‹ Le Diagnostic et le Traitement Chirurgical des Étranglements InternesChapitre 4 sur 32 · DES · texte numérisé non relu

DES

ÉTRANCLEMENTS INTERNES

Indépendamment des faits que le médecin a chaque jour l’occasion d’observer et des recherches expérimentales qu'il peut faire, il est deux sources fécondes où il peut püiser les éléments nécessaires à l’étude des phénomènes qu'il cherche à approfondir: ce sont les travaux ex-professo faits par ses devanciers sur un ou plusieurs points du sujet qui l’occupe et les observations cliniques recueillies et publiées souvent sans commentaires par d'autres praticiens. C’est, en d’autres termes, l’étude desfaits rapportés par les différents observateurs et celle des interprétations plus ou moins variées auxquelles ils ont pu donner lieu. Ces ressources, il

faut le dire, ne sont point également précieuses dans tous

les cas. Aïnsi tandis que l’état de nos connaissances est trèsavancé pour certaines affections, qui se présentent d’une facon accessible à l'exploration directe , et se décèlent par des signesobjectifs faciles à percevoir, il l’est en général bien moins lorsqu'il s’agit de maladies dont les principales manifestations sont des troubles fonctionnels.

Nous trouvons la confirmation de ce que nous avançons dans l’histoire de l’occlusion intestinale. Cette affection, dont les terribles accidents ont de tout temps attiré l'attention

1810. — Larguier. 1

Apr

des médecins, peut, comme on le sait, se produire soit a& dehors de l’abdomen, et constituer alors l’étranglement herniaire, soit à l’intérieur de cette cavité où elle donne lieu aux phénomènes d’étranglement interne. Or tandis que l’étude des hernies et de leurs complications a enrichi la littérature médicale d’un grand nombre d'excellents travaux dus à des hommes souvent considérables, une histoire complète de l’occlusion intestinale interne est encore à faire. Les travaux publiés sur cette question sont vite comptés, et n’ont guère profité qu’à l’anatomie pathologique et à l’étiologie ; le diagnostic des étranglements reste encore au nombre des problèmes réputés presque insolubles, et lon n’a que des données fort vagues sur la valeur exacte des signes propres à l’établir.

Il faut ajouter que la lecture des observations publiées dans les divers iournaux de médecine ne parait pas, au premier abord, de nature à encourager dans cette étude. Quand on voit, en effet, les praticiens les plus consommés commettre et reconnaître des erreurs souvent fatales, on se demande s’il n’est pas téméraire de chercher à interpréter les divers symptômes de façon à lever les dificultés contre lesquelles ils sont venus échouer.

L'analyse de ces travaux et de ces observations, l’étude attentive des faits bien interprétés, aussi bien que celle de ceux dans lesquels le chirurgien fourvoyé a fait d'inutiles opérations, peuvent cependant, nous semble-t-il, amener à donner des lois plus ou mvuins générales à l'établissement desquelles viendront encore concourir les déductions que le raisonnement peut tirer de l'étude, si bien faite aujourd’hui, de l'anatomie pathologique des étranglements.

Il se présentera ici, comme presque toujoursen médecine, une série de faits prédominants, exerçant sur l'esprit la pression des fortes majorités, mais dont la réunion ne constitue pas des lois absolues; à côté d’eux des exceptions qui semblent s’opposer aux règles qu’on cherche à établir. Il ne faut cependant pas en conclure que les faits exceptionnels sont en dehors des lois pathologiques, mais plutôt que les lois déjà établies ne sont point assez générales pour com-

Page 1