IV Reg., iv
s'élendant sur lui, il appliqua tous ses membres sur les membres du mort en lui soufflant sept fois dans la bouche, et Tenfant respira sept fois, en signe de la vie qui lui était rendue.
Cette figure symbolise Moïse que j'envoyai avec le bâton de la Loi, en le chargeant de l'imposer au mort, qui était le genre humain. Mais la loi ne rendit point la vie au genre humain.
J'envoyai le Verbe, mon Fils unique, figuré par Elisée, et qui s'adapta à la forme de cet enfant mort par l'union de la nature divine à votre nature humaine. C'est avec tous ses membres, que la nature divine opéra cette union, avec ma puissance, avec la sagesse de mon Fils, avec la clémence de l'Esprit-Saint; en un mot, c'est moi tout entier, abîme de la Trinité, qui fis alliance avec la nature humaine en m'unissant à elle.
Après cette union, mon doux Verbe d'amour en opéra une autre, en courant, dans l'ivresse de son cœur, à la mort ignominieuse de la croix, où il s'étendit lui-même. C'est après cette seconde union qu'il communiqua à cet enfant mort les sept dons du Saint-Esprit en soufflant dans la bouche de l'âme, c'est-à-dire dans sa puissance affective, et en la délivrant de la mort par le saint baptême. Elle respira alors, en preuve de la vie qu'elle avait retrouvée, en rejetant d'elle-même les sept péchés mortels.
C'est ainsi que l'âme humaine est devenue un jardin plantureux, aux fruits suaves et délicieux. Le jardinier, il est vrai, qui est le libre arbitre, peut encore, selon qu'il lui plaU, cultiver ce jardin ou le
ramener à l'état sauvage. S'il y sème cette mauvaise graine de l'amour-propre, par laquelle se propagent les sept péchés capitaux, qui à leur tour produisent tous les autres, il aura tôt fait d'étouffer les sept dons du Saint-Esprit et de détruire toutes les vertus. Plus de force désormais; le voilà malade. Plus de tempérance, plus de prudence, parce qu'il a perdu la lumière qui guidait la raison. Plus dr foi, plus d'espérance, plus de justice. Une respecte plus le droit, il n'espère qu'en lui, et avec sa foi morte il ne croit qu'à soi. Il met sa confiance dans les créatures, non en moi-même. Plus de charité, plus de piét^! L'amour de sa propre fragilité a tout détruit. Comment pourrait-il être bon pour le prochain, il est devenu si cruel à lui-même ! Le voilà, par son fait, dépouillé de tout bien, et tombé dans le plus grand des maux.
Et qui donc lui rendra la vie ? Ce même Elisée, le Verbe incarné, mon Fils unique! Et comment? Que ce jardinier s'arme de la haine de soi-même — sans elle il n'avancerait à rien — et qu'il arrache les épines de son propre péché ; puis, qu'avec amour, il sempresse de se conformer à la doctrine de ma vérité : qu'il arrose son jardin avec le Sang, ce sang que le prêtre répand sur sa tête, lorsqu'il va se confesser avec un vrai repentir dans le cœur, le regret de la faute, le désir de la satisfaction, et la résolution de ne plus m'offenser. Voilà le moyen par lequel l'homme peut restaurer le jardin de son âme, pendant cette vie; passé cetemps, il n'y a plus de remède, tout est fini, comme je te l'ai expliqué maintes fois.