‹ Le diable en ChampagneChapitre 3 sur 9 · Histçire ecclégfasliguef t. xix, p · texte numérisé non relu

Histçire ecclégfasliguef t. xix, p

2. Poètes de Champagne. Le Roman du Renard contrefait y par le clerc de Troyes, édit. Prosper Taivbé. Reims, 185i, p. 90-93.

— aile-Bel voulait anéantir la puissance, et que le diable, dans cette déplorable affaire, n'eut pas besoin d'intervenir, ayant trouvé d'habiles agents parmi les nombreux courtisans du roi.

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Au commencement du xvi* siècle, lorsque l'Europe se transforme, et que le canon^ retentissant de toutes partS;, foudroie les derniers chevaliers du mc^en-àge, Satan change tout à coup de rôle et ne dédaigne point de commenter avec Luther la Bible et les conciles. On dit même qu'effrayé des ruines que le père de la Réforme préparait, le Prince des ténèbres

lui conseilla la paix et lur reprocha avec une certaine amertume de vouloir anéantir toute autor té. Mais s'il n'eut pas l'honneur de réprimer totalement la fougue de Luther, il eut l'avantage de jeter dans son âme cette souffrance du doute^ cette tristesse de l'incertitude que lui-même voulait jeter dans la conscience du monde catholique. C'était bien la peine, ajoute un critique distingué, de nier le pape et les saints pour affirmer l'immense pouvoir de Satan, et d'évoquer l'esprit des temps modernes pour se plonger dans les ténèbres du passé et se montrer plus crédule que les écrivains du moyen- âge.

En. effet, pour Luther le diable est bien le maître absolu, le prince de la terre ; il est partout, dans l'air que nous respirons comme dans le pain que nous mangeons. On dirait même que Satan s'est relevé de son antique déchéance et qu'il vient de conquérir l'ubiquité qui n'appartient qu'à Dieu. Luther nous affinne sérieusement qu'il l'a recontiu dans les mouchés qui se posaient sur sa table et même sur son nez et croit l'avoir retrouvé dans des noisettes*. Mais quoi qu'en dise le père de la Réforme dans ses Propos de table publiés par M. G. Brunet, Satan paraît n'avoir plus suscité depuis le xvie siècle que d'obscurs sorciers, se contentant sans doute d'avoir en-

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