ACTE II, SCÈNE XII
ZAMBUI.ANTI , embanassé.
C'est fort bien!., mais je n'ai qu'une pa'-olc... je suis engagé avec ma belle Sémiramide... et l'honneur!..
MCLLEB.
L'honneur!.. Zambulanti, vous êtes un fripon!
ZAMBCLANTI.
Monsieur MuUcr!.. voilà une expression douteuse.
IWULLER.
Nous sommes seuls!.. Je vais m'expliquer franchement. Vous avez vu , comme moi , que ce diamant était d'une haute valeur... mais vous avez dit, comme moi, qu'il ne valait que cent florins , pour en faire l'acquisition à vil prix.
ZAMBCLANTI.
Vous raisonnez dans la supposition où le diamant serait véritable... 'ce (^pi est impossible !
MCLLER.
Tranchons la discussion , faux ou vrai , je vous en offre cinquante raille florins.
ZAMBULANTI.
Cinquante mille florins!.. Monsieur Muller, vous n'êtes pas raisonnable. Si le diamant est faux , il ne vaut pas cela... s'il est vrai, par un hasard extraordinaire , il vaut au moins trois millions ! et e pourrais exiger moitié... mais, comme je vous estime, et que je veux faire des affaires avec vous... je vous céderai mon marché pour un demi-million...
MULLEK , s'emporlant.
L'infâme !.. (A part.) Modérons-nous , et conservons le reste à ces pauvres enfans... Leur partage est encore assez beau... (Haut.) Zambulanti, votre conduite envers un confrère est peu loyale... Aller sur mes brisées, pour m'enlever une affaire superbe !.. Cela ne se fait pas dans le commerce... Les loups ne se mangent pas entre eux...
ZAMBCLANTI , avec un rire sardonique.
Les loups, non !.. mais les renards !... (Il passe à gauche.)
MCLLEU , le retenant.
Ma signature vous parait-elle valable ?
C'est de l'or en barre !
MULLER
Je vais vous faire un bon de deux cent cinquante mille florins., payable à vue, à la banque de Vienne... allons, venez.
ZAMBULANTI.
OÙ cela?...
MULLEU.
Chez TOUS, pour terminer.
ZAxMUULANTI , à part.
Ah! diable! (lîaui.) Impossible, demain, si TOUS voulez.
MULLEU.
Pourquoi pas tout de suite?
ZAMBULANTI.
Impossible , vous dis-je ! le diamant n'est pas che moi... je l'ai laissé en main tierce.
LE BIAM.■,.^T.
«■;*vs
MULLER
Allons donc ! il n'y a pas un quart d'heure que Gustave vous l'a fait porter... chez vous...
ZAMBCLANTI.
Comment... chez moi !
MULLER
Je sais tout , vous dis-je , et de la bouche même de Gustave.
ZAMBCLANTI , à part.
Il l'a fait remettre chez moi!... mon commis l'aurait reçu ! .. . quel bonheur !
MULLER
Hésiteriez-vous encore?...
ZAMBULANTI.
Non !... oh! non!... mais... je réfléchis.
MULLER
Comment?
ZAMBCLANTI.
Oui!... Il paraît décidément que le diamant est véritable... et, dans ce cas... je ne puis accepter... MULLER , bas.
Vous ne pouvez... Savez-vous, Zambulanti, qu'il y a dans notre Forêt-Noire des brigands qui le son moins que vous!...
ZAMBULANTI.
Confrère!... des plaisanteries ne sont pas des raisons... je me contente d'un million, c'est bien raisonnable.
MULLER
Et si je vous fais arrêter !...
Me faire arrêter!... Et pourquoi ? tout le monde sait que j'étais là quand vous avez déclaré que le diamant était faux ! J'ai donc acheté loyalement un diamant faux... je l'ai payé de même... et j'ai encore offert une prime qui sera loyalement acquittée. Où donc est nion crime ?
MULLER , à part.
lia raison... il s'arrange toujours de manière à n'avoir aucun tort!... (Haut.) Zambulanti, tu auras un million. Mais, corbleu!... celui-là, je le regretterai toute ma vie !... (Il va pour sortir.) ZAMBULANTI , SB frottant les mains.
C'est fort bien!... cette fois-ci je n'aurai pas perdu mon voyage.
MULLEK.
Allons... venez-vous ?...
Z.AMBCLANTI.
Tout à vous...
SCÈÎSE XII.
Les Mêmes, WILHELMINE, qui entre précipitamment par la gauche.
WILHELMINE
Ah! monsieur Muller!... Heureusement, Gustave n'est pas là!... (S'approchani.) Monsieur Muller...
MULLER
Ah! le voilà, mon enfant... Je suis à toi dans
la minute... laisse-moi terminer avec monsieur qui ittend.
WILHELMINE
De grâce , monsieur Muller... il faut que je vous parle avant que Gustave ne vienne.'
MDLLER.
Qu'est-ce donc?...
WILHELMINE
Je viens de chez vous... il me l'avait défendu... Le croiriez-vous... il est toujours jaloux... mais je me suis souvenu que vous m'aviez fait une défense aussi.
MDLLER.
Achève !... monsieur attend !
ZAMBULANTI , à part.
Que lui dit-elle?..
WILHELMINE
Gustave m'a envoyé vendre son diamant à monsieur Zambulanti... mais , comme vous m'aviez dit : veille sur ce faux diamant... et ne le perds jamais de vue...
MULLER
Eh! bien?...
WILHELMINE
Malgré ses ordres... malgré mes promesses, monsieur Muller, je ne voulais pas le vendre sans vous consulter...
MLLLER.
Mais le diamant , Wilhelmine , le diamant !
WILHELMINE , naïvement.
Il ne faut pas le dire encore à Gustave... Le voilà!...
MCLLER.
ZAMBULANTI.
MULLER
Oili! c'est bien lui!., c'est bien lui... (L'embrassant avec effusion.) Ah! Wilhelmine!... Wilhelmine!
ZA.MBGLANTI.
Je suis ruiné !..
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