‹ Le diable [microform]Chapitre 34 sur 182 · PRENDRE · texte numérisé non relu

PRENDRE

Le Diable ne paraît pas être un pur esprit. Du moins, a-t-il la faculté de s'unir à un corps pour mieux arriver à ses fins. Il ressort du témoignage des premiers pères et docteurs que les démons ont habituellement des sens comme nous et qu'ils s'en servent pour des opérations analogues à celles de l'organisme animal. Origène ^, Minutius Félix- et Tertuliien^ assurent que, de leur temps, ils savouraient avec voracité le fumet de la viande des sacrifices. Toutefois, on peut affirmer qu'ils ne sont point assujettis à une forme plutôt qu'à une autre. Généralement ils affectent celle des créatures qui reproduisent le mieux, par ce qu'elles ont de laid, de difforme et de repoussant, l'idée que Ton s'est faite du type démoniaque. Au sabbat, dont il sera question dans un autre livre, il se montrait sous la forme d'un gros chat noir, d'un nègre avec des cornes, d'un bouc puant, majestueusement branchu, du reste : le noir, une image des ténèbres, était la couleur des divinités infernales dans le paganisme, et les cornes pourraient bien figurer une sorte de rayonnement opaque dérisoire. Dieu, dont le Diable est appelé le singe, ayant, lui, le rayonnement lumi-

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