SCÈNE II
DEUX BOURGEOIS, lisant le journal.
premier bourgeois, à Pan. — « Le pape est mort. » Diable !
second bourgeois, à part — (! Sa Sainteté est mieux. » J'en suis ravi.
premier bourgeois. — « L'auteur de l'assassinat qui a jeté la conte sternation dans Pézénas tout entier vient de payer sa dette à la « société »
Tiens ! comment cela? Tant mieux !
second bourgeois. — « Crime commis à Pézénas. — L'assassin \ient de mettre le comble à ses forfaits »
Que peut-il avoir fait de mieux que de tuer un père de famille qui faisait honnêtement le commerce des laines?
premier bourgeois. — « Traqué dans le marécage où il avait cher- « ché un refuge, il a été, après une courte lutte, percé de part en part « par le brigadier de la gendarmerie... »
Voilà un beau coup de sabre !
second bourgeois. — « Traqué dans les marécages qui avoisinent lV/.énas, le misérable, après une courte lutte, a percé d'outre en outre « le brigadier de la gendarmerie. Ce malheureux laisse une femme et « cinq enfants sans ressource... »
DANS LE JARDIN DU PALAIS-ROYAL. 19
Triste événement ! — Monsieur, après vous votre journal, s'il vous plaît.
premier bourgeois. — Volontiers; le voici. Je vais lire le vôtre. (ns
échangent les journaux.)
second bourgeois. — Il parait que c'est le gendarme qui a tué l'assassin de Pézénas. Tant mieux !
premier bourgeois. — Grand Dieu! c'est l'assassin qui a tué le gendarme de Pézénas ! Ah ! tant pis.
second bourgeois. — Baste ! Sa Sainteté est morte.
PREMIER BOURGEOIS. — AllOUS ! le pape Va mieUX. ( Ils s'éloignent.)