‹ Le Diable a ParisChapitre 122 sur 123 · GRANDES EN · texte numérisé non relu

GRANDES EN

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« Tout ceci est bel et bon, — s'écria Satan, en recevant ce dernier bulletin et en s'adressant à son entourage, dont l'attitude lui parut exprimer plus de satisfaction que la circonstance n'en comportait, — et j'aurais sans doute mauvaise grâce à me plaindre, quand vos seigneuries battent des mains. Mais il me semble à moi, messieurs les diables, que notre ambassadeur sur la terre en prend bien à son aise, et que, si nous avons à nous louer de quelqu'un en cette affaire, ce n'est certes pas de lui, mais bien des pauvres humains sur lesquels il a trouvé commode de faire peser tous les devoirs de sa charge. Parce qu'il sera sorti de nos lèvres royales quelques bâillements de moins depuis que nous avons imaginé de nous mettre en communication avec la terre, est-ce à dire que nous devions être désarmés, et oublier que nous entretenons là-haut, aux frais de l'Etal el loin de tout contrôle, un serviteur infidèle !

t a. que pense-t-on de Flammèche autour de moi '.' r.st-il ici quelqu'un qui s'imagine que noussommesau bout de la réponse qu'on peut faire à cette question : (i Qu'est-ce que Paris 1 » ('■<■ que nous savons, de qui le tenons-nous? et ee que nous ne savons pas, qui nous le dira? (le tableau qu'on nous fait, qui nous garanti! qu'il soit fidèle, el que, maigri' le bon vouloir qu'ils semblent mettre à s'entre-déchirer, 1rs braves gens qui nous

écrivent soient sincères? — Je serais, parbleu, bien aise qu'on put me

dire s'il est dans un monde quelconque un métier plus doux que ce singulier ii h lier (le rédacteur eu chef que le drôle que nous avons si follement honoré

de notre confiance, a su se choisir? — Et c'était, ma foi, bien la peine de

Faire les fiais d'un ambassadeur— lii où suffit un valet de chambre! »

Flammèche, en sa qualité de favori de Satan, ne comptait nécessairement en enfer que des amis. Aussi, en voyant la redoutable colère de leur maître se tourner contre lui d'une façon si imprévue, l'émotion qu'en ressentirent tous ces bons amis fut-elle si douloureuse, que pas un ne se trouva la force d'ouvrir la bouche pour sa défense.

Satan s'étant alors levé au milieu du silence et de l'effroi général : « Puisque ici chacun se tait, qu'on m'écoute, dit-il, je vais parler, et que l'exemple de Flammèche serve de leçon à quiconque tenterait de l'imiter. » Puis se tournant vers le capitaine de ses gardes : « Monsieur le capitaine, lui dit-il, prenez quatre île vos diables, choisissez-les parmi les plus résolus, el sans plus tarder, montez là-haut et m'en ramenez Flammèche mort ou vif. »

Et comme le capitaine s'inclinait en signe de soumission :

«J'ajouterai nue corne à vos cornes, dit encore Satan dont la voix se radoucit tout à coup, si vous vous acquittez convenablement de l'importante mission que je vous confie.

— Ah! sire, » dit le capitaine.

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