CHAPITRE PREMIER
Historique.
La découverte de Koch, en 1882, vint établir d’une façon définitive la spécificité bactériologique des lésions tuberculeuses : c'était le couronnement de longues recherches qui, insensiblement, avaient fait admettre l'existence d’une maladie aux types cliniques innombrables.
De la phtsie consomptive décrite par Hippocrate devaient sortir, après le moyen âge, des discussians sur les phtisies par inflammations suppurées et les phlisies par tubercules (Morton, Sauvages, Franck\, puis devait apparaître la notion des tuberculoses locales. A côté de la maladie consomptive, on décrit les scrofules, manifestation de la diathèse scrofuleuse. Maïs la longue discussion des dualistes et des unicistes fut ouverte par Portal et Buillie qui n’admettaient pas que scrofules et tubercules, si différents d’aspect, fussent des lésions de même nature.
Laënnec, par ses recherches anatomo-pathologiques, aidé par l’auseultation, isola du chaos des scrofules et des phtisies les deux aspects d'une maladie unique : la granulation grise et le tubercule cru.
Le microscope devait bientôt faire triompher l'unicisme de Laënnec. Kæster, le premier, décrit le follicule tuberculeux, lésion primordiale et essentielle. Thaon et Grancher rallient enfin à l’unicisme histologique presque tous les suffrages : à la base, le follicule tuberculeux composé de ses trois couches; la cellule géante au centre, la couronne moyenne de cellules épithélioïdes et l’anneau périphérique de cellules embryon-
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naires. Mais cette réaction inflammatoire folliculaire ne fut pas reconnue spécifique. Malassez, Cornil, Hippolyte Martin prouvèrent qu'il existait des pseudo-tuberculoses et qu'en outre le follicule pouvait être produit non seulement par certains parasites (aspergillose, etc.), mais par un corps étranger.
C'est par la présence du bacille de Koch que sera reconnu un follicule tubérculeux.
« À la spécificité histologique doit se substituer la spécificité bactériologique. C’est pourquoi, après avoir remplacé l’ancienne dénomination phtisie, qui portait en elle le souvenir des phases initiales de la phtisiologie, par celle de {uberculose qui contenait les notions plus récentes empruntées à l'anatomie pathologique,
z a-t-on tendance aujourd'hui à dire bacillose. Encore faut-il, pour authentiquer une lésion bacillaire, que le bacille qu'on y trouve présente bien tous les caractères du bacille de Koch et ne puisse être confondu avec l’un quelconque des bacilles acido-
résistants qu'on connaît aujourd'hui. » (Sergent).
Dès lors, 1l apparaît qu'un diagnostic absolu de bacillose ne pourra être posé qu'après la découverte du bacille de Koch dans l'organisme malade. se
De 1864 à 1869, Villemin avait prédit l’existence d’un germe unique en démontrant l’inoculabilité des produits tuberculeux.
Mais des notions aussi rigoureuses risquent de restreindre un peu le champ de la tuberculose et nous allons voir apparaître toutes Les circonstances dans lesquelles, ni le follicule, ni même le bacille ne viendront établir le diagnostic.
Depuis Landouzy (les tuberculoses larvées et frustes, 1880),
«une tendance s’accentue qui cherche à étendre le domaine de la tuberculose en montrant qu’à côté des tuberculoses typiques doivent prendre place toute une série de manifestations atypiques tant cliniquement qu'histologiquement » (Sergent). Nous citerons les dystrophies hérédo-tuberculeuses (Mosny) et les relations de la bacillose avec l’aplasie artérielle, avec certaines sténoses vasculaires, avec quelques cardiopathies et malformations congénitales du cœur, puis, sans entrer dans le détail, les importants travaux de Poncet sur la fuberculose inflammatoire,
SO an
| ceux de L. Bernard, Goueerot et Salomon sur les fubereuloses non folliculaires. Îei,.on trouve parfois le bacille qui affirme la nature tubereuleuse de l'affection, mais le follicule typique
n'existe pour ainsi dire plus; il est atypique, incomplet; les
cellules géantes sont rares; ces lésions non folliculaires peuvent
même n'être que des lésions congestives sclérosantes ou dégé-
| nératives (vaisseaux, endocarde, cœur, rein).