‹ Le dialogue de Sainte Catherine de SienneChapitre 168 sur 287 · CHAPITRE LVl · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVl

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Tu as vu maintenant, par l'œil de l'intelligence tu as entendu par l'oreille du cœur en Moi Vente éternelle, de quel moyen tu peux p"ofae toi-même, et faire profiler le prochain dekdÒc trme, et parvenir à la connaissance de ma VérUé comme je t'avais dit dès le commencement. '

<-est par la connaissance de toi-même que tu arnves a la connaissance de la Vérité, non^il es" vra., par la connaissance isolée de toi-même mais urne a la connaissance de moi-même en toTVu as ams, trouvé l'humil.té, la haine et le mépri de toi e tu as découvert le feu de ma Charité.Jar la coni naissance de moi-même en toi. Par 1^, tu en es venue a 1 amour et diiection du prochain en le ser

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Je t'ai aussi montré le Pnnf • i^ f «; ^ i- -ntilest établi, les t^rde^és^J^^'^^^t fr^ iâme et comment aucune ne peut avoir en soi la

vie de la grâce, si Tânie n a monté les trois degrés, c'est-à-dire si les trois puissances ne sont pas assemblées en mon nom.

Je t ai ensuit,3 donné une explication plus particulière de ces trois degrés, par les trois états de l'âme, figurés sur le corps de mon Fils unique. De son corps t'ai-je dit, il a fait comme une échelle, dont je t'ai indiqué les degrés dans ses pieds percés, aans son côté ouvert, et dans sa bouche, où l'âme goûte la paix et le repos, de la manière que je t'ai exposée.

Je t'ai découvert l'imperfection de la crainte servile, puis l'imperfection de l'amour, en ceux qui m'aiment à cause de la douceur qu'ils trouvent en mon amour; enfin, j'ai expliqué la perfection du troisième état, en ceux qui sont arrivés à la paix de la bouche. Ils n'y sont parvenus qu'après avoir parcouru avec un ardent désir le pont du Christ crucifié, en franchissant les trois degrés généraux, c'est-à-dire après avoir recueilli les trois puissances de l'âme et uni en mon nom toutes leurs opérations, puis les trois degrés particuliers, c'est-à-dire en passant de l'état imparfait à Tétat parfait.

Tu les a vus alors courir dans la vérité; je t'ai fait goûter la perfection de l'âme, respirer l'odeur des vertus, en même temps que je t'ai mise en garde contre les illusions auxquelles l'âme est exposée, avant d'arriver à la perfection, si elle n'emploie pas son temps à se connaître et à me connaître.

Je t'ai exposé aussi la misère de ceux qui vont se noyer dans le fleuve, pour ne pas vouloir passer

par le pont et suivre la doctrine de ma Vérité. Je le l'ai pourtant établi, ce Pont, que pour vous empêcher de périr; mais eux, comme des fous, ils préfèrent se noyer dans la misère et la fange du monde. Tout cela je te Fai expliqué, pour attiser en toi le feu du saint désir, et la compassion et la tristesse de la perte des âmes, afin que la douleur de leur damnation jointe à lamour, te contraignît à me faire violence à Moi, par tes pleurs, par tes sueurs, par les gémissements de la prière humble et continue, montant vers moi toute enflammée d'un ardent désir pour qu'enfin je fasse miséricorde au monde et au corps mystique de la sainte Eglise, pour lesquels tu me pries tant ! Ce n'est pas pour toi seule que je l'ai dit, mais aussi pour beaucoup d'autres créatures qui sont mes serviteurs et qui Fentendront.

i Ils sentiront les étreintes de ma Charité, et, tous ensemble, toi et mes autres serviteurs, vous me

; prierez pour me forcer de faire miséricorde. Je L'ai déjà dit, il doit t'en souvenir, que j'accomplirais vos désirs, en accordant une consolation à vos labeurs, en satisfaisant à vos désirs douloureux par la réforme de la sainte Église, à qui je donnerai de bons et saints Pasteurs, i^e n est pas par la guerre, par le glaive, par la cruauté, que je la réformerai, je te l'ai dit, mais dans la paix et la tranquillité, par les larmes et les sueurs de mes serviteurs.

C'est vous, en effet, que j'ai chargés de travailler au salut de vos âmes et de celles du prochain, dans le corps mystique de la sainte Église, par Texemple, par la doctrine, par de continuelles

prieras offertes à Moi, pour lui et PO^r toute créa ture en produisant des actes de ver u al égard dautrui, de la manière que je fai expliquée ; car ai-ie dit, toute vertu s'exerce et se développe tout péché se commet et s'accroît au sujet du prochain. C'est pourquoi je veux que vous vous employiez a son service : c'est le véritable moyen de faire fructifier votre vigne. . ,

Sans cesse, faites monter vers moi 1 encens de prières parfumées pour le salut des âmes; car je veux faire miséricorde au monde. Avec ces prières, avec ces sueurs, avec ces larmes, je veux laver le visage de l'Épouse, la sainte Eglise. Deja je te la. Inlrée sous la forme d'une femme dont la ace. est salie et comme lépreuse. Ces souillures, ce sont les péchés des ministres et de tous ceux de la re igion chrétienne, qui se nourrissent au sein dece te épouse. De ceà péchés je te parlerai en un autre endroit.

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