SCÈNE VI
GUSTAVE, WILHELMINE, rentrant par la gauche.
WILHELMINE, à part.
M. Muller est averti... me voilà plus tranquille.
GCSTAVE.
Wilhelminel...
WILHELMINE
Je vous ai fait attendre, mon ami, pardon!
GUSTAVE
Wilhelmine, Wilhelmine...
WILHELMINE
Gustave...
GUSTAVE
Écoule, oh! écoule!... J'allais t'abandonner ! Wilhelmine!... Ne cherche point à pallier mes torts... je te croyais bien loin de moi. Insolent et fier, je cherchais à bannir ton image de ma pensée, et quand je suis redescendu dans ma misère , c'est loi. toi seule que j'ai trouvée près de mon lit de douleur... Oh ! Wilhelmine, comme tu l'es vengée !
WILHELMINE
Ainsi, Gustave, tu consens à revenir chez le bon M. Muller.
GUSTAVE
Chez Muller! jamais... oh! jamais. Qu'avonsnous besoin de lui... j'ai trouvé de ce faux diamant, trois mille florins.
WILHELMINE
Trois mille florins !
GUSTAVE
C'est la fortune de l'ouvrier laborieux, n'est-ce pas? Je suis jeune, je travaillerai... je travaillerai avec courage, car lu seras là... toujours la ! Wilhelmine !... ma femme, que dis-tu de ce projet?
WILHELMINE
Oh! Gustave! mon ami, ne me trompes-tu pas?... ne l'abuses-tu pas loi-même?... es-tu bien revenu à la pauvre Wilhelmine?... Oh! si ce n'était qu'une vaine espérance, s'il me fallait te perdre encore... j'en mourrais, vois-tu !
GUSTAVE
Non, non... à toi, à toi seule pour toujours !... et avec toi le bonheur!... Mais, pour qu'il ne nous échappe pas, tiens !... prends ce diamant, et portele à cette adresse... un généreux marchand te donnera en échange trois mille florins!... Mais hâtetoi... si ce lapidaire quittait Nuremberg avant ton arrivée, tout espoir de bonheur serait perdu ! WILHELMINE, lisant l'adresse.
« A monsieur Zambulanti, hôtel du Grand-Elec- » leur, faubourg de Munich. » (A part.) Zambulanti!... (Haut.) Mais, Gustavp, a>ant tout, si nous • onsultionsM. Mulici ?
GUSTAVE
Muller!... Muller!... oh ! non!... son nom seul gufljt pour altérer ma raison.
WILHELMINE
Gustave! tu juges bien mal notre vénérable ami... Si tu savais comme il nous aime, malgré les torts que nous avons eus envers lui I
GUSTAVE
Je ne veux ni de sa tendresse, ni de sa pitié !... Je me suis résigné à mon sort... tu es à moi... je suis plus riche que lui. Va, cours vendre ce diamant, et de là rends-toi aux voitures de France... pour arrêter deux places pour Baden. C'est à Paris qu'il faut aller. Là le travail ne manque jamais à l'homme qui le cherche, et qui veut réellement le trouver.
WILHELMINE
Je te suivrai partout, Gustave ! je suis si heureuse à présent.
GUSTAVE
Hâte-toi donc!... Mais surtout garde-toi bien d'aller chez Muller !
(Heldinger paraît par la droite.)
WILHELMINE
Ciel! M. Ueldinger!...
Lui!... lui!...