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rs = A
OBSERvATION VII.
n'est pas perceptible. La gorge et les oreilles sont normales. La température est de 38°2.
Le lendemain, les symptômes sont les mêmes. La cutiréaction à la tuberculine faite à l’entrée est négative. Le soir, la fièvre monte à 390 et dans la nuit du 10 au 41 apparaissent dé la raideur de la nuque et des contractures.
Les jours suivants, l’état reste stationnaire, la température étant en plateau à 395. Au niveau du poumon, on entend toujours quelques râles de bronchite, peu nombreux. Le 12, on pratique une ponc-
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tion lombaire et l'examen du liquide céphalo-rachidien montre qu'on est en présence d’une méningite à bacille de Pfeiffer.
Le 13, la température est montée à 40°5. On fait une nouvelle ponction lombaire et l’on injecte dans le canal rachidien 2 cent. cubes d’optochine à 5 p. 100. En même temps, on pratique un abcès de fixation à la cuisse gauche.
Le 15, la température tombe à 37°5 pour osciller les jours suivants entre 37 et 39°. Le 17, on incise l’abcès de fixation sans qu'aucune amélioration soit à noter dans l’état général du petit malade que l’on est obligé de soutenir avec de la strychnine.
Le 48, la mort survient dans la nuit, douze jours après le début de la maladie, sept jours après l'apparition des premiers symptômes méningés.
Pendant tout son séjour, le petit malade a eu des enveloppements sinapisés et des bains chauds. On a lutté contre la déshydratation par des injections de liquide de Ringer. Le 13, il y a eu du gardénal et les jours suivants des vessies de glace sur la tête.
A partir du 16, il a reçu 1/4 de milligramme de strychnine chaque
Jour. :
Autopsie : Sur la convexité du cerveau, on trouve 4 à 5 placards de pus jaune, crémeux ; il n’y a rien à la base. L'examen de la moelle n’a pas été fait. Les reins, le cœur et les poumons ne présentent rien d'anormal. La vessie contient une quantité abondante d’urines sanglantes.
OBservaTiON VIII. — Observation de MM. les D'S Ragiot, Souchard. Huynh Ngoc Du. Bull. Soc. méd. chir. Indochine, juillet-août 1931.
D..., femme indigène de quarante-deux ans, entre le 8 mai 1931 à l'hôpital indigène de Cochinchine, se plaignant d’une fièvre continue datant de cinq jours accompagnée de douleurs articulaires généralisées.
Cette femme a fait trois accouchements à terme et un accouchement prématuré à sept mois. Il y a une dizaine d'années, elle aurait eu des ulcérations génitales et il y a deux ans des ulcérations des membres inférieurs ayant laissé des cicatrices très visibles, pigmentées, de caractère syphilitique.
La maladie actuelle aurait débuté le 3 mai par une fièvre sans caractère spécial, non accompagnée de frissons ni de toux, ni d’enchifrènement, mais avec une certaine gêne respiratoire; dès ce moment apparaissent des troubles articulaires ; il n'y a pas de rachialgie. En plus de ces arthralgies, la malade a constaté des tuméfactions douloureuses des mains et du genou gauche empêchant la marche et la préhension. À son entrée à l'hôpital, dans l'après-midi du 8 mai, la malade, d’un état général médiocre, présente une température de 3995 et une dyspnée peu intense; elle est dans un état de fatigue accentuée, qui disparaîtra le lendemain et peut être attribué au transport : 35 kilomètres.
L'examen somatique montre aux poumons des râles sous-Crépitants fins, discrets, aux bases, plus nombreux à droite qu'à gauche, Sans aucun signe à la percussion, à la palpation, ni à l'inspection.
Les bruits du cœur sont légèrement assourdis au premier temps. Le foie et la rate sont normaux. Les réflexes sont légèrement vifs; les urines contiennent 0 gr. 40 d’albumine au tube d’Esbach. Les ganglions épitrochléens sont indurés et roulent sous le doigt.
La main droite présente une tuméfaction chaude, très douloureuse Spontanément et à la palpation sur la face dorsale des 3° et 4° articulations métacarpo-phalangiennes; la tuméfaction recouvre les deux articulations par une tumeur large comme une pièce d’une piastre,
OBSsERVATION VIII.
mais l’interligne articulaire présente une sensibilité élective. La face dorsale de la 4° articulation métacarpo-phalangienne de la main gauche présente les mêmes caractères. Le genou est tuméfié, chaud, sans rougeur, douloureux à la palpation et à la mobilisation active et passive. Il n’y à pas de choc rotulien.
L'état général reste le même pendant toute la journée du lendemain, la température a cependant un peu diminué et demeure autour de 38°.
Le 10 mai, deux jours après l'entrée, cette femme se trouve brusquement dans un état extrêmement grave, elle répond difficilement aux questions posées; elle fait signe qu'elle souffre d'une céphalée violente; quelques heures après, le coma est complet.
Les signes pulmonaires ont peu varié, mais des signes nets de méningite ont apparu, coïncidant avec une poussée de température : la raideur de la nuque et le signe de Kernig sont très marqués, le signe de Brudzinski et le signe de la nuque très nets; il existe un tremblement menu des mains, s’exagérant quand on essaie d’asseoir
— Ji —
la malade, les daigts sont fléchis dans les paumes; les réflexes sont très exagérés ; il y a convergence légère des globes oculaires. Toutefois, il n'existe ni la raie méningitique de Trousseau, n! le trépied méningitique; si la céphalée existe, iln'y à eu à aucun moment de vomissements et les sphincters anal et vésical sont relàchés, laissant s'écouler des matières fécales liquides et de l'urine. Ni herpès, ni rash, ni éruption.
Le liquide céphalo-rachidien est louche, de couleur jaune verdâtre, un peu hypertendu; l'examen microscopique y montre de très nombreux polynucléaires et de nombreux bacilles Gram négatifs très fins, surtout extracellulaires; un ensemencement est pratiqué aux fins d'identification.
Les arthrites ont augmenté, il est aisé de percevoir de la fluctuation, elles ont le type de pyarthroses. Une ponction effectuée à la main droite et une autre au genou gauche permettent de prélever un pus filant, épais, jaune verdâtre, dans lequel on retrouve ces mêmes bacilles très fins. Un ensemencement est également pratiqué avec ce liquide.
Les jours suivants, l’état général de la malade s'aggrave, les signes de méningite restent les mêmes; la carphologie apparait, les pyarthroses augmentent de volume.
Le 143 mai, une hémoculture, pratiquée alors que l’état de la malade est désespéré, est positive à la vingt-quatrième heure et un germe identique à celui précédemment observé est isolé sur gélose à l'extrait globulaire.
La thérapeutique appliquée, à base d’électrargol intraveineux, a été inefficace et l'issue fatale survient dans la matinée du 14 mai, quatre jours après le début des manifestations méningées.
La nécropsie n’a pu être pratiquée.
Les cultures sur milieux appropriés du liquide céphalo-rachidien, du pus de l’arthrite de la main et du sang ont permis dans les 3 cas l'isolement à l’état pur d'un germe identique présentant les caractères suivants :
Bacille très fin de 4 à 2, immobile, se décolorant par la méthode de Gram, prenant bien les couleurs d’aniline, à coloration bipolaire, avec espace clair central plus ou moins marqué, ne cultivant pas sur les milieux ordinaires et donnant sur les milieux au sang ou à l'extrait globulaire des colonies nombreuses, petites, régulières, arrondies, transparentes, ayant l'aspect de gouttes de rosée.
Une première culture à été obtenue en partant de produits organiques, sur gélose-ascite et bouillon-ascite (germes poussant agglutinés), mais, au troisième passage, la culture a été négative sur ces mêmes milieux.