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Préparation. — On a prétendu que la préparation du milieu était difficile; je crois qu'il existe, en bactériologie, bien des milieux dont la préparation est au moins aussi délicate, sinon davantage, ceux notamment où ôn utilise Je sang, le liquide d’ascite, le sérum, l’albumine d'œuf que l’on mélange à de la gélose et pour lesquels la température doit être comprise entre des limites assez étroites, pas trop haute pour ne pas coaguler les albumines, pas
trop basse pour que la gélose ne se solidifie pas.
Au surplus, qu'on veuille bien se reporter à notre pratique : ce milieu, après la période d'essais, fut appliqué par nous dans la technique courante à l’exclusion de l’ancien procédé qui fut définitivement laissé de côté; s’il n'avait pas présenté d'avantages et si sa préparation n'avait pas été facile, nous n’en aurions certes pas continué l’usage. Nous avons pratiqué avec lui des milliers d’ensemencements nécessités les uns par les recherches cliniques, le dépistage et la surveillance des porteurs, les autres par l’étude de l’action des germes isolés sur les différents sucres; la préparation de ce milieu a été effectuée maintes fois dans des conditions sommaires d’installation, parfois avec un personnel de fortune et peu préparé : nous n’avons jamais eu d’ennuis. Au fur et à mesure des besoins, nous avions toujours prêtes des boïtes en nombre nécessaire, quelque élevé que fût ce nom-
bre.
Matériel. — La méthode a été accusée d'utiliser beau-
coup de matériel et de sérum. Si l’on réfléchit qu'avec
SU 'ACNES
une seule boîte de Pétri renfermant du milieu horizon on peut faire le diagnostic sûr de bacille diphtérique dans le cas de malade atteint d’angine ou de porteur, par une simple coloration par la méthode de Gram portant sur une colonie suspecté; on voit facilement que c'est là le minimum de matériel et aussi de travail; bien mieux, pour les porteurs, nous utilisions une ‘boîte seulement pour
deux sujets.
Prenons maintenant la méthode du tube de sérum: l’ensemencement, pour avoir des colonies pures, demande à être fait sur plusieurs tubes; si la colonie n’est pas pure, il faut la purifier sur un autre tube; ensuite l’identification demande encore l’ensemencement en Veillon ou sur milieu sucré (tel que le milieu horizon glucosé et saccharosé); enfin, l’examen se complète par la recherche, des granulations métachromatiques ou de la résistance à la décoloration par l’alcool. Que de matériel, que de travail, que de temps de perdu! Si encore on aboutissait à un diagnostic ferme, mais cerlains de ces procédés sont infidè-, les, nous l’avons déjà vu; enfin, ce qui est plus grave,
c'est que, pendant ce temps, le médecin attend la réponse.
Conservation. — La conservation du milieu horizon en boîtes de Pétri n’est pas aléatoire comme on l’a prétendu. Quand les boîtes ont été bien préparées avec tous les soins voulus, elles se conservent facilement, sans précautions spéciales, une quinzaine de jours à la température ordinaire, où mieux au frais; à la glacière, la durée
de la conservation est plus longue; j'ai vu des boîtes ayant
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donné d'excellents résultats.
Envahissement par les saprophytes; rougissement total. « Il est parfois difficile d'obtenir un isolement suffisant des germes, surtout lorsqu'il s’agit d’angines; les streptocoques et les staphylocoques, qui souillent les colonies obtenues, provoquent le rougissement du milieu et créent des difficultés d'interprétation ; on peut considérer comme diphtérique une colonie de bacille d'Hofmann qui, pure, ne rougirait pas le milieu, mais qui, associée à ces microbes, provoque le virage. Aussi, réservons-nous l'emploi de cette méthode au cas où la flore pharyngée n'est pas trop exubérante et nous pensons qu’elle est surtout de mise chez les sujets susceptibles d’être porteurs de bacilles; là, surtout, lors de recherches faites en masse, elle pourra rendre de précieux services. » Ainsi s'expriment, Aviragnet, Weill-Hallé et P.-L. Marie.
Si les auteurs de cette appréciation ont en vue le tube, nous sommes de leur avis, mais s'ils veulent parler de
la boîte de Pétri, nous sommes d'avis contraire.
N'y a-t-il donc qu'à propos du bacille de la diphtérie que l’on est exposé à voir un bacille pathogène pour ainsi dire noyé au milieu de bacilles saprophytes envahissants? Qu'il s'agisse de rechercher des bacilles typhiques ou dysentériques dans les selles, des méningocoques dans les sécrétions rhino-pharyngées, etc., le bactériologue se trouve aux prises avec les mêmes difficultés; évidemment,
il doit s’efforcer, par la pratique d’une technique sûre et
délicate, à les vaincre; pour notre part, nous ne voyons.
pas très bien comment on peut choisir les cas « où la flore pharyngée n’est pas trop exubérante » pour pratiquer des ensemencements sur milieu horizon en usant des anciennes méthodes pour les autres cas; sans compter que s’il y a beaucoup de germes, ce n’est pas le milieu qui les diminuera et alors, si on se sert du tube, on sera tout aussi embarrassé, l’on n'aura pas plus de colonies pures qu'avec la boîte. Avec celle-ci, à condition de faire un -ensemencement soigné à l’aide de l’anse de platine triangulaire, on aura sans peine des colonies isolées quelle
que soit la flore de la gorge examinée.
Si on opère avec le tube, l’ensemencement est plus malaisé à effectuer; en outre, une fois qu'il est placé à l’étuve, il s’y passe des phénomènes de condensation, de ruissellement qui provoque le rougissement presque total de la surface ensemencée; dans ce cas, mieux vaut, en effet, recourir à l’ancienne méthode au sérum simple et
abandonner le sérum glucosé tournesolé.
Pour éviter cet inconvénient, il n’y a qu’à observer les précautions que nous recommandons pour l'emploi du milieu horizon et pratiquer les ensemencements d’une main légère.
Lenteur. — Le diagnostic du bacille diphtérique en 16 heures est devenu un dogme, surtout dans l'esprit des médecins traitants qui, ayant retenu ce chiffre, harcèlent Je bactériologue en exigeant de sa part un diagnostic très rapide.
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