MARTHE ET ANTOINE
Allons, parler avec franchise.
Ma foi, puisqu’il faut qu’on vous l’ dise.
TOINETTE ET FARGEAU, très-vite.
J’ n’aime pas les gens Trop exigeants,
Qui grond’nt sans r’iàche,
S’emport’nt pour rien.
Et n’ trouv’ent rien d’ bien!
J’en somm’s fâchés, si ça vous fâche !
ANTOINE ET MARTHE, se serrant avec fore*.
Ne m’ quittez pas,
T’nez bien mon bras!
TOINETTE, A Marthe, s’enhardissant.
Vous avez la main trop leste !
FARGEAU, A Antoine, de même.
Chacun vous fuitcomm’ la peste!
TOINETTE
Dieu m’ préserv’ d’ rester près d’ vous !
FARGEAU
J’aim’rais mieux viv’ chez les loups!
MARTHE, A Antoine, en cherchant à sc contenir.
V’ià 1’ moment, pas d’ faiblesse!..
ANTOINE, de même.
Souv'nez-vou* d’ vot’ promeise !
ENSEMBLE
FARGEAU ET TOINETTE
Allons, courage!
El bon voyage!
Rest’ qui voudra Près d' ces gens-là !
J' suis trop sensible,
J’ suis trop paisible.
Pour moi j’ vois bien,
L’ logis n’ vaut rien,
Quant aux paquets, chacun a 1* sien.
ANTOINE ET MARTHE
Allons, courage!
Plus d’accès d’ rage!
Tant qn* vous s’rez là Comra’ vous voilà,
J’ frai mon possible Pour étr* paisible;
Tenons-nous bien Et n’ cassons rien ,
D’ nous corriger c’est 1* vrai moyeu.
(Marthe et Fargeau gagnent la porte comme pour partir.}
ANTOINE
Alors, vous voulez partir?
MARTBE.
Vous r’fusez donc d’ nous servir?
TOrNETTE.
Vot’ soufflet, je l’avoue.
M’est resté sur la joue.
FARGEAU
La mienne est chaude encore.
TOINETTE
Fi, Mam’zelle !
FARGEAU
Fi, F butor !
(Antoine tait comme us grand mouvement de colère. — Marthe lui saisit ta
main.)
ANTOINE ET MARTHE, avee effort.
Nous nous promettons d’ûtr’ plus sages,
ANTOINE
Moi j' vous marie et j’ doubl’vos gages.
D’ ma petit’ croix d’or, moi j’ te fais don.
(Elle donne son collier à Toiuette.)
ANTOINE ET MARTHE
Et d’ tout mon cœur, j’ vous d’mand’ pardon.
FARGEAU, étonné.
Ah bah !
TOINETTE
Ah bah!
(lia te regardent d’un air hébété.)