‹ Le Dichloro-Diphényl-Trichlorométhyl-méthane: Son utilisation en Médecine VétérinaireChapitre 13 sur 39 · RAR · texte numérisé non relu

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Ja proportion de 0,1 PR De DT pur donne la

mort à des rats et des cobayes en 18 à 25 jours; à

0,05 % ces animaux survivent trois mois mais leur croissance est troublée. Des lapins ne résistent pas à 300 milligrammes par kilogramme répétés plusieurs jours.

Orr et Morr ont observé, chez la vache, des tremblements accentués, suivis d”’ hyperexcitabilité, et la mort, après quelques jours d’ingestion de 100 à 200 milligranmes par kilogramme et par jour de D. D.T. desséché.

NELSON note hyperexcitabilité et tremblements chez des poules qui ont reçu, pendant 6 à 10 jours,

dans leur nourriture : 0,05 % à 0,10 % de D. D. T. __ SMITH et STOHLMAN relèvent chez le chat, de la rigidité et des contractions musculaires, surtout de la tête et du cou, qui peuvent persister plusieurs jours, après une simple dose. Chez cet änimal, l’effet cumulatif est particulièrement marqué.

Orr et Morr ont administré à des vaches, des chevaux et des moutons, pendant une semaine, 100 milligrammes de D. D. T. en poudre par kilogramme et par jour; pendant les deux semaines suivantes, 200 milligrammes par jour. Les animaux ne moururent pas et présentèrent des symptômes extérieurs peu marqués. Chez le mouton, ils purent arriver à une simple dose massive de 2 grammes par kilogramme sans aucun inconvénient.

VAz rapporte que, à la dose de 100 milligrammes par kilogramme et par jour, un chien est empoisonné

au bout de trois semaines.

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L'homme tolère, d’après Lormanp, 770 milligram-

mes de D. D. T. pur en solution dans l’huile d’olive,

à simple dose, soit 11 milligrammes par kilogramme. Selon le Docteur NEAL, en inhalation, le D. D. T. en poudre provoque des troubles légers chez les pe-

tits animaux de laboratoire qui n’apparaissent chez

le chien qu'après insuflation intranasale de fortes ‘doses.

Absorption. — Pour connaître le mécanisme de l’intoxieation par le « D. D. T. », Smrrx et .SroxL- MANN ont étudié Pabsorption et la répartition des éléments de ce produit dans l’organisme. De leurs travaux, il résulte que l’absorption de la forme poudre à travers les villosités intestinales est variable mais toujours faible. Elle est Jiée à la richesse en lipides de l’alimentation. Dans l’huile, au contraire, 50 à 95 % du D. D. T. administré est absorbé; la toxicité en est, par conséquent, plus marquée. Le même phénomène se produit pour les application cutanées, les poudres et suspensions aqueu-

ses étant très mal absorbées par la peau alors qu’en

solution huileuse on peut constater toutes les manifestations de la toxicité. Le cas, signalé par DraA1zE, NELSON et CALVERY, de troubles survenus sur des lapins, des rats et des cobayes à la suite d’onctions quotidiennes de 0,5 c.c. d’une solution huileuse à 30 % : soit 150 milligrammes de D. D. T., par kilogramme de poids vif est typique à ce sujet. Quant à la répartition dans l’organisme, le D. D. T. a été trouvé dans tous les tissus examinés et dans

su fécès, à avec une concentration plus grande dans

; c bile et les tissus graisseux. D Re Le :

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Elimination. — L'ébuinitios Loale a D. D. 1 duo par un organisme est très lente. On a pu

en retrouver dans les tissus quinze jours après une seule administration, c’est ce qui explique des effets

cumulatifs tels, que des lapins ont succombé du huitième au dix-huitième jour d’administration quotidienne du 1/20° de la dose minimum létale.

On retrouve dans les fécès d’un lapin de 5 à 50 F d’une simple dose administrée en excipient huileux ce qui représente à la fois le D. D. T. non absorbé

par l'intestin, et celui excrété dans la bile et le tube

digestif. Le reste maintenu dans les tissus, est décomposé en partie en « dichlorodiphényl-acétieacid » (D. D. A.) et en deux autres composés, ét

éliminé lentement par l'urine jusqu’au dixième

jour. OFNER et CALVERY ont trouvé dans tous les tissus et dans l’urine : D. D. T. et D: D. A. Il existe un autre mode d’excrétion du D. D. T. qui pourrait être une source d'intoxication pour l’homme et les jeunes animaux : TELFORT a démontré que des chèvres ayant reçu une simple dose buccale de 150 milligrammes par kilogramme donnaient encore, huit jours après, un lait capable de tuer des mouches en 2 h. 30 et des rats en 29 à 31 heures. La crème et, par conséquent, le beurre, sont alors plus toxiques que le lait écrémé, ce qui n’est pas étonnant vu la répartition proportionnelle du D. D. T. dans l’eau

et dans la graisse. Mais, ici, le danger n’est pas grand

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dans les conditions naturelles puisque, pour arriver à l’intoxication du rat dans l’exemple cité, une chèyre: dé trente kilogrammes devrait imgurgiter 4 ia) de D. D. T: pue soit 90 grammes de RO à 9 7:

Die ds De même que Ron est un en tôme commun aux différentes espèces, les lésions hépatiques ne font jamais défaut dans l’intoxication par le D. D. T., comme d’ailleurs dans les intoxications par les autres hydrocarbures à structure simi-

laire comme le chloroforme.

Degrés divers de dégénérescence graisseuse du foie et plages de nécrose de coagulation chez le rat, le chat et le lapin, disent LiLLIE et SMITH. NELSON ajoute: nécrose des muscles striés du lapin et nécrose du myocarde chez le cobaye et le lapin.

Les gros animaux présentent des lésions relativement atténuées. Chez la vache : hémorragie de l’endocarde, dégénérescence graisseuse du foie, parfois atrophie splénique et nécrose miliaire des rnuseles striés. Fe

Cheval : Hémorragies de l’endocarde et de la muqueuse stomaccale, reins friables et congestionnés.

Mouton : Hémorragies intestinales des valvules cardiaques, nécrose centrale du foie; ces lésions ont été relevées par ORR et Morr.

Les lésions microscopiques du système nerv:ux ne sont pas en rapport avec les symptômes correspondants, elles sont introuvables chez la poule; si-

enale NELSON; chez le cheval, la vache et le mou-

os

ton, Orr et Morr ont noté seulement la vacuolisation de grosses cellules nerveuses du système nerveux central et des gros nerfs périphériques chez le

chat, le rat et le lapin.

Antidotes. — SMiTH et STOHLMAN recommandent comme antidote de ces intoxications l’urethane et le dilantin. Le gluconate de calcium en solution à 10 % en injections intraveineuses ainsi que le borogluconate de calcium, ont aussi été signalés pour di-

minuer les convulsions.

Conclusion. — Il est done un fait acquis que le D. D. T. est un produit toxique. Mais peut-on qualifier de dangereux au même titre que la strychnine et les cyanures, où les acides et bases caustiques que l’on ne peut utiliser qu'avec beaucoup de prudence, un produit qui n’est ni un produit caustique, ni un principe irritant, et que sous des formes et des concentrations variées, nous avons pu mettre au contact de téguments parfois irrités, et de toutes les muqueuses externes d'organismes animaux, y Compris celles de l’œil, sans même constater une bénigne conjonctivite ?

Les risques de son emploi dans les conditions pratiques ? Un rapport de |? « Industrial Hygiene Division, .U. $. Public Health Service » nous le défnit : « Avant l’emploi du produit par le personnel de l’armée, des tests importants de faits biologiques furent exécutés : aucun empoisonnement (n’a été constaté aux Etats-Unis. Plus de 2.000.000 de personnes furent alors exposées au D. D. T, dans son

-emploi, par l’armée, contre les maladies causées par

les insectes, aucun cas d’empoisonnement n’a été connu. On ne signale d’ailleurs aucun accident toxique au cours de l’hiver 1943-1944 où 3. 265.784 saupoudrages contrôlés furent opérés sur des humains avec une poudre à 10 % de D. D. T. dans la ville de Naples et ses alentours. |

Le Docteur NEAL signale que des animaux maintenus dans une salle dont l'atmosphère contenait plusieurs fois la concentration recommandée pour

des pulvérisations insecticides, n’ont présenté aucun troubles. si

= Quant à nous, sur une échelle plus modeste, sur quelque 50 animaux traités, nous avons observé seulement une diminution passagère de l’appétit, imputable au D. D. T. sur un chat dont la tête, le cou et les membres antérieurs avaient été traités avec du D. D. T. en excipient gras, et qui selon l’habitude chère à ces animaux, s'était consciencieusement léché (Observation n° VI).

Rappelons pour terminer, que pour tuer un chien de 20 kilogrammes, il faudrait lui administrer 2 gr. par jour de produit pur, soit 40 grammes de poudre à 5 % et ceci pendant au moins trois semaines.

La conclusion qui s’impose est donc que, pour s’assurer au maximum les garanties de sécurité, des précautions élémentaires sont indiquées. Elles s’adressent à l’opérateur qui doit éloigner le produit des enfants, ne pas souiller les aliments de ses patients, éviter les inhalations de brouillards huileux

de pulvérisation.

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Les solutions a ou pommadés dont nous

avons constaté Les avantages du point de vue de l’ef-

ficacité, offrent le double danger d’être absorbées et par la peau et par la muqueuse intestinale dans

le cas de léchage; aussi conseillons-nous de ne pas les utiliser à une concentration supérieure 4-0. D,

et seulement par fractions du corps et en utilisant

de préférence un appareil de contention (carcan chez le chien) supprimant le léchage. ‘ Quant à la forme poudre, elle ne présente à notre avis aucun danger pour les animaux à moins que la peau ne soit déjà fortement imprégnée de corps

gras. ;

De toute hicon on ne doit pas attribuer, à la lé-

gère, au produit actif, des désordres qui sont souvent produits par un solvant irritant manié sans précaution : le pétrole par exemple.

\ IT. ToxICITÉ POUR LES ABEILLES.

La sensibilité des abeilles à l’action des insecticides de synthèse a été étudiée en particulier par le Professeur GUILHON. Pour ce qui nous intéresse dans ses recherches nous relèverons les détails suivants :

Après un contact de une minute avec 5 milligrammes d’insecticide, soit du D. D. T. pur cristallisé, soit du Gésarol à 3 %, des abeilles qui étaient aussitôt replacées dans des conditions atmosphériques normales entraînaient avec leurs poils un milli-

gramme de produit pur ou 3/100° de milligramme

is

du principe actif lorsque celui-ci était incorporé au

mélange pulvérulent, et succombaïent quelques heu-

res après.

Etudiés avec précision, les signes d’intoxication

se succédaient comme suit :

Relever Paralysie Mort Mort impossible des pattes apparente réelle

D. D, T. pur 1h26 3h11 3h54 4h.% Gésarol ee 1h53 2h33 3h57: 6'h:OI Témoin... : 3h.51: 4h.15-4h/46 6h 63

Reproduits à des températures de 25 et 35° se rapprochant de celles de l’époque de grande miellée, les symptômes apparaissent plus tôt et s’aggravent plus rapidement. fe “+

À 35°: | Mort apparente : 1 heure. Mort réelle : 1 h. 57.

Il n’y a donc aucun doute sur la toxicité dans les conditions naturelles. [l est évident qu’en butinant däns des régions où la végétation aura été traitée au D. D. T,, les abeilles prendront aisément les 3/100° de milligramme de produit pur capable de les intoxiquer. Plusieurs modalités pourront alors se présenter : si l’abeille est alors très loin de la ruche, la première paralysie empêchera son retour et elle sera perdue.

Mais si elle peut rentrer, la perte pourra être beaucoup plus grave : le miel dégurgité souillera

les provisions de la ruche. De même le pollen rap-

Re

porté intoxiquera le couvain: qui en est le gros ne sommateur et les nourrices qui préparent la bouil-

lie. HERMANN signale une autre source d’empoisonnement par l’eau qui séjourne sur les plantes traitées portant en suspension des traces de D. D. T.

En présence de ces dangers, les apiculteurs amé-.

ricains affolés devant l’emploi sans cesse croissant en agriculture, horticulture et aboriculture du dangereux insecticide, ont demandé aux usagers du D.D.T.

de bien vouloir prendre quelques précautions sans | lesquelles leur cheptel serait irrémédiablement décimé : ss Ne pas traiter pendant la floraison;

Couper toutes les mauvaises herbes en fleurs avant le traitement;

Ne pas arroser les haies en fleurs avec les bouillies insecticides;

Ne pas employer les insecticides en poudre pendant les journées de grand vent.

Ces précautions se sont révélées inapplicables : pour une même espèce d’arbre, par exemple, la floraison s'étale parfois sur une trop longue période pendant laquelle le traitement est souvent mdiqué; elles sont de plus insuffisantes car il y aura toujours à proximité des plantes traitées, d’autres plantes souillées sur lesquelles les abeilles iront collecter leur eau, ou des fleurs sur lesquelles elles iront butiner. D’autre part, un produit à effet résiduel comme le D. D. T. employé quinze jours à trois mois avant la floraison, intoxiquera encore les abeilles lorsque celle-ci se produira.

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