‹ Le diable [microform]Chapitre 127 sur 182 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Le pieux auteur du Dialogus miraculorum n'a pas seulement donné aux croyances de son siècle un corps qu'elles n'ont plus dépouillé depuis et la dangereuse autorité de son renom de science et de vertu ; il est un de ceux qui, fondant l'hérésie et la magie en un môme facteur diabolique, n'ont pas peu facilité l'œuvre des tribunaux d'inquisition. Aux yeux de Gésaired'Heisterbach, l'hérésie des Albigeois, comme la sorcellerie, n'avait d'autre origine qu'un méchant tour du Diable ^ C'était, du reste, l'opinion de l'époque. Nous avons vu, au sujet des Stedingues, le parti avantageux que le pape Grégoire IX et son légat Conrad de Marbourg tirèrent de là pour la répression du mouvement. Nous allons, maintenant que le terrain est préparé, reprendre cette thèse et montrer que l'Inquisition ne réussit effectivement à se faire accepter et à passer à l'état d'institution à la fois politique et religieuse que grâce à cette habile manœuvre théologique.

On raconte que saint Dominique^ se trouvant un jour en oraison dans l'église Saint-Pierre, à Rome, vit le ciel s'ouvrir devant son regard, et Jésus-Christ, qui était assis à la droite du Père, se lever l'œil enflammé de courroux, pour frapper les pécheurs et exterminer les hérétiques et les impies. Sa main agi-

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