MAT APE
Notons encore comme signes distinctifs secondaires la plus grande fréquence du mælena et de la diarrhée dans le cancer, mais ce sont là des signes de moindre valeur. Nous verrons au chapitre Diagnostic radiologique que l’image donnée comme caractéristique de la tuberculose cæcale, l’image de Sticrlin, peut également être trouvée lorsqu'il s’agit de cancers cæcaux, ce qui n’est pas pour faciliter le diagnostic.
. Les tumeurs plastiques inflammatoires, dont la cause est habituellement l’appendicite subaiguë ou chronique, plus rarement la typhlite, peuvent également prêter à confusion. D'autant plus qu’elles sont fréquentes chez le vieillard et que, d’autre part, le cancer eæco-valvulaire se complique souvent d’infection périnéoplasique. Leur évolution est lente, insidieuse, mais généralement moins régulière que celle du cancer, car, plus fréquemment coupée d'épisodes aigus avec poussées fébriles. On peut même observer des phases de régression pendant lesquelles la tumeur diminue considérablement de volume. Notons, enfin, que l’état général du malade est, le plus souvent, beaucoup moins atteint que dans le cancer. Il n’en reste pas moins que les tumeurs plastiques inflammatoires de la fosse iliaque droite sont très difficilement différenciées des lésions cancéreuses cæcales, d’autant que les images radiologiques peuvent ressembler à s’y méprendre à des aspects néoplasiques.
COMPLICATIONS Il arrive assez fréquemment que le cancer cæco-valvu-
laire évoluant de façon insidieuse, ne se révèle que par une de ses complications. Il s’agit alors, exceptionnelle-
ment, d'accidents d’occlusion hormis le cas rare d’invagination par retournement cæcal. Ce sont les complica- . tions infectieuses qui sont au premier plan l'infection périnéoplasique, faisant rarement défaut. Dans les cas les plus discrets, en effet, celle-ci se manifeste par de petites poussées fébriles et à l’examen du sang par une leucocytose plus ou moins importante. Après une période de latence plus ou moins longue la température s'élève et une réaction péritonéale se dessine avec nausées, constipation, contracture localisée et empâtement de la fosse iliaque droite.
Cette période d’infection évoluera vers la constitution d’un abcès périnéoplasique: postérieur, donnant alors lieu à du psoïtis, latéro-cæèal ou antérieur. Ces abeès, qui peuvent être aigus ou torpides, sont en tous points comparables aux suppurations appendiculaires et très souvent d’ailleurs le diagnostic s’égarera dans le sens de l’appendicite. D'où la règle de toujours se méfier lorsqu'une masse inflammatoire de la fosse iliaque droite apparaît chez un sujet âgé.
On a également signalé comme complications du cancer cæco-valvulaire l’hémorragie intestinale grave et la péritonite généralisée par perforation, soit perforation de l’intestin par le cancer lui-même, soit perforation diastatique en amont. Mais ces complications sont moins fréquentes que les précédentes.
LE DIAGNOSTIC RADIOLOGIQUE
Nous avons eu maintes fois l’occasion, au cours de notre étude, de signaler son importance. En effet, l’examen clinique étant le plus souvent négatif et ne permet
tant de formuler dans la majorité des cas qu’un
diagnostic de présomption, c’est de l’examen radiologique seul qu’on pourra attendre un élément de certi-
tude. Mais nous constaterons au cours de ce chapitre
que, malheureusement, pour un nombre encore assez élevé de cas la radiologie elle-même reste hésitante. L’examen radiologique peut être fait:
1° sans préparation; 2° après ingestion d’un repas opaque ; 3° après lavement opaque.
Il est utile, sinon indispensable pour le diagnostic du cancer de la valvule iléo-cæcale, d’associer ces trois modes d’exploration, car chacun d’eux peut apporter des renseignements importants, qui permettront de loca-
liser exactement la lésion. Signalons, toutefois, que
l’examen par ingestion d’un repas opaque ne pourra pas toujours être pratiqué, malgré son grand intérêt, son emploi n’étant pas sans danger lorsqu'il existe une sténose serrée et devant être systématiquement rejeté pendant les crises occlusives.
Notons, enfin, qu’il est d’un grand intérêt pratique d'associer l’examen radioscopique et l’examen radio-
eraphique, le premier permettant d’étudier la motricité