‹ Le diable à Paris: Paris et les ParisiensChapitre 29 sur 44 · ARRIVÉE DE LA MARIÉE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE LA MARIÉE

Les dames se lèvent; quelques-unes, sans égard pour la dignité du lieu, montent sur leurs chaises pour passer en reme le cortège qui se dirige vers la sacristie.)

MADAME GUDOT, SUT ufic chaise. — Jc ne vois pas a mariée.

MADEMOISELLE BRANGHU, SUT uns chaisc. — Là-bas, derrière un gros monsieur.

MADAME FARiN, SUT uïie chuise, — Elle est bien mise.

MADAME GUDOT. — VoUS trOUVCZ?

MADAME LABICHE, SUT Une chaise, — Euphémie, descends de ta chaise, tu vas tomber.

EUPHÉMiE, sur sa chaise. — Non, maman.

MADEMOISELLE BRANCHU, descendue de sa chaise. — Il y a beaucoup de monde.

MADAME CUDOT. — Beaucoup plus de curieux qu'autre chose.

MADAME PARiN. — Je n'ai pas vu le marié.

MADAME CUDOT. — C'cst quc VOUS n'avcz pas voulu le voir.

EUPHÉMiE. — Il m'a semblé tout petit*

MADEMOISELLE BRANCHU. — Un vrai nabot, 4rès-commun; il ne paye pas de mine.

MADAME PARIN. — C'cst saus doutc l'abbé Forgeot qui va les marier. •

MADAME LABICHE. — N'y a pas dc doute, comme ami de la maison.

MADEMOISELLE BRANCHU. — Ou Ic dit fort aimable.

MADAME CUDOT. — Vous uc lo conuaisscz pas, l'abbé Forgeot?

MADEMOISELLE BRAMCHU. — Si fait, je l'ai vu souvent chez mademoiselle Lerat.

MADAME CUDOT. — Cc sout SCS galcrics.

MADAME FARiN. — Eh bien I mesdames, vous me croirez si vous voulez, ça me fait quelque chose de voir marier une jeune personne qu'on connaît.

MADEMOISELLE BRANCHU. -^ Ça fait Cet cfTet-là à tout le monde.

MADADE CUDOT. — Surtout lorsqu'oH s'intéresse aux personnes.

MADAME FARIN. — Raugcons-nous, mesdames, les vijici qui sortent de la sacristie.

MÂDBIfOlSELLE MANGHU. — Je 116 V^ jm kl Bia-

manl

MADAME cuDOT. — Ça, je le emsy eSe a la %ure dans son mouchoir.

MADAME FARW. — Pauvre madame Dafour I Vous verrez, madame, quand vous en serez là pour votre demoiselle.

MADAME LABicmB.— Je VOUS jure qœ je me mets bien à sa place.

MADAME FARiN. — Qui dirait jamais à le voir, qu^ est si gai, Tabbé Porgeot?

* MADEMOISELLE BRAKCHu. — Damc 1 3 y a temps poor tout. J'étais sûre qtr'elle serait en robe jaune, madame Dufour.

MADAME FARIN. — Moi, je fa trouve Mcn mise, la mariée.

MADAME cuDOT. — Trop de choses I c'est un fotiîHîs à ny rien comprendre. A-t-Sdes gants, son msfiî

UNE INCONNUE. — Je crois bien, c^t cewmie m gendarme.

MADAME CUDOT.*— Jc disais eela pour rire. Regoa^ez donc, à les voir, si Fon ne diraif pas qu'ils sent à l'enterrement.

MADAME FARIN. — Damcl Témotion, c'est naturel. Je sais bien, quand je m'ai mariée, que j'étais pas plus gaie que Fordonnance.

MADAME CUDOT. — Moi aussî; c'est tout le monde.

l'inconnue. — C'est un grand jour, mesdames, que celui-ci I c'est une loterie*

MADAME LABICHE, — Eh Ueul Euj/ibémdj et ton livre d« messe?

EUPSÉMiE^ «^ Je Tai laissé à la maison,

MADAME LABICHE. — Tu es toujoufs la même.

MADAME cuDOT. — M'est-ce pas madame Lafolie qui arrive Là-bas avec ses falbalas !

MADAME LABICHE. — Faut-îl le demander?

MADAME CUDOT. — Il faut toujouFs qu'elle arrive après tout le monde. •

MADEMOISELLE BRANCHU.^^ DaDs la CTajate de passer inaperçue.

MADAME LABICHE. — Eupbémie, je vous en prie, restez à votre place... tenez-vous droite.

^MPHÉMiE. — Oui, maman.

MADAME FABiN. — Je trouvo que ïabhé Forgeot officie comme un ange.

MADAME CUDOT. — QucUe différence avec Tabbé IVIaugé !

MADAME UBIG9E. — Je trouvc à Tabbé Forgeot plus de distinction.

MADAME FABiN. -^ G'cst du jour à la nuit I

MADAME CUDOT. — Voycz M. DufouF, s'il rcsto un instant en place.

MADAME LABICHE. — Il faut bien qu'il fasse les bonjours à madame Làfolie.

MADEMOISELLE BBANCflu. -^ Elle scra saus doute du repas ?

MADAME CUDOT. — Et à la placc d'honneur encore. Je n'ai jamais aimé cette femme-là!

MADEMOISELLE BRANCHU. — Vous n'êtes pas la seule.

LA FORTE DAME DE LA MAIRIE, SUSpendtlB à UU des

barreaux de la chapelle. — C'est la femme qui s'est levée la première, c'est elle qui portera les culottes ; pas vrai, Sauvage?

MADAME LABICHE. — Qu'cst-CC qUC CCS pCtitS JCUDCS

gens qui tiennent le poêle ?

MADAME cuDOT. — Dc cc côté-ci, à droifc, c'est Te petit Lafolie. *

MADAME LABICHE. — Lc plUS jCUnC?

MADAME CUDOT. — Oui; l'aîné est en pension, où je crois qu'il ne fait pas grand'chose.

MADAME LABICHE. — Et à gaUChc ?

MADAME FARiN.— C^cst le fils Tabourcau, à gauche.

MADAME LABICHE. — Jc uc vois pas sa mère.

MADAME CUDOT. — En chapcau cerise, à côté de madame Dufour. Elle se gardera bien de la quitter, elle pourrait ne pas être du repas et son mari aussi.

MADAME LABICHE. — Ce sout dc drôlcs dc gens.

MADAME FARiN. — Jc uc sais pas si c'cst qu'ils sont drôles, mais c'est des bien bonnes gens, toujours.

MADAME LABICHE. — Nous u'avous pas l'intenlion de dire autre chose, madame.

MADAME FARIN. — Nou, mais voilà que depuis deux heures je vous entends que vous drapez tout le monde; on pourrait bien vous draper aussi, madame.

MADAME CUDOT. — Jc UC SQÎS pQS CC qUG VOUS VOUlCZ

dire, madame.

MADAME FARiN. — La différence c'est que je le sais, madame.

MADEMOISELLE BRANCHu. — Ah I mcsdames, ce n'est point ici...

MADAME FARIN. — Voilà dcux hcures que je bous * dans ma peau; c'est plus fort que moi.

MADAME LABICHE. — Si VOUS m'en croyez, madame, nous allons passer d'un autre côté.

MADEMOISELLE BRANCHU. — VolonticrS.

MADAME cuDOT. — Cc n'cst pas la peine, mesdames, la messe est finie.

MADAME LABICHE. — Jc vais faire mes compliments à ces dames.

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