‹ Le diamant de la vouivre (volume 3)Chapitre 5 sur 13 · MO · texte numérisé non relu

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c irilé rempôchail (Jp distinguer les traits de la personne qui lui parlait.

— Vous ne reconnaissez donc pas ma voix?

— La sor( ière !

— Oui, la sorcière qu'on voulait retenir prisonnière à la grotte du Val.

— Mais cette voix que j'ai entendue tout à l'heure, cette voix qui semblait sortir de dessous terre et qui m'a crié : La Cuzon ! la Cuzon ! la Cuzon ! c'était donc la tienne?

— Pourquoi oubliez-vous les renseignements qu'on vous donne?

— Femme! répondit le capitaine en lui tendant la main, pardonne-moi mes injustes soupçons, tu es notre Providence !

Ils se turent quelques instants pour écouter ce qui se passait dans le château, mais tout y était calme et silencieux ; la tour de l'Aiguille seule faisait entendre un léger murmure.

— Partons ! dit enfin le capitaine.

— Et Pâquerette ! demandèrent à la fois la sorcière et le sire de Binans.

— J'ai été obligé de l'abandonner; mais rassurez-vous, désormais elle ne court aucun danger» Partons ! partons I

Puis s'adressant à la sorcière :

— Toi, qui es venue jusqu'ici , lui dit-il, marche devant et conduis-nous par le chemin le plus sûr.

— Le chemin le plus sur! mais d'abord vous savez aussi bien que moi qu'il n'y en a pas. Ce que nous avons de mieux à faire, je crois, est de longer le rocher jusqu'à la route,

— Soit ! nous te suivons I

Le talus , au sommet duquel ils étaient alors, et qui s'élève depuis le fond de la vallée jusqu'à la base du rocher, offre une pente excessivement rapide; et comme ce n'est qu'un vaste amas de sable, de gravier et de pierres, il est très difficile de se maintenir sur sa sur-

face mouvante : à chaque instant le pied glisse sur un caillou qui roule, ou s'enfonce dans le sable qui s'affaisse sous sa pression ; puis, si alors on perd l'équilibre, on risque d'être lancé sur ce plan incliné, où la main chercherait en vain un point d'appui et au bas duquel on trouverait une mort certaine.

Le capitaine, qui connaissait le danger, mais qui avait le pied solide et de l'habitude, se mit à la droite du sire de Binans, de sorte que le vieillard pouvait s'appuyer d'un côté sur son épaule et de l'autre au rocher.

— Marchons avec précaution, murmura la sorcière, si on nous entendait du château

Mais alors il s'éleva un vent violent qui vint s'engouffrer avec grand fracas dans cette gorge et leur rendit toute sécurité.

— Le ciel se déclare pour nous, lui répondit le capitaine, marche! marche I

Un quart d'heure après, ils étaient sur la route, hors de tout danger.

Alors le capitaine fit sortir de ses lèvres un sifflement doux et prolongé, qui fut à l'iastant même répété de distance en distance et enveloppa bientôt le château de l'Aigle en entier. Des ombres, qui semblaient sortir de dessous terre, parurent de tous côtés et vinrent se ranger autour d'eux, tantôt s''élançant d'un bond du haut d'un rocher sur lequel elles avaient été aperçues, tantôt rasant la terre et se glissant comme une vapeur vers le centre qui les ralliait.

Après quelques minutes d'altente :

— Sommes-nous au complet? demanda tout bas le capitaine.

— Non, capitaine, répondit une voix, Klinkanno et le lieutenant Piile-Muguet sont allés se poster sur la grande roche avec... vous sa-

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