‹ Le diable au moulin operacomique en un acteChapitre 28 sur 34 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

ANTOINE, puis MARTHE.

ANTOINE, s’asseyant.

A-t-on idée d’un caractère pareil!... J’ veux ben croire que i’ suis un peu ombrageux; mais c’est rien auprès d’elle. El r père Boniface ne m’en avait pas dit moitié autant qu’y en a!

(Marthe parait au fond et s'approche tout doucement.) Qué dommage)...

une petite femme si gentille, si jeune, avoir un si vilain defaut! J’ comprends qu’elle n'ait pas trouvé à s’ marier I... Mais, 1’ plus malheureux de tout, c’est que je crois que j’en tiens pour elle.

MABTHE, à part.

Je l’espère bien !

Et même... j’ la préférerais encore à toutes les autres, si je croyais seulement qu’elle pourra s’ corriger.

MARTHE, s’approchant, d’un air désolé.

Faut pas y compter, monsieur Antoine.

ANTOINE, se levant, embarrassé.

Ah! vous étiez là, Mam’seile?

MARTHE

Oui, mon oncle voulait aller chercher 1’ notaire, mais je l’ai empêché.

ANTOINE, étonné.

Ah!...

MARTHE

Et pendant qu’il met le cheval à la voilure, pour nous en retourner, j’ai voulu veuir vous rendre votre parole.

ANTOINE

Ma parole... comment, Mam’seile, vous voulez!..

MARTHE

Quand on a un défaut comme le mien, on n’en doit faire souffrir personne... on reste fille.

ANTOINE

A c’ compte-là, Mam’selle, moi aussi je ferais p’t-êlr’ bien do rester garçon.

MARTHE

Oh! vous, il ÿ a de la ressource; mais moi, c'est bien ancien ! Un mot, un rien, une mouche qui vole de travers, je deviens rouge, l’ cœur me bat, et puis, v’ià la tète partie.

ANTOINE. t

Dans mon genre.

MARTHE

J’ai fait de belles choses, tout à l'heure; j’ai battu Toinette.

• ANTOINE

Et moi, Fargeau.

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