‹ Le diable au moulin operacomique en un acteChapitre 16 sur 34 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ANTOINE

Eh bien!,. après?..

HARTHE.

Vous ét’ bien bon

D’ vous chagriner pour si peu d’ chose.

Et sans aller bien loin, j’ suppose.

Vous en trouv'rez dès aujourd’hui Qui diront : Oui.

ANTOINE

Bah! vous croyez?

MARTHE, se levant et se rapprochant de lui.

Oui, j’en suis sûre.

J’en sais qui n’ont point peur de vous.

Et qui n’ vous feraient point l’injure D’ vous r’fuser pour époux.

ANTOINE

Et qui donc, Mam’selle?

MARTHE, baissant les yeux.

C’est à vous de deviner.

ANTOINE, se levant.

Hein!., platt-il?

(A part.)

Je crois qu’ c’est elle!

Par ma fine, elle a de beaux yeux!

Je n’ l’avais pas bien regardée.

MARTHE, à part.

A lui plair’, je suis décidée,

S’il m' veut, je ne demand’ pas mieux.

ANTOINE, lui prenant la main.

Allons, Mam’selle, il faut tout dire.

Parlons sans rire.

Soyons d’ bonn’ foi :

C’est y pas vous qui voulez d’ moi?

MARTHE

J’ vois bien qu’enfin faut tout vous dire;

J’ vous pari’ sans rire Et j’ suis d’ bonn’ foi:

Cell’ qui veut d’ vous, c’est p’t-étr’ ben moi !

(Lui tendant la main.)

Sans compliment,

J’ vous trouv’ charmant.

Cell’ qui vous r’fuse S’ra bien confuse D’ vous perd’ pour mou Moi, j’ suis bonn’ fille,

On m’ dit gentille,

J’ vous offr’ ma foi!

ANTOINE

Ah! bah! vraiment,

V’Ià qu’est charmant!

Chacun me r’fuse.

Sans m’ fair’ d’excuse,

Sans dir’ pourquoi, Et j’ trouv’ un’ fille Jeune et gentille Qui veut bien d’ moi!

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