‹ Le diable en ChampagneChapitre 9 sur 9 · XV · texte numérisé non relu

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LS DZABLS

d'aPBÈS les graveurs sur bois de la MLLE DE TROYES AU XVl® SIÈCLE.

Les éditeurs de la Bibliothèque si connue sous le nom de Bibliothèque bleue ne devaient pas oublier le diable dans un temps où la foi exerçait encore son empire salutaire sur les âmes et où Luther lui-même avait proclamé la toute-puissance du Prince des ténèbres. En effet, cet étrange personnage prend place à côté de la Mort dont l'histoire si lugubre se déroule dès le commencement du. xvie siècle dans la Danse Macabre. Mais sa ruse et sa cruauté éclatent surtout aux yeux du lecteur et même de l'ignorant dans un petit livre intitulé le Miroir du Pécheur i, et dont les gravures rappellent celles du Spéculum humanœ ^alvationis et de VArs bene moriendi du xve siècle. Composé par les RR. PP. capucins et tiré à des milliers d'exemplaires, le Miroir du Pécheur était

1. Cet opuscule paraît être un abrégé du Mirouer de 4ean Castel, imprimé par Ant. Gaillaut et Loys Martineau, en 1483. On en cite un grapd nombre d'éditions sorties des presses des Oudot, des Garnier et même de Baudot. Livres populaires imprimés à Troyes dé iÔOà à 1800 Hagiographie. — Ascétisme, par Alexis Socard, in^Q», Troyes,186i, p. 135.

distribué par ces bons religieux dans toutes les chaumières pour jeter l*eiïroi dans les âmes qui parfois

fitm d^ riK»piiii0 tombé dan^ ,\e i^héi , . > ^ ^ étdent tentées de s'égàr«ir et- poui^ InspireiÀ^urtmi • aux enfants l'amour de la vertu. La crmnte du diable

M des ehàtifments réservés aux coii(pal>}es dans l^s tibtmes éternels était-elle p*ug puissante que celle des

Élat des réprouvés, gendarmes et des travaux forcés ? J'aime à le croire.

parce qu'Ole pouvait réprimer certains vices qui échappent trop souvent à la justice humaine et qvte les gravures qui nous sont restées et que je m'empresse de reproduire dans toute leur laideur, devaient sans aucun doute détourner bien des téméraires de la mauvaise voie.

J'avoue qu'il n'est pas toujours convenable d'exagérer la puissance du démon et de choquer pat d'étranges peintures la susceptibilité de certains présomptueux qui comptent trop sur la bonté de Dieu. Mais il faut croire que le péché est une bien vilaine chose puisqu'il a précipité des millions d'anges dans les abîmes, fermé la porte du paradis terrestre à nos premier^ parents, et déchaîné la mort avec toutes sortes de fléaux, contre l'espèce humaine. Qu^nt aux châtiments que Dieu réserve aux coupables qui ne craignent point ici-bas d'insulter jusqu'à sa miséricorde, 4^i peut dire qu'ils ne sont point terril?les, lorsque de simples et faibles mortels se permettent de châtier avec tant de sévérité ceux qui osent troubler la 'société par quelque méfait?

•Respectons donc les croyances de ceux qui nous ont procédés et soyons persuadés que,. si le démon ne trônp point dans notre cœur, escorté d'animaux immondes représentant lés sept péchés capitaux et que, s'il ne lèvera point un jour sa massue sUr nqtre tête, n<^s n'en sommes pas moins coupables, tosque nous oi^trageons si facilement Celui qui chaque jour

nous comble de ses bienfaits et qui peut à toute heure nous appeler devant lui pour nous demander compte de nos plus secrètes pensées.

TABZia

Aux BilBLiOPHII^eS & AUX LEOTEUHS DE

LÀ CtfAMPAGNE 5

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