène; elle est dans un geste, dans un\regard, dans le silence. Elle rie se joue pas, elle ne se parle pas, elle se mime peutêtre, ou plutôl elle ne se mime pas, elle se pense, elle est muette; elle est, en im mot, quoiqu'elle soit comme si elle n'était pas. Elle est bouffonne, elle est terrible, elle est admirable ! elle serait complète, si elle pouvait se jouer; et c'est pour le coup qu'on verrait, dans toute son horrible beauté, cette union du drame el de la comédie, que cherchent encore nos auteurs modernes.

Mais elle ne se jouera jamais, parce qu'il lui manquera toujours un personnage qui a toujours manqué — heureuseraenl peut-être — à notre triste société.

Ce personnage, ce serait : — la Vérité !

Que pensez-vous, en effet, de ce qui arriverait de l'entrée soudaine et redoutable de la lumière. — de la clarté, — de la vérité sans voiles au milieu de tous ces mensonges, de toutes ces ténèbres, de toutes ces fictions, de touces petit- et de ton- ers grands mystères sur lesquels repose et repose en paix, beaucoup le croient du moins, ce qu'on nomme notre édifice social. Voyez-vous enfin chacun devenant ce qu'il est, c'est-à-dire ce qu'on ne l'a jamais vu. Ce mari sans femme, cette femme sans mari : celle-ci dans les bras d'un inconnu et revendiquée par un autre ou plusieurs autres inconnus; celui-là aux genoux d'une femme à laquelle il n'a jamais parle; ce père reniant son enfant, cet enfant demandant le nom de son père, ces gens polis s'injuriant, s'égorgeant sans mot dire; ces femmes souriantes en proie à tous les démons que les passions comprimées enferment dans les cœurs — et ces dénions déchaînés '

llermione riant au ne/ d'Oftste, et cherchant dans la salle un héros plus commode, Pylade peut-être ; Étéocle et Polyhice, vêtus de noir et se disputant l'héritage paternel ; Agnes parlant île ses enfants; et Julie, la douce et chaste Julie, remplaçant, dans une heure de délire, ei réalisant Sainl- Prêux — par un soldai! Toutes choses enfin d'où l'on pourrait conclure

qui' dans ce carnaval qui dîne Imite l'aiu I qu'on appelle le monde, une

seule chose est véritablement indispensable, — le masque ! El encore qui sail si cette vérité vulgaire ci générale que je vais chercher

avec tout le monde au fond de son puits, qui sait si elle ne pâlirait pas devant une vérité plus vraie encore, devant celle qui sortirait du fond même des âmes — et des entrailles de chacun? — Pour un dévouement sublime combien de trahisons ! pour une vie sans tache combien d'existences souillées! pour une conscience saine combien de consciences pourries! pour un remords, cette vertu des coupables, combien de vices effrontés!

Et presque partout, au lieu de l'amour, qui de même que le feu purifie tout, les sympathies les plus inattendues, les unions les plus incroyables, les passions les plus excentriques !

Mais il n'y a de ressemblants que les portraits tlattés ; — ce portrait n'est pas ressemblant.

Que chacun donc de ceux qui me lisent regarde autour de soi. Et heureux, heureux ou aveugle celui pour qui je me trompe !

En présence de tous ces désordres, (ils du mensonge, qui donc oserait le premier jeter la pierre à tous ces fous jeunes et vieux qui rêvent une société absolument nouvelle, une organisation nouvelle , impossible peutêtre, mais dont le mensonge au moins ne serait pas — l'élément nécessaire, l'unique garantie.

Du monde, que vous dirai-je encore, que vous dirai-je enfin 1 — Sinon qu'il y a dans Paris une incommensurable quantité — île mandes.

Ceux qui habitent chacun de ces mondes ne manqueront pas de vous dire le contraire, et affirmeront qu'il n'y en a qu'un, qui esl I'' leur; lequel est le bon, lequel est l'unique.

Ceci ne prouve qu'une chose, c'est que tous ces mondes, qui ne voient qu'eux-mêmes, qui ont les yeux en dedans comme certains philosophes, s'ignorent entre eux, ou que tout au moins, s'ils ne s'ignorent pas, ils trouvent bon de se nier.

Tous ces monde-, inconnus les uns aux autres forment ee qu'on pourrait appeler — le firmament parisien.

Dans ce firmament, il se trouve, comme dans tout firmament bien constitué, des astres de fout ordre, des lunes et des soleils, des eorps errants et des planètes, des étoiles fixes et des étoiles filantes. 11 a ses tourbillons, ses apparitions, ses météores, ses aurores boréales, ses phénomènes et ses éclipses, ses saisons, ses mois, ses jours et ses années, ses pluies enfin et son beau temps.

La pluralité des mondes parisiens, leurs différences et leurs ressemblances, la comparaison de leurs mœurs et de leurs couleurs fourniraient à un observateur un livre tout aussi spirituel et qui demanderait tout autant de science peut-être que le livre charmant de Fontenelle sur la pluralité des mondes physiques.

Voyagez dans ces inondes, et vous découvrirez avec élonnement que, si rapprochés qu'ils soient (rien n'empêche qu'il yen ait quatre ou cinq dans la même maison), vous découvrirez que les abîmes mêmes de Y infini les séparent. Mer ces abîmes, ce serait nier l'élasticité de l'étendue et méconnaître les distances qui séparent un étage d'un autre étage, un quartier d'un autre quartier, l'homme qui a trois cent mille francs de rente de l'homme qui reçoit à crédit, le riche du pauvre.

Que si l'on accepte qu'un salon, c'est-à-dire quelque chose comme un lieu de passage, soit le monde, qu'on s'étonne après cela que pour le paysan qui n'est jamais sorti de son village, le inonde ce soit ce village, c'està-dire le lieu où il est né, celui où il a aime, souffert, travaillé, celui où son père est mort, celui où il mourra lui-même;

Que la montagne, avec ses aspects infinis, soit le monde du montagnard;

Une la mer sans limite soit le monde du marin, et que la forêt embaumée soit celui du sauvage, si toutefois, hélas ! il y a encore des sauvages!..

.Nous avons dit ce que sont les i^ens du inonde, faut-il dire ce qu'ils ne oui pasî — .Mais en finirions-nous, puisqu'ils ne sont rien de ce qui est quelque chose ? — Otez-les du salon ou ils liassent et où ils repassent, éteignez les bougies, — el il n'en reste rien, — et si bien rien, que je crois

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vraiment qu'à l'exception de ces rares moments où ils brillent comme on brille dans le monde, — c'est-à-dire sans éclairer, sans échauffer, sans produire... ils ont véritablement le bonheur de n'être nulle part, — à moins pourtant que les femmes dont ils sont les maris, car ils peuvent être mariés — auquel cas ils ont à ajouter à leur titre d'homme du monde tous ceux auxquels peut prétendre un homme marié ; — à moins, dis-je, que leurs femmes ne les aient serrés avec ceux de leurs bijoux qui ne supporteraient pas le grand jour, avec leurs parures de stras, dans un coin quelconque de leur appartement.

Que si quelque chose pouvait faire accepter le monde, excuser ses travers et tolérer jusqu'à ses vices, c'est qu'il est animé, habité, traversé par la femme du monde, sur laquelle ne pèse rien de tout ce que nous venons d'adresser aux gens du monde et à l'homme du monde.

Un homme du monde aurait toujours quelque chose de mieux à faire que d'être un homme du monde ; mais une femme, que serait-elle, si, — ayant été dans le jour ce que doit être une femme, c'est-à-dire une tendre mère, une épouse attentive, une sœur, une fiancée, voire une fidèle maîtresse,

— si, le soir venu, et sa douce tâche accomplie, elle n'était pas — au besoin — un peu de ce monde que nous blâmons si fort, mais que nous blâmerions davantage si elle ne s'y rencontrait pas?

La femme du monde, c'est-à-dire la femme qui fait à merveille les honneurs de son salon, de sa fortune, de son esprit, de sa bonne grâce, et de son cœur, n'a rien de commun avec l'homme du monde.

La femme qui est à la femme ce qu'est à l'homme— l'homme du monde, c'est, j'en suis fâché pour elle, c'est la femme dont la beauté est devenue si banale, si publique, qu'elle est réputée une femme à la mode.

La femme du on,, nie, tu peux l'aimer, lecteur, en restant ce que tu es, c'est-à-dire le bon, el simple, el peut-être spirituel garçon que j'imagine.

— Mais la femme à la mode, qui oserait l'aimer! — si ce n'esl le plus vain, le plus fat et le plus vide parmi tous ces beaux fils dont Paris abonde,

lesquels se piquent d'être des hommes du monde dans ce que ce mot pourrait avoir de bon et rie flatteur, parce qu'ils passent — leurs journées dans une écurie, — leurs soirées dans ce monde dont nous venons de parler, — et leurs nuits on ne sait où!

P.-J. STAHL

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Présentetirs et présentés. — 1 .

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Tu le présentes Il me présente Nous dous présentons Vous vous présentez Ils ou elles se présentent

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Presenteurs et présentes. — 2.

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Qu'est-ce que c'est que ce Mosieu?

Ud M'sieu, je crois, que ma mère a présenté â Jules ■ Et ton étourneau d'époux oe te le présente pas? Il est bien, ce Mosieu.

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Prèsenteurs et présentes. — \.

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