‹ Le Dict. des jardiniersChapitre 6 sur 7 · PRUDENCE · texte numérisé non relu

PRUDENCE

Ballade En hault manoir et mansion cocticque (i

iio Ou tout se faict par digne concurrence Tout en dcspit de fol serpent inicque Non en fasson quest un corps fantastique Mays tout ainsy quouvraige dexcellence Née je suys par divine apparence

1 1 5 Du sainct cerveau de mon père et régent Dict Jupiter très noble et diligent A conserver ce quen moy a produyt Plus digne suys que nul or ou argent Car en tout temps mes effaicts je conduyt

120 Prudence ay xo.m vertu très magniflîcque De la pensée ou je fois résidence Qui par eiïaict somptueux auctenticque Toutes choses qua cogiter mapplicque Par la raison je reduys sans doubtance

125 Par la norme de très juste ordonnance Et ne fois rien qui ne soyt bel et gent Louable et bon au dict de toute gent Mon père et dieu a tels biens me reduyt Dont mon loz est par vertu resfulgent

1 30 Car en tout temps mes etïaicts il conduyt

Avec moy sont en soûlas pacilicque Docilité raison et providence Entendement cautcUe non inicque Pareillement dung advis politicque 135 Faict circunspect sans effréné licence

(1) Gothique.

Ce que je foys que je dis que je pense Vient du hault bien qui de moy nest exempt Equiparer ny fault or ou argent Tout se perist ma seulle vertu bruyt 140 De luv me vient le passe le présent

Lenvoy

Prince parfaict a qui tout est sergent Dont tout scavoir et science provient (1) A mys en mov ung llambeau qui rcluyt Pour addresser parrent (?) et son agent 145 Car en tout temps mes effaitcs il conduyt.

Prudence continue] Or suys je celle quay reduyt De bien peu a très haulte somme Soy tenant soubs mon sauf conduyt Le'tres hault empire de Rhomme 1 50 Luy faisant pourtcr ronde pomme {2) Fleurir triumphcr et reluyre Tant que partout on le renomme Qui bien veult les chronicques lire

Le royaulme de Macedoyne 1 5 5 Le grand empire des Persans Par moy a este faict ydoyne De soubmarcher les plus puyssants Les Scvthes en valleurs croissants Jav fait triumphcr sur Cirus

(t) Apollon :- le duc de Savoie } ou François \" si la picce est postérieure à 1536.

(2) Le globe du monde.

i6o Maints povres peuples languissants Par moy ont este remis sus

Par moy ce très preux Arbacus Militant sous mes estandards Deschassa Sardanapalus 165 Et mist en fouyte ses souldards JuUes César tous les hedards ( i ) Qui contre luy firent effort Reduyst en si piteux asards Quil en demeurast le plus fort

170 Ilannibal pendant que de moy

Il tinst la règle et la doctrine

Je le fey vivre sans esmoy

En renommée discipline

Mais des ce quil prinst en sarsine (2) 175 Ma contraire et me deslaissa

Scipion le mist en ruyne

Et tout son pouvoir effaça

Qui feist donc a Julles César Avoir le prix sur tant de gens ?

180 Au vray dire ce feut mo}^ car Ses faicts ne furent négligents Il avoit valets et sergens Or avoir et grosse puyssancc Cappitaynes ducs et regens

185 Mais rien ny faict tant que prudence

Ainsi donc que par mon moyen Lon se conduyt honnestement

(i) Pour aidars.

(2) Saisine ?

Je suys la cause de tout bien Et de tout bon commancement 190 Ce que jay en gouvernement Ne peult jamais péricliter Ains le voit on esvidemment Croistre fleurir et proufflter

Elle (Prudence) montre (es dits monts.

Nature des deux monts yci 195 A produyte la noble fleur

Que jay en garde sans nul sy (sic)

Pour préserver sa grand doulccur

Ellest maintenant en vallcur

Pour délie cueillir le doulx fruyt 200 Ella beaulte bonté couleur

De la veoir cest un grand desdayt.

Le lamborain sonne lors comme avant le teralogue des jardiniers et premièrement estant un petit loing des aultres deux parleurs, Loyal désir, premier jardinier, si dist.

Loyal désir, jardinier Sus bout sus bout quon se réveille Très nobles jardiniers dhonneur

Franc vouloir, jardinier Garde n'avez que plus sommeille Loyal desir 205 Sus bout sus bout quon se réveille Coeur valleureux, jardinier Aussi toust que jour quon mappellc Je chante dessins et teneur

Loyal désir Sus bout sus bout quon se réveille Très nobles jardiniers dhonneur

F'ranc vouloir, comme par admiration

2 10 Mays qui est ce gentil seigneur Si dcsliberé si très gay

COEUR VALLEUREUX

Voyre

Loyal désir, comme en gaiidissant Quy r vostre serviteur Plus joyeulx quung verd papegay 215 Qui ressemble le mois de may Frisque et joly en la saison Exploitant la charge que jay Dung cueur de hoc ? sans marrison

Fran'c vouloir Vêla ung vertueux Jason 220 Qui bien scait jouer du rebec Mais est il prompt a il bon bec Point na dourmy a la gclee

Coeur valleureux Sa science nest pas celée Il nous montre bien ce quil scayt

Loyal desir. en parlant d\TSseîirance

225 Or mes frères a peu de plait Veuillez mes propos cscouter Si venu vous suys visiter Nen ayez point de dcsplaysance Car bien ay de vous congnoissance

230 Et estes mes pruchains parants Et si sont les cas apparents Que sans moy ne pouvez rien faire Pourquoy pour vous cuydcr complaire Je vous suis venu adnuncer

235 Chose quest pour nous advancer

Tous trois si vous me voulez croyre.

Eraxc vouloir Mais commant >

Lovai, desir

Cest ' bien] tout notoyre Que par loyalle geniture 240 A produyt madame nature

En ung jardin faict de deux monts Une fleur ou je vous semonds Pour avoir délie le regard Ellest du lieu du mont Vaignard 245 Du droit couste cella scait on

Coeur vali.eureux Et de laultrc

Loyal desir de Montfalcon Coeur valleureux De Montfalcon >

Loyal desir

Oui sans faulte Ces deux monts sont de vallcur haulte De long temps si bien cultivez 250 Que bons fruictz en sont dérivez

Par la semence quest si noble Que dici a Constantinoble (sic) Xe sen trouveroyent plus gentilz

Coeur valleureux Daouyr ces propoz si subtilz 255 Me treuve joyeulx a merveille Ny le poisson quen la mer veille Nest plus remuant que je suys Car tes propos doulx et rassis Mont desia mys le cœur aux champs

Franc vouloir 260 Mon amy or poursuys tes chants Et nous desclaire la noblesse De ces monts et la gentillesse Dont la noble fleur est sourtie Et ayns que faisons despartie 265 Nous userons de ton conseil

Loyal désir, meuremcnt

Pour mectre noblesse en réveil

Nature en ouvrière saige

Disposa par rassis couraige

Pour a ses faictz soy recréer 270 Na (>) par grand mont de procréer

Par semence très convenable

Une fleur de vertu louable

Affîn délie multiplier

Aultrcs fleurs et les alier 275 A ung très bon plant prouflîtablc

Et pour la faire plus notable

Sachant que dung très bon terraige

Scroit de meilleur cuUivaige

Du terroir des deux montz fertiles

280 Nobles prouftltables utillcs Elle compassa sa matière Tant quelle souriant très entière A desmontré telle apparence Quores on voit lexperience •

285 De la bonté de sa nature Car au pais na créature Qui ne la renomme et la prise Veheu quen bonté y est comprise Doulceur beaulte goust et saveur

290 Récréation et odeur

Et tout ce que porte soûlas De Ihomme et aussy ses hesbas Un tirant fruyt de la racine Peult estrc convenable et digne

295 Par ainsy doibt le Franc vouloir Mectre tout aultre a nonchalloir Et le CuEURVALLEURELx choisir Sa fleur par un Loyal désir Pour la nourrir en son jardin

300 Veheu que cest un fruyt très begnin Dont aultre peut multiplier

Franc vouloir

Mon frère je te veulx prier Par ta bonté que tu me dises De ces deux monts que tant tu prises 305 La valleur comme la promis Car ja nous a ad ce remis Qua toy nous tenons sans azard

LOYAI. DESIR

Nature voyant mont A'aignard P'ort bien dispoz sans plus tarder

310 Pour fruyt produvre et engendrer Considérant a ladvantaige Que pour faire au beau jardinaigc Si a un terroir fructueux Et en sa valleur vertueux

315 II se mesloit par alliance

Son fruyt seroit dune excellence En sa noblesse plus parfaict Elle a pour montrer son effaict Allié ce mont agréable

,320 A Montfalcon le très louable

.Mcslant les deux terroirs ensemble Si a faict ainsi que me semble Un chief doeuvre en son action Car de cette conjunction

325 Et humidité radicalle

Est sourtic la fleur loyalle Dont a présent foys mention

Coeur valleureux Quels montz >

Franc voui.ùir

Jay délectation Descouter son propos scavant 330 Ou il se montre poursuyvant .Matière très fort excellente

LOVAU DESIR

La noblesse nesl pas récente

De ces deux monlz desquculx devise

Car Montfalcon par noble guise 335 Passez sont plus de ij"' ans (i) Alors que Rhomains triumphantz Estoycnt en bruyt il avoit nom Et prinst ailleurs le surnom A luy convenable et propice

Coeur valleureux

340 Et comment >

Loyal uesir Pour un bon auspice Tenant de royalle noblesse Car en ce temps que la rudesse Des hommes ne cognoissant dieu Tenoyent sièges en aulcun lieu

345 Visant par conseil modéré Ce quils avoyent délibéré Ils fondoyent chasteaux et bastilles Auxqueulx donnoyent sellon leurs stilles Nom pour auspice confermé

3S0 Qui estoit de tous affermé Et a tout jamais perdurable.

Or advint que par cas sortable Quand Ilannibal le conquérant Alloit parmy la Gaule errant

355 Tenant son chemin droit a Rhomme Passa un chevaliers et homme Par ce pays cy de Savoye Et ainsi quil tenait sa voye Il vinst avec ses compaignies

(i) Deux millf ans.

361J Aux eaux quon nomme Sestercies (i)

Et ores aix. Là comme fade

Du travail il devinst mallade

Si feut contrainct y demeurer

Mais pour sa santé reparer 365 Choysist par délectation

Ung lieu de récréation

Près de la en ung promontoyre

Auquel je scay par tout notoyre

Quen cest endroit il donna nom

Franc vouloir 370 Et quel nom est ce ?-

Loyal desir

.Montfalcon.

Ainsi par auspice imposé

Cest alors quil feut la posé

Luy et ses gens furent daccords

Quung deulx [s'en] sourtiroit dehors 375 Et du nom du premier oyseau

Quil verroit prendroit le chasteau

Ja fondé, et celluy mont, nom,

Or feut veu ung noble faulcon

Voler par dessus le pourpris 380 Duquel a Montfalcon nom pris

En cecy na ne si ny O.

(i) Aqiix Sesterlix et mieux Sextix. Ce nom donné parfois à Aix en Savoie (Aquœ, Aqux Gralianx, Aqux Domitianx) appartient à Aix en Provence. L'emploi du mot Sexties n'aurait donné au vers que sept syllabes.

COELR VALLEURELX

Le nom du seigneur >

Loyal désir

Cubrio (i) Ung chief de l'armée liannibal Mieulx frappant darmes que Tubal 385 Ne feist oncques de ses marteaux Car il feust entre tous vassaulx Renomme par sa grand prouesse

Franc vouloir

Et que devint il >

Loyal désir La détresse

Du mal le contraignist si fort 390 Qu'il passa de vie par mort

Laissant son filz premier tenus

Cubrius Octavianus

Rendant debvoir de bon enfant

A son père [mort?] triumphant 395 Car il feit sus sa sépulture

Sculper (sic) dessus la pierre dure

Epitaphes très excellentz

Et dictiers encor apparentz

Par le jor dhuy. Je les ay veuz 400 Na pas long temps et apperceuz

En une tour bien estouffée (2)

(1) En marge: C»^r(o auct[eur de] la noble maison de Montfalcon.

(2) La tour des prisonniers au château de Montfalcon. Voir la note A ci-après.

Coeur valleureux Et quoy plus >

Loyal désir

A fleur de trophée Suyvant les anciennes garnies (?) Au dieu Mars il outïrit les armes

405 De son père et luy desdia Puys son genre multiplia Par plusieurs ans en ce pais Car pendant furent descontis Les Penois par vertu Rhommayne

410 Pour quoy de ca feist son domayne De la licence des Rhommains Pour lesqueulx employa ses mains Despuys en maintz faictz valleureux

Coeur valleureux

Monlfalcon tu es bien heureux 415 Dcstrc doue de si haulx biens

Loyal désir

Par cestuyci et ses moyens Dung très vertueux germe et bon Est multiplie Montfalcon En ce noble fruyt que voyons

Eranc vouloir

420 Mon cher frère nous te prions Jecte maintenant ton égard A nous dire de Montvaignard Lentierc noblesse et vallc-ur

Loyal désir

Sans ce que gy porte faveur 425 Je vous diz et vous acteteyne

Montvaignard de noblesse haulteyne

Voyre d'un temps si ancien

Quil nest nul homme terrien

Qui puyst par aulcung assessoirc ^30 Jamais disposer du contrayre

Kt le fruyt si très prouffitable

Que maint prince pieux louable

En a use pour son service ( i )

Car pour ce quil est bon sans vice 4^5 Roys empereurs je vous assie (?)

Nont faict venir jusquen Hongrie

Pour navoir le goust savoureux

Quils ont trouve si vertueux

Que le mont dont il est parti 440 Ont de privilège assourti

Si excellent et si louable

Quil ne sen treuve plus notable

En aultre lieu que jaye este

Or ay je tout au vray compte 445 La noblesse et la precellence

De ces deux monts dhaulte apparence

Dont la noble fleur est sourtie.

Si nous fault faire despartie

Et donner nos coeurs amoureux 450 De ce chemin adventureux

Sur lespoir de prouflit et grâce

(i) Allusion aux trcs longs services de Robert de Montvuagnard en qualité de maître d'hôtel des ducs AmcdéeVIlI et Louis.

Coeur valleureux Avant que partir de la place Mon chier frerc je te supplie Que ta voulente se desplie

45 5 A nous montrer de coeur begnin Le droit sentier et le chemin Ou la noble fleur se repose Car desia mon coeur se dispose En son amour très ardamment

460 Mais scavoir fault premièrement Ton nom sil te vient a plaisir

Loyal désir On mappelle loyal dcsir De quoy Ihomme peult mieulx valoir

Franc vouloir Et Ion mappelle franc vouloir 465 Ung personnage fort heureux

Coeur valleureux Lon me nomme coeur valleureux Je croy que nous sommes tous frères

Loyal désir Pour parfournir tous bons affaires Loyal désir et franc vouloir

470 Coeur valleureux a dire veoir Sont requis estre dung accord Que jamais vicieux discord Ne peult estre la ou nous summes Frères vous estes vaillants hommes

475 Je vous cognois bien de pieca Dont je suis très joyeulx. Or ca

Prenons nos greffes et oultilz Nos coustellets francz et subtilz Nécessaires a fleurs planter 480 A les cultiver et enter

Vers nos jardins deliciculx

A vous faulte du fruyt precieulx

Des deux monts mettons nous en voye

Coeur valleureux

Il me semble que je ne voye 485 Jamais assez toust la fleur digne Que je suppose et ymagine Estre le soûlas de mes yeulx

Franc vouloir . . ,

Or allons tous dung cueur joyeulx Pour gaigner la honneur et pris

Ils vont se perdant. Sonne le ta.mbourln et em CEST espace est VENUE Nciture vers Prudence, si dist

Nature

490 Celluy en tout bien est compris Prudence nymphe 1res louable Vous doint sa grâce prouffitable Vous augmente vos bons plaisirs

Prudence

Dieu accroisse vos francs désirs 495 Dame nature la très saige

Qui vous addresse en ce passaige Maintenant est le cas de dire

Nature

Venue suys ca tout de tire

Sellon ce que le cas lapporte 500 Pour entendre comme se porte

La fleur des deux montz quay créé

Et par mes cffaictz procréé

Car de la veoir Iheure me tarde

Je la rcmys soubz vostre garde 505 Si fault que vous me rendez compte

Prudence Dame en [qui] toute vertu monte Il est vray que mavez remise La fleur que noblesse tant prise Députa nt. pour la gouverner 510 Aussy pour garde me donner Ce que jay faict a mon pouvoir

[Elle la montre]

En ce beau mont la pouvez veoir Qui joinct a laultre quest si près

Xature

Ellcst plus belle que cipres 515 O bon Dieu quelle fleur polie

Fresche délicate et jolye

Blanche dung vermeil coulouré

Celluy qua le mont labouré (i)

Dont si belle fleur est partie 520 Se peult dire en toute partie

Jardinier parfaict sans doubtance

(r) Allusion à Mont l'uagnia. (ensemence), et à sa couleur dorée lors des moissons.

Et croy qucn Italie ou France Nen pourroit avoir ung meilleur

Dame quant ccste noble fleur 525 Vous pouvez choisir tout a Iheure Sa valleur elle sen va meure Les feuilles sont hors du bouton Desia elle a propre jecton Très convenable pour planter 530 Qui pourroit bon fruyt appourtcr Pour ce fault trouver jardinier Qui soit expert en ce mestier Et qui scntende au labouraigc Quappartient a ce jardinaige 535 Et que la fleur luy soit remise Affîn quen amoureuse guise De la fleur face fruyt sourtir

Nature

Ad ce je me veulx consentir

Car bien scay puys que renommée

540 Courra de la fleur extimee Jardiniers se présenteront Devers elle et accoureront De maints bons lieus cest chose vraye Mais je ne veulx que nulle laye

545 Fors celluy quon approuvera Et par ses ditz se montrera Jardinier vertueux et saige.

Si fauldra ouyr le langaige Dung chascung car a la plus part

550 De la dont le bon parler part

Bonnes moeurs ny sont point contraires.

Or despeschez tous ses affaires Je le veulx et si vous en charge

Aulcunement ne me descharge 555 Je feray tout le contenus

Pendant que ces deux dames ont parlé les jardlniers sont venus devant les deux monts, se dist

Loyal desir

Frères or sûmes parvenus Au lieu désiré et louable Ou la noble fleur très notable Preserve[nt] nature et prudence 560 Fayre nous fault la révérence Aux dames par un bon accord

Franc vouloir

De ce ne serons en discord Approchons nous

Coeur valleureux

A la bonne heure Je my en vois (vais) tout dune alleure 565 Et commcnceray le premier

Il FAICT la REVERENCE. Si DIST

Dames dung hault scavoir entier Excellentes nymphes divines De bien et dhonneur le sentier Démonstratrices très bénignes 570 Je salue vos valleurs dignes

Et vostrc grand magnificence Car sur toutes pourtez les signes Davoir rcgnom et eminence.

Franc vo^jloir faisant la révérence

Déesses de divin paraige 575 De chief doeuvre de bien mondain Amies de Ihumain lignaigc Que vous tenez soubs vostre main Dung franc cueur très humble et humain Je vous salue entièrement 580 Car de tout bien je suys certain Voz deux estes le fondement

Loyal désir

Princesses par qui tout est faict Quoncques jamais on voit encroistre Par souverain divin effaict 585 Quen vous ses biens faict apparoistre Mon cueur sans en humblesse croistrc Qui vous vient ores saluer Combien que peu sen peult accroistrc Vostrc haultain pris (prix) tant a louer

Nature 590 Amys qui pour nous hounourer

Estes venus en ces manoirs

Je mercie vos bons vouloirs

De vos saluts grands et menus.

Or soyez vous les biens venus 595 Et vous doint dieu bien et honneur

Pkudexce Le souverain gubernateur

Dont tout soûlas vient et despart Soit a vos effaicts directeur Et vous maintieng-ne de sa part

Nature 600 Or mes amys se dieu vous gard Volontiers je vouldroys scavoir De vous en faisant mon debvoir Que vous estes et que quercz Vers ces deux monts tant honnourez 605 Quavons moy et Prudence a garde

Loyal désir Dame [a nous trois rien ne] regarde Qua tenir dhonneur les sentiers Damour summes les jardiniers Qui ne tendons a auculngs blasmcs 610 Ains summes serviteurs des dames Gardant leur honneur hault et bas

Franc vouloir

Vers vous avons dresses nos pas Sus expoir vous faire service Affin si saison est propice 615 Cultiver dhonneur les jardins

Coeur valleureux

Vcla, dame entend nostre tin Questre ne doibt de nul blasmee Or est il vray que renommée Qui par tout ses sons veult estcndre 620 Nous a faict scavoir et entendre

Qucn ces deux monts tant honorables Tant prises et recommandables

Que vous et Prudence gardez Il y a fruicts recommandez

625 De grand doulceur en nourriture Et pour parfournir ladvcnture Dedans les jardins Ion y treuve Maintes fleurs de notable espreuve Et surtout il y en a une

630 Garnye de noble fourtune Si joyeuse et si délectable Si propice et si agréable Que sur toutes elle a le pris PouRQUOY avons nos chemins pris

635 Par deçà affin de la veoir Et si possible est de lavoir Pour délie trere le doulx fruyct Et la cultiver jour et nuyt Jusques elle ayt jecté semence

640 Et de ma part ad ce (i ) quen pense Si ce bien pouvoys mériter Jay désir de men acquiter Comme jardinier vigoureux

Nature Qucst vostre nom ?

Coeur valleureux

Coeur valleureux 645 Homme dentreprinse entendez

Prudence Et le vostre r

(i) Sic ; pour la troisième fois.

Loyal désir Si regardez Ce que pouvez en moy choisir Il ny a que loyal désir De moy ne se doibt nul douloir

Nature 650 Et vous quavons nom ?

Franc vouloir

Franc vouloir Jardinier dhonncur par franchise

Xaturl Tous trois estes de bonne guise Et vos noms sonnent dignement Car loyal désir sans faintise 655 Se maintient très honnestement Et franc vouloir pareillement Nest aulcunement rigoureux Ains se porte moult ( i) noblement Sil est joinct a cueur valleureux

Coeur valleureux

660 Dame faictes nous si heureux

Que nous monstres la fleur très clere

Par laquelle tout bien jexpere

De la veoir le coeur me saultelle

Je vous en pry dame très belle 665 Car daultre chose nay soucy

(i) Cet adverbe si fréquemment employé dans les chroniques françaises, Test fort rarement en Savoie. La préposition ains (maisi y a été, au contraire, d'un usage fréquent jusque vers la fin du dix-septième siècle.

Nature, en leur monstrant Li fleur Francs jardiniers la vez vous cy Voyez la fleur que demandez Choisissez bien et regardez Cest un chicf doeuvre de nature

Loyal désir 670 0 Dieu quel fleur 1

Franx vouloir

Quel pourtraicture Quel regard quel bien quel bon heur !

Coeur valleurlux Fuyé \ illennye et laydure \'ive de Montvaignard la fleur !

Prudence Point ne tient de freslc pâleur 675 Ellest vermeille drue rose

Coeur valleureux Mes compaignons cest une rose Rose de may vermeille et blanche Souesve oudorante et franche Plus noblement ne pourrerions trouver

Loyal désir 680 Elle est sur point de cultiver

Comme très meure et en bon point Ma dame nature la point Il en fault avoir fleur et fruyt

Coeur valleureux Arrouser la fault par dcsduyt 685 Dune liqueur ambrosicnne

Franc vouloir Cclluy de nous qui laura sienne Bien aura cueur a la verdure

Coeur valleureux

Soucy nauray quoy quhiver dure Si jen puys avoir jouyssance, 690 Ains memployerais de puyssance A cultiver et labourer Pour lentretenir et parer Dignement, jen jure ma foy

Loyal désir

Noble dame donnez la moy 695 Je suys jardinier espreuvé

Franc ^"0UL01R. en monslrant des outil:^ de jardinier

Voyci tout mon cas approuvé Deslivrez la moy tout a Iheure Car je scay comment on labeurc En bon terroir nen doubtez mye

Coeur valleuteux

700 Ha madame je vous supplie Que mayez premier a choysir Car de Ihonnourer jay désir Trop myeulx quils nont ne craignez point

Nature

Enfans vous nentendez le point 705 Comme la chose se deslivre

Il vous fault la teneur cnsuvvre De toute la condition Quy est par résolution

Pour en feit de briesvc (i) sentence 710 Que de la main dame prudence

Prendre la fault non aullrement

Mais il convient premièrement

Observer le dict qui est faict

Délie qui par aulcuug cffaict 7 1 5 Xc laurez que ne recitez

Aulcungs motz a propos dictez

De la louange des deux monts

Et de la fleur en vos sermonds

Affin que par vos bons lengaiges 720 On voye si vous estes saiges

Et vrays jardiniers bien prudents

Qui soyez par cas évidents

Dignes d'avoir la fleur louable

Coeur valleureux Je tiens cecy pour agréable 725 Quant a moy

Loyal desir Pas ny contredis Franc vouloir Aulcunement ne vous dédis Commençons.

Yci co.mmexcent les louanges des deux monts et de la Rose

Coeur valleureux Je me vois [v^is) devant :

0 fleur que je suys poursuivant

(i) Briesvc, formant deux pieds seulement.

Rose vermeille espanouie 730 Regard tout soûlas csmouvant

Fresche franche cointe et jolye

Odeur qui tous les sens rallie

Et les francs esprits resjouyt

Joyeulx est sans mélancolie 735 Cclluy qui dung tel bien jouyst

Loyal desir Beaulte parée dung vermeil Fragrant par grand perfection Très délectable a vue docil En le cueur los exaltation [vers trop long) 740 Fxpoir de jubilation Rose de rosce très pure Produyte en sa proportion Par un chiefdocuvrc de nature

Franc vouloir

La fleur que tout franc jardinier 745 Désire en son jardin planter

Avant entre fleurs loz princier

Car chascun te désire enter

Celluy se dcbvra contenter

Qui de toy fera chapellct (i) 750 Pour en son bonnet te pourter

Car pas ne sera chappel Ict (laid).

Coeur vALLELREUx Montz sur montz de terroir fertile Plus que nest pas le mont Bethel (2)

(1) Ornement de tête. — Petit chapeau.

(2) Béthel, lieu où Dieu apparut pour la première fois à Abraham ; — où Jacob vit l'échelle mystérieuse.

Plus soulacieux et utile 755 Quen judee le mont Carmel

Vous surpassez le mont Thore! ( i ) Et Ararat hault près des cieulx:

Dignes du sacrifiée Abcl [sic).

Nature

Il n y a nul qui dise mieulx (2)

Loyal désir

760 Montz niontantz en valleur dhaultesse Dont la montance beaucoup vault Conter ne scay vostre noblesse En cest endroit 1 esprit me fault

765 Ains je demeure sur le sault

Prudence Vêla parler honnestcmcnt

Franc vouloir

Montz de savoureux pastouraige Ou herbes de bon nutriment Sont produites soulz le ramaige 770 Et fruyts de divers aliment

Je ne puys, Je ne scay comment Vous louer sellon vostre pris Scavoir me dcfault proprement

Nature Vêla ung parler bien compris

(1) Probablement pour mont Iloreb.

(2) Devise des Disimlcu.

Coeur valleureux 775 Monts de soulacieux regard

Tant en plus que le mont hcrmon ( i ) Ou le fleuve Jourdain sespart Qui decourt au pied si faict mon [t] ? Den perse en la Judée hebron 780 Le sepulchre des demi dieux {2)

Il ny a nul que dise myculx

Coeur valleureux Monts plus délectables que Ilephron (3) Et aultant mont que Caucasus 785 Plus haultain nest Seyr en hedon (4) Ny plus solempnel Parnasus.

Rien ne vous passe Libanus Duquel vient lencens en maints lieux Car vous estes les pardessus.

(i) Le Petit-Hermon sur la rive droite du Jourdain.

(2) Héhron. ville et mont où lurent ensevelis le géant Enac et ses trois fils (Nombres XIII, 23, 29, 34 ; Josué XI, 17; XIV 5 XV, 13, 14). C'est pourquoi notre poète appelle Hebron le sépulcre des demi-dieux. Cette qualification pourrait s'appliquera Adam, Abraham, Isaac et Jacob qui, suivant une autre opinion, furent aussi enterrés à Mcbron.

(3) Mont à rextrémitc de la tribu de Juda (Josué, XV, 9,

(4) Filii Seyr in terra h\iom (Genèse, XXVI, 8. 19-21 ; Josuc, XV, I ). II y a trois monts du nom de Seyr ; l'un d'eux est contiL;,u à l'Ilcrmon. Edom. nom d'Esaû, puis de ridumce. On a dit aussi qu'Edom était le Sinaï.

Nature 790 II ny a nul que dise mieulx

Coeur valleureux Monts vous montez cest le refrain En vous gist precieulx trésor A vous naccomparaige effrain (i) Aux dernières fins dhedon hor (2).

795 Vostre fruyt est bien comme lor Et aultant que l'argent joyeulx On ne le congnoitpas des or

Prudence Il n y a nul que dise myeulx

Loyal désir Rose bonne par ta bcaulté 800 Et pour ta beaulte bonne et necte Flairant par grand suavité Qui lœil resjouyst et delectc Voyci le temps qu on te souhaicte Pour proufit et csbatemcnt 805 A cette saisun joliette

Nature \'ela parler honnestement.

Franc vouloir Rose qui tient l'oeil (3) joyeulx Que tout bon jardinier désire

(1) Ou Ephraïm, près d'Edom.

(2) IIo)- ; mont où mourut Aaron ( Dcutéronome. 32, 50 ; Nombres, passim). Pour ces divers noms, voir, notamment, DuTRiPON. Concordanlix Bibliorum sacrorum.

(3) Oeil en deux syllabes, ou joyeulx en trois ?

Pour en avoir fruyt prccieulx 8 10 Que sus aultres biens doibt eslire Quand ta grande valleur admire Hesbayi me treuvc et souspire Si très tant que ne lose dire

Prudexge Vêla un parler bien compris

Coeur valleureux

815 Rose fleur très medicinable

Dont la feuille avec la sentence (r) Sont de valleur très vertuablc Et de très notable excellence Tous jardiniers dune sentence

820 Prisent ton bien soulacieux Et ne sont point en discordance

Nature

Il ny a nul que dise miculx

LOVAL DESIR

Rose Ion te juge a te veoir Fleur fleurissant de grand doulceur 825 Dont lœil ne se peult dccepvoir Sellon vertu tu as couleur Qui est de si grande valleur Quon ne pourroit aulcuncmcnt En trouver aulcune meilleur

Prudence 830 Vêla parler honncstement

(i) Scnlciicc pour odeur.

Franc vouloir Rose tu as la prééminence Entre les Oeurs par hault blason Tu tiens de beaulté lapparence Pour quoy Ion te mect au donjon (i) 835 S on te cultive a la raison Tu resjouyras les espris Feust bien de Paris ou Jason

Nature

Vêla ung parler bien compris Cgeur valleureux

Il y a ung rosier privé 840 Et ung aultre qui est saulvaige

Le premier rosier est cultivé (vers trop long)

Et sesjouyt du labouraige

On le doibt donc de boncouraige

Labourer par faict vigoureux 845 Et l'arrouser a ladvantaige

Prudence Il ny a nul que dise mieulx

Coeur valleureux Sil nest labeuré il revient Saulvaige mais a lopposite De saulvaige privé desvient 850 S en bien labeurer on sacquite Je veulx donc ouvrir sans redicte En ce beau rosier somptueux Ung ouvraige ardant et viste,

(1; C cst-à-dirc sur la plus haute tour.

Nature Il ny a nul que dise myeulx

Coeur valleureux

855 La Rose provient de 1 espine Et se nensuist pas sa nature Quand plus Ion la prise plus digne Et se treuve cest chose seurc Et en fort licqueur qui nest seure (( ]

860 Mais doulce a jeunes et a viculx Pour fayre merveilleuse cure

Prudence Il ny a nul que dise rnyculx

Coeur vallei:reux Quand du rosier sort, a premier Enclose est dune escorce verte 865 Qui senfle rond comme ung panier La est gardée la feuillette Mais quand souleil levant se jecte Elle souvre devant les yeulx Recevant matière subiccte.

Nature 870 II ny a nul que dise mieuix

Coeur valleureux

Elle a semence au milieu Qui est appétissante et belle.

Pour prendre un délectable jeu Dessus une amoureuse selle

(1) Sur, acide.

875 Cest un royal plaisir que dellc Dont je suys très fort désireux Suyvant loyaulté sans caultelle.

Prudence Il ny a nul que dise myeulx

Coeur valleureux Pour le planter dung lieu [a. laultre]

880 Rosier demande grandement

Et ne demeure sur le peaultre (i) Mais quil soit plante fermement Jay espoir traictcr doulcement Dames le rosier gracieulx

885 Si me le baillez promptement.

Il ny a nul que dise myeulx

Nature

Il ny a nul que dise myeulx Ne si bien que coeur valleureux Qui est jardinier amoureux

890 Et affectant le labouraige Il a très éloquent langaigc Il est prompl en bon jardinier Encor le veiz foclcr > jardin hier > Quil labouroit très ronddement

895 II a fortes reins proprement

Pour son pic mectre en terre ferme Il nest altéré ny enferme (2)

(i) Sur la poussière de blc ; paillasse, grabat, (2) Infirme.

Et si a ses outils propices Pour fayre fillettes nourrices 900 {Déchirure) . . .congnoist à la fleur aultres cest partout scur

vous a mespriscr

. . .llcurs vous fault adviser [I]l aura la fleur notable

Elle se tome vers Prudence

905 Sy Prudence c est raisonnable Que la fleur luy soit deslivree Et de la vostre main livrée Pour avoir délie en son jardin Et fleur et fruyt soir et mattin

91Ù En multipliant geniture

Prudence avec reveretice

Madame et ma merc nature Vostre vouloir soyt accomply

Elle prent la fleur et en se tornant vers coeur valleureux dist

Coeur valleureux dhonneur remply Observant la condition 915 Qui estoit en intention

Onil nauroit la fleur délectable,

Le reste manque; cinq oti six vers peut-être, où Prudence ajoutait sans cloute :

« Que s il élait cainqueur au tournoi des beaux discours ; »

puis, cueillant la rose et la lui remettant :

« Cœur valleureur , vous ave^ de tous le niieulx dict, prenez la fleur cl la faites fructifier. »

Note A.

l'inscription funéraire DEC. VIBRIUS PUNICUS

Cette inscription qu'on peut voir actuellement appuyée contre le mur ouest du jardin de M.AdrienDavat,àAix-les-Bains, était, au seizième siècle, placée dans le mur au pied de la « tour des prisonniers » du château de Montfalcon (environ 12 kilomètres nord d'Aix-les-Bains).

Elle y avait été vue et copiée par Alphonse Delbène, abbé d'Hautecombe de 1560 à 1603, poète et historien (i), qui l'a insérée à la suite de son manuscrit intitulé Fragmentum descnpiioms Sabaudiœ, de la façon suivante :

« A Montfalcon. En la muraille de la chapelle Saint- Antoine dans l'enclos du chasteau du costé du levant. DIANN... etc.

(( Au pied de la tour des prisonniers du dit chasteau de Montfalcon :

CVIBRIO AVO I PVNICO, etc.. »

n ) Sur Alphonse Delbène, né à Lyon vers 1538, i:olr Cl. Blanchard. Histoire dcl'abbaj/c d' Hautccombc,ii.22d-23~ .

La leçon de Delbène a été reproduite par riiistorien Guichenon, au tome I"' , p. 33, de son Histoire généalogique de la Maison de Savoie, et par M. Auguste Dufour dans l'édition qu'il a donnée du manuscrit de l'abbé d'Hauteconibe dans les Mémoires de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, tome IV^ p. 54.

Peu de temps après, et au tome V, p. xlvii, des mêmes Mémoires, M. François Rabut a donné un joli dessin de cette inscription qni est en lettres de très belle forme. La reproduction est accompagnée d'une notice qui contient quelques inexactitudes.

On avait toujours lu , à la première ligne, CVIBRIO AVO I ; avec raison, notre savant et regretté ancien président a lu C. Vibrio ; mais il a remplacé à tort Avo par Aug. l.

La lettre Oest grande et fort nette, comme tous les autres 0 de l'inscription. Nous nous en sommes assurés avec M. Adrien Davat, et il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet. Dès lors l'interprétation de M. Rabut : Aug. l., Aagusti liberto, affranchi de l'empereur Auguste, était fautive.

M. Davat n'a jamais possédé de propriété à Saint-Innocent et n'a donc pu, comme l'a dit par inadvertance M. Rabut, y trouver cette inscription. Elle provient certainement des démolitions du château de Montfalcon.

MM. AU mer et A. de Terrebasse ont, à leur

tour, reproduit Tinscription dans leur grand ouvrage Inscriptions antiques et du Moyen âge de Vienne, t. V'\ p. 254-256, et Atlas, n° 2G9-70, planche 38-11. Ils ont interprété d'une façon très plausible AVOL par A [uli] (filio) Vol, c'est-àdire : fils d'A[ulus] de la tribu Voltinia, à laquelle appartenaient tant de personnages dont l'épigrapliie savoisienne et viennoise a conservé les noms.

M. VI. Allmer et de Terrebasse donnent à Vibrius, le père, le prénom de L[uciusj; en réalité l'inscription porte C [aius]. Ils signalent aussi l'absence du prénom du fils Octavianus, et supposent que ce prénom était le même que celui du père ; en réalité encore, ce prénom existe bien sur l'inscription : M [arcus].

C. Vibrius Punicus et son fils M. Octavianus appartenaient à une famille importante du pays, dont le surnom Punicus indique l'ancienneté, et rappelle quelque action d'éclat d'un ancêtre dans une guerre des Romains contre Cartbage.

Le Musée de ^l. A. Davat contient une autre inscription funéraire plus avariée :

c V.. RIVS SENORI...

CAMVLATVS VIVVS SIBI

KT VALERIAK S. V. B..., CtC.

OÙ M. Bourquelot, Inscriptions antiques de LwreuH et d'Aix-les- Bains, p. 84, aluVALERius et non Vibrius. Un examen, un peu rapide il est

vrai, de la pierre nous fait j3enser qu'il y avait Cubitus et non Vcde/'ius : C. VibRIUS et non C. ValeRIUS.

L'inscription est reproduite par M. Allmer, t. P"-, p. 387 .et Atlas pi. 30-G, n" 234-29.

On a trouvé enfin à Albens, tout près de Montfalcon, dans cepagits A/banensis, ou Albanesius, dont Rumilly paraît avoir été la localité la plus importante, la pierre funéraire d'OcT.wiANus :

OGTAVIA...

FRATRI SEX [tUS]

...SACERDO...

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