‹ Le Diagnostic du Bacille de la DiphtérieChapitre 10 sur 33 · PREUVE · texte numérisé non relu

PREUVE

Langer et Krüger (1906) ont appliqué ce procédé : ils estiment qu'on peut l’employer avec des cultures toutes Jeunes; ils ont essayé d’autres décolorants : l’alcool-acétone décolore le bacille de Lôüffier en 1 à 2 minutes, tandis que le bacille d'Hofmann conserve sa coloration plus de 5 minutes. L'alcool chlorhydrique est plus énergique

encore mais évidemment moins pratique.

D'après Landau, la spécificité du procédé n'est pas aussi stricte que l'avaient indiqué les auteurs qui s’en étaient occupés; il cite notamment le cas d’un leptothrix ressemblant au bacille de Lôffler et pouvant être confondu avec lui : il se décolore de la même façon; le diagnostic entre” le bacille diphtérique et les bacilles du groupe leptothrix devient plus difficile qu’on ne le croit généralement. Landau isola un bacille ayant tous les caractères du bacille diphtérique (forme, disposition, virulence) qui, en première culture, ne se décolora pas, mais qui, dans les

cultures ultérieures, se décolora en peu de temps.

Schmitz a examiné un grand nombre de cultures de bacilles diphtériques et de bacilles d’Hofmann ; d’une manière générale, il a constaté la décoloration rapide du premier par l’alcool et la non décoloration du second; mais sur les bacilles diphtériques âgés de quelques mois, surtout dans les formes de dégénérescence, il à constaté que la coloration pérsistait. Il a eu affaire, entre autres, à deux souches qu’il considère comme des formes de passage entre les deux sortes de bacilles, qui, à l’origine, se

décoloraient .assez facilement mais qui, quelques mois

après, ne se décoloraient plus. Schmitz recommande, lorsqu'on emploie ce procédé, la recoloraiion à l’aide de l’éo-

sine ou de la vésuvine.

Münzberg At avance que ce procédé comporte des “restrictions et-qu'il est des bacilles d'Hofmann qui finissent par se décolorer; selon lui, si le procédé peut rendre des services lors de l’examen de cultures pures, il n’en est pas de même lorsqu'on a affaire à des cultures provenant de l’ensemencement direct de la gorge : dans ce cas, le procédé perd de sa valeur, parce que la flore de la cavité buccale comprend à la fois beaucoup de bacilles ne prenant pas le Gram et d’autres qui, prenant le Gram, se décolorent à la suite d’un traitement prolongé par l’alcool. .

Aviragnet et Mlle Le Soudier estiment que « cette méthode peut être utile, mais que tous les intermédiaires existent, car certains bacilles d'Hofmann sont décolorés et certains bacilles diphtériques gardent bien le colorant;

l'interprétation, dans ces conditions, est difficile ».

Ainsi donc, le procédé de décoloration par l'alcool ne constitue pas une méthode rigoureuse.de diagnostic différentiel entre le bacille de Lôffler et le bacille d'Hofmann, ni avec le corynebacterium cutis d’ailleurs; de plus, il est d'une application très délicate lorsqu'on a affaire à

des cultures impures provenant de l’ensemencement direct de la gorge.

Milieux de différenciation

Le milieu de culture qui a donné, depuis la découverte du bacille diphtérique, les meilleurs résultats, est le sérum coagulé; Lôffler a ajouté du bouillon à ce milieu et l'a rendu ainsi plus nutritif, mais au détriment de son électivité; en effet, la qualité principale du sérum, celle qui en à rendu l'emploi journalier, c’est que le bacille diphtérique y pousse très bien, mieux que les autres germes saprophytes qui l’accompagnent.

Nous examinerons les milieux qui ont été proposés pour différencier le bacille diphtérique d'avec les bacilles diphtérimorphes.

Milieux sucrés

Dès 1888, Roux, dans son mémorable travail, avait indiqué que le bacille diphtérique produit de l’acidité dans. les cultures en bouillon; en 1889, Zarnico, ajoutant du glucose à du bouillon alcalin, trouvait que, dans ce milieu, le bacille diphtérique donnait lieu à la production d'acide, tandis qu'il n'y en avait pas avec le bacille d'Hofmann. Escherich, à son tour, reconnut à ce procédé une réelle valeur. Enfin, par la suite, un grand nombre de bactériologues étudièrent l’action du bacille diphtéri-

que sur les sucres.

Nous résumons dans Île tableau suivant les résultats

obtenus par les divers auteurs : une partie est emprun-

“her: Pen

- tée à l'ouvrage de Kolle et Wassermann (article diphtérie,

Neisser et Gins); nous avons complété ce tableau. PRODUCTION D'ACIDE PAR LE BACILLE DIPHTÉRIQUE

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