‹ Le dialogue de Sainte Catherine de SienneChapitre 167 sur 287 · Math., V · texte numérisé non relu

Math., V

nant la loi est imparfaite, mais, par mon Sang, je la ferai parfaite : je l'achèverai en ce qui lui manque, en faisant disparaître la crainte du châtiment, pour ne lui donner d'autre fondement que Tamour et la crainte sainte.

Et qui prouve que ce fut là la vérité? La lumière surnaturelle qui, par grâce, fut donnée et qui est donnée toujours à qui la veut recevoir. Toute lumière qui sort de la Sainte Ecriture, est venue et vient de cette lumière. Les Ignorants orgueilleux, les Scientistes, s'aveuglent à cette lumière, parce que leur orgueil et le nuage de l'amour-propre recouvrent et cachent pour eux cette clarté. C'est pourquoi, ils entendent la Sainte Écriture littéralement plus que spirituellement. Ils n'en goûtent que la lettre, à force de compulser les livres : ils ne savourent pas la moelle de TÉcriture, parce qu'ils se sont privés de la lumière qui l'a composée et qui aussi en révèle le sens.

Ces beaux savants s'étonnent! On les surprend murmurant, quand ils voient de pauvres gens grossiers et sans instruction, goûter la Sainte Écriture, et faire montre d'autant de lumière dans la connaissance de ma Vérité, que s'ils l'avaient étudiée bien longtemps! Il n'y a là, pourtant, nulle merveille. Ils ont étudié, oui, mais leur étude a porté surla cause principale,.sur la Lumière elle-même, d'où procède la science. Mais comme ces superbes ont perdu cette lumière, ils ne voient pas, ils ne reconnaissent pas ma Bonté, dans cette lumière même, répandue par ma grâce dans mes serviteurs. Aussi je te dis,

que, pour demander conseil sur le salut de Tàme, il vaut beaucoup mieux s'adresser à lun de ces humbles, d'une conscience droite et sainte, qu'à un orgueilleux érudit, qui a fait par ses études le tour de la science.

Celui-ci ne peut donner que ce qu'il possède. Aussi bien souvent, à cause de sa vie de ténèbres, ce n'est que dans ces ténèbres, qu'il distribuera la lumière de la Sainte Ecriture; tandis que mes serviteurs répandent la lumière qu'ils possèdent en eux-mêmes, désireux et comme affamés du salut des âmes.

Tout cela, ma très douce fille, est pour te faire connaître la perfection de cet état d'union, où l'œil de l'intelligence est ravi par le feu de ma Charité, qui donne la lumière surnaturelle. Avec cette lumière l'on m'aime, parce que l'amour suit l'intelligence. Plus l'on connaît plus on aime, et plus l'on aime plus on connaît. Amour et connaissance s'alimentent ainsi l'un l'autre réciproquement.

C'est avec cette lumière, que l'âme séparée du corps entre dans l'éternelle vie où elle me voit et me goûte en toute vérité, comme je te l'ai dit. quand je te parlai de la béatitude que l'âme trouve en Moi.

Tel est cet état très excellent, où mes serviteurs, bien qu'encore mortels, goûtent les biens immortels qui sont le partage de ceux qui sont morts. Aussi parfois elle en arrive à une union si étroite avec Moi, qu'elle sait à grand 'peine si elle est dans son corps ou si elle l'a quitté. Son union avec moi lui

procure un avant-goût de la vie éternelle. C'est en faisant mourir en elle sa volonté, qu'elle a réalisé cette union en moi, car il n'est pas d'autre moyen de s'unir parfaitement à moi. Elle peut dès lors goûter la vie éternelle, après s'être ainsi délivrée de l'enfer de sa propre volonté. Et de même, l'homme qui vit selon les inspirations de son appétit sensuel, a comme un avant-goût de l'enfer, ainsi que je te l'ai dit.

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