SCÈNE V
AMÉLIE, WILHELMINE, entrant avec
une couronne de fleurs à la main.
AMÉLIE
Vous avez deviné mon goût, ma chère Wilhelmine... c'est la couleur qui me va le mieux ; puisque vous voulez bien avoir cette complaisance... placez cette couronne dans mes cheveux... en diadème... vous savez?...
WILHELMINE
Oui, mademoiselle.
AMÉLIE
Mais, comme vous voilà triste et pensive... je parie deviner ce qui vous chagrine ainsi... M. Muller veut vous emmener avec lui... et vous préférez rester avec moi... Rassurez-vous, Wilhclmine, nous lui Terons entendre raison...
WILUELMINE.
Votre amitié m'est bien précieuse, mademoiselle, mais je dois renoncer au bonheur de vivre auprès de vous... je veux me consacrer aux vieux jours du bon M. Muller. .
AMÉLIE
Puisqu'il est si bon , comment avez-vous eu la pensée de le quitter?
WILHELMINE
Oh ! cela est un secret que je ne pouvais dire qu'à lui.
AMÉLIE
Je ne vous le demande pas... et je n'insisterai pas davantage... Moi, qui comptais vous présenter à mon mari, comme une amie... une sœur!... Ah! prenez donc garde!... dans votre distraction vous m'avez enfoncé une épingle dans la tète...
WILHELMINE
Pardon!... oh! pardon... mais j'étais préoccupée...
AMÉLIE
En vérité, je ne vous lonçois pas... vous, qui ces jours derniers étiez encore si gaie... si heureuse de mon prochain bonheur... Depuis l'arrivée de mon père, vous n'avez plus paru au salon... et je suis siire que vous n'avez pas encore vu mon fiancé... Il est si bien... si distingué... (Avec un cri.) Ah !.. que vous êtes maladroite aujourd'hui... Laissez cette couronne... je saurai me passer de vous...
WILHELMINE
Pardon, mademoiselle... mais si vous saviez... (On entend une voiture.) UN VALET , entrant.
Mademoiselle... monsieur votre père, et monsieur le comte de Falbourg, rentrent à l'hôtel.
WILHELMINE, à part.
Gustave!... grand Dieu!... Évitons ses regards! (Elle sort vivement.)
oooeoeoesAeeeeesooeâoeeoooeoooeeeeooooutMocecoeoeooeooâoeo