CHAPITRE LV
Comment ceux qui sont parvenus à cet état d'union sont illU' minés dans leur intelligence, par une lumière surnaturelle infuse, par une grâce spéciale de Dieu. Et comment il est plus avantageux pour le salut de l'âme de suivre les conseils d'un esprit humble possédant uneconsciencesainte que ceux d'un savant orgueilleux.
C'est avec celte lumière, qui éclairait le regard de son intelligence, que me vit Thomas d'Aquin, et qu'il acquit les clartés multiples de la science, comme aussi Augustin, Jérôme et les autres Docteurs, et mes Saints. Eclairés par ma Vérité, ils entendaient et discernaient au milieu des ténèbres ma Vérité. Ils voyaient clair dans la sainte Écriture, qui paraissait ténébreuse à ceux qui ne la pouvaient comprendre, non par le défaut de l'Écriture, mais par le défaut de la raison qui ne l'entendait pas. C'est pourquoi j'ai envoyé ces flambeaux pour éclairer les esprits aveugles et grossiers, en élevant le regard de leur intelligence pour leur faire connaître la Vérité au .scindes ténèbres, comme je l'ai dit.
Moi, le feu qui a consumé leur sacrifice, je les ai ravis en moi, en leur donnant la lumière, non pas naturelle, mais absolument surnaturelle. Cette lumière ils l'ont reçue au sein des ténèbres, et
c'est par elle qu'ils ont connu ma Vérité. Cette Vérité, qui alors paraissait obscure, apparaît aujourd'hui en pleine lumiere, aux esprits les plus grossiers comme aux plus subtils, à quelques nations qu'ils appartiennent, et chacun la reçoit selon sa capacité, et aussi suivant les dispositions qu'il veut apporter à la connaître, car je tiens compte de leurs dispositions.
Tu vois donc que Toeil de l'intelligence a reçu la lumière infuse par grâce, supérieure à la lumière naturelle, et, par elle, les Docteurs et les autres Saints ont connu la lumière dans les ténèbres. Ainsi des ténèbres est sortie la clarté, puisque l'intelligence fut avant que ne fût formée l'Écriture, et c'est de l'intelligence ainsi éclairée qu'est venue la science, car c'est en voyant qu'elle discerne le vrai.
C'est grâce à cette lumière que les saints Patriarches et les Prophètes connurent et annoncèrent l'avènement et la mort de mon Fils. C'est elle qui éclairait les Apôtres, après 1 avènement de. TEspril- Saint qui les inonda d'une clarté surnaturelle. C'est elle aussi que possédaient les Évangélistes, et les Docteurs et les Confesseurs et les Vierges et les Martyrs, qui, tous, furent illuminés de cette parfaite lumière.
Et chacun l'a reçue de manière différente, suivant que le demandait son propre salut ou le salut des créatures, ou le besoin de ceux chargés d'enseigner les saintes Écritures. Les saints Docteurs ) ont eue par la Science avec laquelle ils ont interprété la doctrine de ma Vérité, la prédication des
Apôtres, les livres des Évangiles. Les Martyrs Tont possédée, pour affirmer, parleur sang, la lumière de la très sainte Foi, le fruit et les trésors du Sang de l'Agneau. Elle était dans les vierges, par le sentiment de la charité et de la pureté. Elle est dans les Obéissants, qui manifestent Tobéissance du Verbe et témoignent delà perfection de Tobéissance qui s'est affirmée avec éclat dans ma Vérité, lorsque, pour accomplir le commandement que je lui avais imposé, Elle courut à la mort ignominieuse de la croix.
L'ancien et le nouveau Testament sont tout remplis de cette lumière. Dans l'Ancien, c'est cette lumière, infuse par ma grâce et ajoutée à la lumière naturelle, qui illumina Tintelligence des saints Prophètes et fit d'eux les Voyants, qui regardaient dans l'avenir. Dans le Nouveau, n'est-ce pas aussi par cette lumière, que tout le détail de la Vie évangélique est manifesté aux fidèles du Christ? Et, parce que toutes deux procèdent de la même lumière, la loi nouvelle n'a pas abrogé la loi ancienne, elle en est inséparable, elle n'a détruit en elle que cette imperfection, d'être fondée uniquement sur la crainte. Quand vint le Verbe, mon Fils unique, avec la loi d'amour, il la compléta en lui donnant l'amour. A la crainte du châtiment il substitua la crainte sainte. C'est ce que ma Vérité disait aux disciples pour leur montrer qu'il ne détruisait pas la loi : Je ne suis pas venu abroger la loi, 'mais la perfectionner '. Comme s'il eût dit : « Jusqu'à mainte-