‹ Le diable à Paris: Paris et les ParisiensChapitre 33 sur 44 · UN GÉNÉRAL ET SA FEMME · texte numérisé non relu

UN GÉNÉRAL ET SA FEMME

LE GÉNÉRAL. — Il me Semble que nous pourrions nous asseoir là, si vous le trouvez bon , Nancy.

NANCY. — N'avez-vous pas un ordre à prendre au château.

LE GÉNÉRAL. — Précisément : — j'irai dans un moment, et vous m'attendrez là deux minutes. (Ils s'assoient sans le marronnier,) Ces premiers jours de printemps sont intolérables. •

NANCY. — Ce n'est pas ce que disent les poètes , mon cher général.

LE GÉNÉRAL. — Jc voudrais qu'on leur mît un sac sur le dos, à vos poètes, ma chère, pour leur apprendre à juger les choses.

NANCY. — C'est une mesure fort désirable , monsieur.

LE GÉNÉRAL. — A propos, cst-il vrai que j*aie autant bruni qu'on le dit, — en Afrique ?

NANCY. — Vous?

LE GÉNÉRAL. — Oui , mOÎ.

NANCY. — Bruni ?

LE GÉNÉRAL. — Saus doutc. On m'en a fait compliment hier, et je vous avoue que j.'en serais charmé. NANCY. — Pourquoi cela?

LE GÉNÉRAL. — Parcc quc cela sied à un homme »

tm L£ DIABLE A PARIS.

— - surtout lorsqu'il est militaire , et qu'il a la barbe noire. Est-ce votre avis ?

NANCY. — Oui, général. Qu'est-ce qui nous salue, là-bas?

LE GÉNÉRAL. — C'est Bcaudouln. Le pauvre diable! savez-vous ce que lui vient de faire sa fenune?

NANCT. — Pas du tout,

LB G^iiéAAL. — C'cst très-plaisaot. Mais je œ puis guère me permettre de vous en faire part.

H ANGT. — Comment vouliez-vous alors , monsieur, que je Teusse appris d'un autre 7

LE GÉNÉRAL, <rrr C'est juste. ^- Àu reste, voici ce que c'est. Vous savez, Nancy, que les histoires d'aides de eamp séducteurs sont aussi connueis que celles du vol à l'américaine. ^* Eh bien I ne voilà-t-il pas Beaudouin qui présente son aide de camp à sa femme , et qui lui donne place à la table, au feu , et...

NANCY. — Général, c'est un conte de bivac, ceci.

LE GÉNÉRAL. — - Bref, Qia chère, le dénoûment est mêlé de circonstances tellement inouïes, que les meilleurs amis de Beaudouin, et je suis du nombre, ne savent à quel saint se vouer pour ne pas lui rire au nez.

NANCY. — Je. ne comprends pas que l'on rie d'un mari trompé , à moins qu'il ne soit lui-même un homme à bonnes fortunes.

LE GÉNÉRAL. — Oul, sRus doute. Mais Beaudouin , ma chère, c'est une exception. Je vous dis qu'il y a des détails qui dérideraient un podestat. {Il rit.) —

Ah ! tenez, Naacy , voici Lespars, ùe ^oi je vous ai parlé.-

NANCY. — Qui ça , Lespars ?

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