‹ Le Diagnostic et le Traitement Chirurgical des Étranglements InternesChapitre 6 sur 32 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

La variété d’ocelusion intestinale que l’on a appelée étranglement interne (1) se présente toutes les fois qu’une circonstance quelconque vient diminuer le calibre d’un intestin non hernié d’une façon suffisante pour mettre obstacle au cours des matières qu’il contient.

Telle est l’acception que l’on doïtdonner au terme d’étranglement interne, si l’on se place à un point de vue purement anatomique; cliniquement, cette acception se généralise, car on sait maintenant à n'en plus douter qu’il est certaines affections dans lesquelles on observe tout l'appareil des signes de l’étranglement, sans qu’il soit possible de trouver à l’autopsie aucune diminution du calibre de l’intestin.

On saït que les signes de l’étranglement interne offrent une grande analogie avecceux de l’étranglement herniaire, aussi nous bornerons-nous à tracer ici les principaux symptômes de cette grave affection, nous réservant d'examiner plus loin les nombreuses variations qu’une foule de circonstances peuvent leur faire subir.

Les accidents, qui surviennent soit sous l’influence d’un écart de régime, soit sous celle d’un violent effort, sonttan-

(i) Nous conserverons cette expression : élranglement interne, quoique ce ne soit pas le terme propre, pour exprimer tous les accidents que nous allons étudier. Cette dénomination a néanmoins l'avantage d'être acceptée et comprise par tous les médecins ; elle est préférable au terme d’occlusion intestinale, employé par M. Masson, terme trop général qui logiquement doit comprendre les étranglements herniaires ou externes. Quant aux mots : ileus, passio iliaca, vomitus stercoris, miserere mei, ils ne s'appliquent à rien de déterminé, ont une signification très-vague et doivent être abandonnés,

tôt brusques, tantôt, au contraire, précédés de douleurs sourdes et d’alternatives de constipation et de diarrhée (débàcles\. Ils débutent par une douleur violente, circonscrite, que la pression exaspère d’une façon très-variable et qui s'accompagne de chaleur intense. Bientôt, sous l'influence d’une constipation opiniâtre et invincible, l'abdomen se ballonne plus ou moins uniformément; en même temps la bouche se dessèche ; les hoquets, les nausées font place à des vomissements d’abord chymeux, puis bilieux, enfin fécaloïdes. L’urine est rouge, rare; l’anxiété du malade extrême, le pouls petit et serré, les extrémités couvertes d’une sueur froide et visqueuse ; la face pâle et grippée, les traits profondément etsubitement altérés ; ily aagitation extrême, insomnie, prostration des forces. Au milieu de ces troubles profonds de l’éconcmie, le malade conserve dans leur intégritéses facultés intellectuelles et si l’intervention del’'homme de l’art a été nulle ou inutile, il s'éteint soit par épuisement ou par asphyxie, soit par péritonite générale. û

Ces symptômes ont ordinairement un accroissement progressif, avec des exacerbations plus ou moins fréquentes ou prolongées ; parfois dès le début, ils ont acquis le summum d'intensité. Ils offrent dans quelques cas des rémissions très -marquées, mais bientôt les accidents reparaissent dans toute leur violence.

Tels sont, envisagés d’une facon tout à fait générale, les principaux signes de l’étranglement. Les causes qui peuvent les produire sont de deux ordres : les unes sont mécaniques et donnent lieu à ce que dans la suite de ce travail nous appellerons étranglement vrai: les matières contenues dans l'intestin rencontrent un obstacle mécanique qui les empèche de poursuivre leur cours. D’autres sont dynamiques, et alors bien que l'intestin ne présente aucune diminution dans son calibre, des phénomènes spasmodiques ou paralytiques en pervertissent ou en abolissent les fonctions et amènent nécessairement une suppression complète et persistante des selles; ce sont là les faux-étranglements, dans lesquels noùûs faisons rentrer aussi bien l’iléus spasmodique dont il nous semble difficile de contester l’existence, que les

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différentes sortes de paralysies intestinales sur lesquelles M. le D' Henrot (4) a le mérite d’avoir le premier appelé Vattention (pseudo-étranglements d'Henrot)

Quoique nous soyons persuadé que la connaissance exacte de la façon dont se produisent les signes de l’étranglement est d’une utilité incontestable pour le diagnostic.et partant pour la thérapeutique de cette redoutable affection, il n°’entre cependant pas dans notre plan de faire de ces différentes causes une étude approfondie, ni de rechercher le mécanisme au moyen duquel chacune d'elles produit les symptômes que nous ayons brièvement énumérés ; il faudrait pour cela des recherches bibliographiques fort longues et surtout instituer sur des animaux une série d’expérimentations physiologiques que le peu de temps dont nous disposons et notre inexpérience en pareille matière ne permettraient pas dé mener à bien.

Nous venons de faire comprendre ce que nous entendons par étranglement vrai et par faux-étranglement ; il nous reste avant de passer à la partie importante de ce travail, à énumérer les nombreuses variétés que présentent ces deux grandes classes.

Étranglements vrais.

On peut ranger dans cinq catégories les différentes espèces d’étranglements vrais ; quant aux causes qui produisent chacune d'elles, elles varient presque à l'infini; nous avons réuni celles. qui se présentent le plus fréquemment et qu’il est le plus utile de connaître, dans les tableaux suivants.

Première catégorie.— L'étranglement résulte d’une obs'ruclion.

La cavité de l’intestin est bouchée par un corps venu du dehors ou qui s’est développé dans cette cav té; dans les premiers cas, l'obstacle consistera le plus ordinaïrement en

(4) Dr Henrot, Des pseudo-étranglements que l’on peut rapporter à la paralysie de l'intestin, 1865.

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noyaux ou pépins de fruits, en petits os; dans le second, ce seront des amas de matières fécales durcies, des concrétions intestinales ou des calculs biliaires, plus rarement enfin des paquets d’ascarides lombricoides.

Deuxième catégorie. — L'étranglement résulle d’une disposition anormale de l'intestin, accidentelle ou congénitale.

Différents cas se présentent :

A. Dans l’invagination ou intussusceptlion, une portion d’intestin pénètre anormalement dans une autre ; cette invagination peut être ascendante ou descendante et intéresser soit l'intestin grêle, soit le gros intestin, soit tous les deux.

B. Dans la torsion (volvulus des auteurs), les intestins sont enroulés ou enchevètrés l’un dans l’autre.

C. Il peut y avoir flexion anormale lorsqu'une portion d’intéstin a contracté avec les parties voisines des adhérences quil'immobilisent dans une mauvaise position.

D. Vices de conformation de l'intestin. Imperforation compiète ou incomplète.

Troisième catégorie. — L'étranglement résulle d'une constriction de l’intes!/in.

Les cas qu’on peut y faire rentrer se présentent toutes les fois qu’une anse intestinale s’est engagée soit dans une ouverture naturelle on accidentelle, soit sous des brides intraabdominales, soit dans des nœuds ou des diverticules des viscères abdominaux.

Le tableau suivant renferme, classés d’une façon méthodique, tous les agents de constriction qui peuvent donner lieu à cette variété d’étranglement.

normale hiatus de Wioslow.

hernies diaphragmatiques.

hernies ischiatiques (1).

ouv. et replis péritonéaux.

ouv. de l'utérus ou des ligamentslarges.

Ouvertures accidentelles

(4) Nous pourrions y ajouter certaines hernies inguinales profondes que la difficulié de l'examen ou le manque de commémoratifs a quelquefois fait méconnaître.

; trompe utérine.

l'appendice eæcal.

. néo-membraneuses, : celluleuses.

Brides fibreuses.

et bandes | anormales {épiploïques.

mésentériques.

intestinales.

À diverticulaires ( divert. de l’int. grêle.).

normales

Quatrième catégorie. — L’étranglement résulte d’une compression ) de l'intestin.

Des tumeurs intra-abdominales ou des organes déplacés

aplatissent les parois de l'intestin et, par conséquent, en di-

minuent plus ou moins le calibre. Ces tumeurs, dont l’énu-

mération nous entrainerait trop loin, procèdent surtout des

ganglions mésentériques, du pancréas, de l’ovaire, de l’u-

térus, du foie et-du système-osseux ; quant aux organes dont

le déplacement a pu jusqu’à présent comprimer assez l’in-

testin pour produire des phénoraènes d’étranglement, on ne

cite que la rate (Pétrequin) et les reins (Wieger).

Cinquième catégorie. — L'étranglement résulte d’un rétrécissement ou d’une oblitération de l'intestin.

Dans les catégories qui précèdent, l'intestin est sain ; ïl n’en est plus de même dans celle-ci. Ici l’arrêt des matières est causé uniquement par des altérations développées dans les parois intestinales; les plus fréquentes de ces altérations sont résumées dans le tableau suivant :

Hÿpertrophie du tissu musculaire.

Hypertrophie du tissu sous-muqueux.

Hypertrophie d’une valvule connivente.

Hypertrophie de la valvule iléo-cæcale.

Hémorrhagie interstitielle.

Dégénérescence cancéreuse.

Polypes intestinaux.

Rétrécissement atrophique à la suite de réduction de’ hernie.

Cicatrices à la suite d’ulcérations typhiques ou dysentériques.

1870.— Larguier. 2

ie

Faux-étramglements.

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