‹ Le Dies iraeChapitre 5 sur 16 · COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE

Dics irœ, dics illa, Solvet sœclum in favilla.

Teste David cum Sibylla !

Ce dernier jour qui doit éclairer la grande catastrophe de la Fin du monde, la sainte Ecriture l'appelle le Jour du Seigneur, parce que Dieu y manifestera d'une façon plus éclatante sa puissance, sa sagesse, sa justice et sa gloire; le Jour du Fils de l'homme, parce que Jésus- Christ doit y remporter la victoire définitive qui placera tous ses ennemis sous ses pieds ; le Jour de la consomma-

Jour de colère, jour d'effroi.

Oui réduira le monde en cendre !

Prophète et Sibylle en font foi.

tioii des siècles, parce qu'il sera le témoin de la dernière des œuvres du Très Haut, couronnement de toutes les autres ; le Jour de colère, parce qu'il n'y aura plus de place alors pour la miséricorde. Dies ira', dies iUa ! C'est le jour prédit par les prophètes : « Voici venir le jour du Seigneur, jour cruel, plein d'indignation, de colère et de fureur, ou la terre sera changée en solitude et les pé-

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•1+ 4» ■♦^ cheurs écrasés. » (Isai. xiii, 9.) « Il est proche, le grand jour du Seigneur ; il s'avance avec une extrême rapidité...

jour de colère, ce jour-là, dies irœ, dics illa ! jour de tribulation et d'angoisse, jour de calamité et de misère, jour de ténèbres et d'obscurité, jour de noire nuée et d'orage, jour plein du fracas des trompettes. » (Sophon. i, 15.) — C'est le jour que le Seigneur Jésus appelle le jour de vengeance, « où seront accomplies toutes les prophéties de l'Ecriture. » (Luc. xxi, 22.)

<^ Chaque fois que je considère ce jour, disait saint Jérôme (in Matth.), je frémis de tous mes membres ; que je mange, boive ou fasse quelque autre action, sans cesse je m'imagine entendre la terrible trompette sonnera mon oreille cet appel :

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■5^ 49 -^ Levez-vous, ù morts, venez au jugement. »

Qiie se passera-t-il alors ? Nous le savons; Jcsus-Clirist nous en a fait l'histoire anticipée, lui pour qui l'avenir est sans mystère.

Des signes effrayants précéderont le cataclysme universel. « On verra s'élever peuple contre peuple, royaume contre royaimie. 11 y aura de toutes parts des tremblements de terre et des famines.

Ce sera là le commencement des grandes douleurs... Et aussitôt après ce jour de tribulation, le soleil s'obscurcira; la lune ne donnera plus de lumière ; les étoiles tomberont du ciel et les forces célestes seronttroublées.»(Mattli.xxiv, Marc.xiii.) — « La consternation oppressera les peuples, au bruit confus de la mer et

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des flots, au point que les hommes sécheront de frayeur dans l'attente de ce qui doit arriver à tout l'univers. »

(Luc. XXI, 25, 26.)

Tous les éléments seront donc ligués contre les ennemis de Dieu .• Arniabif oiuuon creaturain ad ultioiieiii iiiiinicoruiH siionim. (Sap. xxii.) Mais l'épreuve la plus terrible viendra des hommes eux-mêmes. La plus cruelle persécution sévira contre les disciples du Christ. Le sang des saints coulera par torrents, l'abomination de la désolation remplira le lieu saint. Comme autrefois Lucifer dans le ciel, l'Antéchrist se dressera contre Dieu pour se faire adorer à sa place. Le langage de l'Écriture qui nous l'annonce n'est point métaphorique.

11 s'agit bien d'une personne vivante,

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d un liomnic qui simrera Dieu en le combattant et aura pour propager son culte impie ses précurseurs, ses prophètes, ses apôtres, ses prodiges diaboliques.

(Suarez, in 3 p., t. II, d. 54, s. 1. — Lessius, de Âiitichristo.) « On travaille dès à présent au mystère d'iniquité, »

dit saint Paul ; mais « alors il paraîtra, l'hoiiiine d'iniquité que le Seigneur Jésus fera périr par le souffle de sa bouche, et il le détruira par son glorieux avènement, cet homme qui viendra avec toute la force de Satan, avec toute sorte de pouvoir, avec de faux miracles et de faux prodiges, et avec tout ce que peut l'iniquité pour séduire ceux qui se perdent, faute d'avoir donné entrée à la vérité pour se sauver. C'est pourquoi Dieu leur enverra cet ouvrage d'erreur.

en sorte qu'ils ajoutent foi au mensonge, eux qui n'ont pas ajouté foi à la vérité.» (llThessal. u, 8-11.)

Et quand sera consommé le mystère d'iniquité, viendra la fin du monde, c'est-à-dire le complet bouleversement de son état présent. Cette révolution universelle s'opérera sous l'action du feu. « Au temps du déluge, dit saint Pierre, le monde d'alors périt par l'inondation des eaux. Mais les cieux et la terre qui sont aujourd'hui, rétablis par la même parole, sont rcserccs au feu pour le jour du jugement et de la perte des impies. » (II Petr. m, 6.)

L'embrasement de Sodome est une faible image de cet immense et universel incendie que Moïse semble avoir voulu décrire dans son second cantique :

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■7^ 55 *i- « Le feu, fait-il dire à Dieu, s'est allumé dans ma fureur, et il brûlera jusqu'au fond des abîmes. 11 dévorera la terre avec toutes ses plantes, il consumera les montagnes jusqu'au fondement. » (Deut.

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