‹ Le Dict. des jardiniersChapitre 5 sur 7 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

I Quand Jupiter par son divin pouvoir Délibéra en son hault concepvoir De compasser la mondaync machine Luy qui tout scait et qui tout peult prévoir

5 Comme celuy qui a le prescavoir Et nuyt opacque esclayre et illumine Tout aussi clcr que souleil et verrinc En desseurant de ténèbre 1 habismc Les éléments et matière confuse

10 11 proposa par hault sens qui domine De deschasser de cahos la bruyne Et impartir sa digne grâce infuse

Comme debvons par escript recepvoir Les éléments que des yculx pouvions veoir 15 Trestous, ainsi quOvide le désigne (i),

Estoyent en masse et ne pouvoient mouvoir Mais en montrant son merveilleux scavoir Les sépara par oeuvre fort insigne Et leur donna forme très noble et digne

(i) Ante mare et tellus et quod tegit omnla cœlam. Unus erat toto natunc vultus in orbe, Quem dixere Chaos, rudis indigestaque moles, Nec quidquam nisi pondus iners, congestaquc eodem Non bene junctarum discordia semina rerum...

(Ovide : Les Métamorphoses, livre I"', v. 5-9, etc.)

20 Ou desclayra sa clémence bénigne En exaltant le doulx son de sa muse Dont enchâssa la ténébreuse ruync

23 à 40 environ (déchirure).

41 rje suys nature gentille

42 Par le en moy repose

43 Terre de [pr] oprieté

44 à 64 environ (déchirure).

65 Tant que tout [crée] et leur valeur compose

Puys les expose en leur maturité Fertilité profit stérilité Divers destin sellon le temps je donne Par divin cours qui mes effaicts ordonne

70 Dedant la mer sus poissons et ballaynes Et cirrenes jay domination Xeptune gist sous nos valleurs haultaines D eau les veines tiens en subiection Triton luyton (i) quen mer faict mansion

75 Par action je produys et conserve

CE QUEST CREE FAULT QUA NATl.RE SERVE

Par ^dejsus les monts des orcades Je fois croistre pins et sappins Et par les verds bois des driades 8ù Grouseillers sehuz (>) aubespins Pommelettes pourtants pépins Et maints herbaiges savoureux Pour repaistre connils lappins Fouynes jeunettes (2) cscuyrieux

(i) Luytin r lutin.

(2) Ou jcnncttes.

85 De deux beaux monts que je gouverne

[Jay] pieca produyctc une [fleur }]

Que prudence tient [et gouverne ?]

Et la régit par grand doulceur

Ellest de si noble valleur 90 Que tout noble cueur la désire

De bon heur sera possesseur

Celluy qucn pourra estrc sire.

En ces deux nobles monts icy Francs jardiniers prengnent leur voyc 95 Pour les cultiver sans soucy Et en cueyllir le fruyt a joye Ils sont du pays de Savoye Gecter men en vois {vais) mon regard Et affin que chescung les voye 100 Cest Montfalcon et Mont Vaigniard

De ces deux monts jay procréée La fleur vermeille jeune et tendre Qui dune bonne plante est née Très noble ainsy le fault entendre 105 Sur elle ny a que reprendre Veu que prudence la régit En ce lieu me vois (vais) sans attendre Pour scavoir comment elle gist.

[Elle sort.]

Le Tambourin sonne et lors dame Prudence estant vers les dits monts auprès de la Rose, accoiiltree bien honnestement sans pompe ; finy le son du tambourin parlera en ceste fasson.

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