EXEMPLE
RECTO. TERSO.
Ma femme a été hier au bal bonlieur! mais pourquoi
d'une pruderie si ridicule, que donc hier, Marie, m'avez-
ce pauvre B. en a été tout tous si cruellement brisé le
déconcerté. cœur?
Aux reproches que je lui «Mon ami, c'est parce que, en ait faits, elle m'a répondu comme tous les grands géuésèchement: « Aimeriez -tous raux, quand nous prévoyons mieux souffinr de ma légèreté ime défaite, nous faisons touque de voir sourire de ma — jours avancer la — réserve.» RÉSERVE? » Mari G. Ami B.
Ainsi pour tout. — Ah! ahl s'exclamerait alors chaque collaborateur dans les circonstances douteuses, voyons un peu dans notre grand livre Texplication de ceci! Et, en un instant, sans confidence et partant sans honte, notre homme aurait pour se défendre Tesprit ouvert et le cœur fermé.
Certes, il resterait peut-être bien encore, par-ci, par-là, quelques petits écueils inédits sur Focéan du mariage; mais, connaissant ses courants capricieux, ses calmes perfides, et ses brisants à fleur de coquetterie, un jeune mari pourrait éviter du moins les dangers capitaux qui menacent si sournoisement les œuvres vives de son honneur. — Est-ce donc chose possible dans notre ignorance et noire égoïsme? — Arrêtez ce gros monsieur qui passe, le crêpe au front; c'est un triple veuf; un gaillard qui a fait bravement
trois fois le tour du mariage. Eh bien! consultez-le, et vous le trouverez aussi penaud qu'un voyageur qui aurait fait trois fois le tour du monde h fond de cale.
— Et cela doit-être; car sa position est exactement la même. Aller sans voir, souffrir sans apprendre, et se perdre sans le savoir, tel a été son passé, et tel serait son avenir s'il osait entreprendre demain une quatrième campagne. Le malheur moins l'expérience, c'est le malheur plus le malheur. Or, voilà notre lot jusqu'à ce jour dans tout ceci.
Mais aussi, avec quelle légèreté s'embarquc-t-on I
— Le ciel est si pur ce jour-là, la mer est si calme, la brise est si douce! à quoi bon prévoir l'orage? Et d'ailleurs, est-ce qu'il peut y avoir ombre de danger sur une mer si riante? Allons donc I vogue le mariage et vive le plaisir ! Une vague enjôleuse vient amoureusement baiser le sable sous vos pieds et vous soulève; on part, on est parti. — Adieu. — Avec quelle ardeur on fait son premier quart, son quart de miel! — Toujours en grande tenue, toujours sur le pont, toujours au gouvernail, on passe radieux entre les autres voiles, comme un noble cygne au milieu de vulgaires car nards. Hélas I ces canards-là ont été cygnes comme vous un jour!...
Cependant, à la longue, le vent fraîchit un peu. On
descend, puis on se dorlote tant et si bien dans le
roulis de son bonheur, que vos yeux se ferment.
« Pour Dieu, ne dormez pas! — Ah bah I la mer est
belle. —Mais, malheureux, le sommeil vous perdi
-^ Au contraire, répondez*TOii6, il me gagne... »
Et vous dormez.. .
MaléâlctioQ I Aa réveil, le tempe menace, Téquij^ige boude, votre navire est en pleine dérive.
Seul, sans ancre, sans boussole, que devenir? Par basard passe une barque. — Ho 1 bé I de la barque, ho! bel — £Ue accoste. Par un basard plus grand encore, il se trouve que c'est un de vos amis qui se promenait par là. Il noonte respectueusement à bord, salue plus respectueusement Téquipage, letdâm«un peu, vous plaint beaucoup, vous conseille re^ctueusement, et, de plaintes en conseils, vous jette droit à la côte, toujours respectueusement. — Ne criez pas, ne tirez pas le canon d'alarme; oar des rires et des buées répondraient seuls à vos signaui de détresse, et, loin de vous secourir, cbaque voile s'éloignera en disant : c C'est un mâiri qui sombre, laissons aller. »
Et penser que les trois quarts de ces misérabkf: étaient comme vous bier, et que l'autre quart voa5 ressemblera demain 1