‹ Le Diable a ParisChapitre 87 sur 123 · DE L'EGALITE A PARIS · texte numérisé non relu

DE L'EGALITE A PARIS

Le Parisien esl ce qu'il peut, mais il y a certaines choses <|ii'il doit /<«railre. Après plusieurs révolutions, les classes inférieures ont conquis le droit de paraître égales aux autres, elles ont conquis — l'égalité dans la dépense, mais non pas dans la recette.

A l'ai is. tout le monde est riche dans la rue, — tout le monde est riche au bal ou au spectacle. Mais quelques-uns, et, disons mieux, le plus grand nombre paii ni cel éclat extérieur et apparent par toutes sortes de misères réelles, — courageusement endurées, — comme des né< e>site> insurmontables,— quoiqu'elles puissent sembler volontaires.

Le costume et le paraître sont le nécessaire ; — le logement et la nourriture sont le sujwr/hi. — (Tôt sur ce superflu que l'on taille et que l'on

rogne : degré incroyable.

L'employé a dix-huit cents lianes — doit avoir les mêmes habits, le môme chapeau que l'homme qui possède soixante mille livres de rentes, — il doit fumer les mêmes cigares à cinq sous.

L'ouvrier lui-même ne consent plus à porter le costume commode et pittoresque qui a longtemps appartei n propre a certaines professions.

I.e charpentier n'oserait se montrer le dimanche, COI e autrefois, avec

un large pantalon ri i veste de velours bleu. Il m' croit obligé de s'affubler d'un babil ou pour le moins d'uni' redingote en drap noir ; — il doit avoir uni' montre, — la montre peut être d'un meial quelconque, mais il

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