‹ Le diable à Paris: les Parisiennes à ParisChapitre 25 sur 35 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

Cette maitressedéslâtéressée s'expose* à votre avarice ou à votre générosité, deux sentiments que les femmes détestent , parce qu'elles n'admeUent ni le despotifime ni les C0inces8ton& Afin de ne tomber ni dans les concessions^ ni dans le despotisme, die creusera ua piège innocentaïupusl vous vous pireadrez avec

une merveilleuse facilité. Nous allons indiquer ce piège, échantillon de bien d'autres, en rapportant un dialogue sténographié par une victime.

Frédéric dit à sa maîtresse, qui l'aime pour lui plus que pour son argent :

f Chère Herminie, tu me disais l'autre jour que tu devais deux cents francs à madame Rampon, ta couturière. Les voici; paye-la et débarrassons-nous-en.

— Merci, mon ami. »

Herminie court déposer l'argent dans son secrétaire.

Une semaine après, Frédéric, à propos de mille choses, dit à sa chère Herminie :

« Eh bien! as-tu payé le petit mémoire de madame Rampon ? »

Herminie, avec un petit air gêné :

«Non, mon ami; mais voici pourquoi. Mon malheureux tapissier s'est présenté juste le jour où je comptais payer madame Rampon, et il m'a obligée, — - tu sais comme il est besoigneux? — à lui acquitter son mémoire.

— Qui s'élevait ?

— Â cent quarante francs.

— Fort bien. Il te manque donc à présent cent quarante francs pour faire face à la note de la coutu« rière?

— Mais»oui...

— Les. voici. Tes deux cents francs sont de nouveau complétés. Finis-en avec cette madame Rampon.

— Ohl oui, mon ami, nous n'y penserons plus. »

Dix jours s'écoulent, et Frédéric dit à Herminic, qui lui montre, pour savoir s'il est de son goût, un nouveau bonnet :

• Enfin, as-tu terminé tes comptes avec ta couturière ?

— Pas précisément. Figure-toi que mon bijoutier est venu — on dirait un fait exprès ! — le lendemain du jour où tu m'avais complété les deux cents francs de madame Rampon; et il m'a suppliée — d'ailleurs il est déjà venu si souvent I — de lui régler sa note , qui se monte à cent vingt francs.

— Mais la couturière, la couturière?

— - Ahl dame I je n'ai plus assez pour elle maintenant, puisqu'il ne me reste plus que quatre-vingts francs.

— Il s'agit donc, en ce cas, de te remettre une seconde fois le complément des deux cents francs destinés à madame Rampon?

— Si tu voulais... »

Et Frédéric verse le complément , c'est-à-dire cent vingt francs. En sorte que madame Rampon n'est pas encore payée et qu'Herminie a reçu quatre cent soixante francs.

Ce manège dure quelquefois plusieurs semaines, quelquefois plusieurs mois. On cite un de ces ménages de la main gauche où la femme paye depuis dix ans ses milliers de fantaisies personnelles avec deux cent dix francs dus au miroitier de la maison, que l'amant paye et qui est censé n'être jamais payé.

En général, il faut toujours exiger de sa maîtresse, et j'ajoute tout bas de sa femme, qtf elle acquitte immédiatement la dette pour laquelle vous lui donnez de l'argent. J'ai dit pourquoi.

d'une espèce de MAITRESSE TRÈS-COMMUNE ▲ PARIS ET DANS

EES DÉFABTEMENTS.

Corneille a dit, dans un magniffque vers qu'il fait prononcer par Auguste, que, « monté sur le faîte, l'homme aspire à descendre. » Beaucoup de bourgeois parisiens justifient cette maxime, et non -seulement ils aspirent à descendre, mais ils descendent jusqu'à leurs cuisinières. Rien n'est commun à Paris comme ces unions intimes entre les maîtres et celle qui conffectionne leur dîner. Elles sont longues, se découvrent tard, transpirent peu au dehors, mais elles ont leur drame et leurs nombreuses péripéties. Pour nous servir d'une expression empruntée à notre sujet , nous appellerons ces intrigues des amours à V étouffée. Il en résulte un bouleversement social dont le proverbe suivant peut donner une idée.

/UlCUSÎtME ET SU» MITlIffr

PROYERBB EK UN ACTE ET EN UïfE SCiNE, REFUSA PAU. UB TE^àJXEi^

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