‹ Le dies irae [microforme]Chapitre 1 sur 5 · MONTRÉAL BUREAU DES “NOUVELLES SOIRÉES CAN · texte numérisé non relu

MONTRÉAL BUREAU DES “NOUVELLES SOIRÉES CAN

ADIENNES ”

(Manuscrit trouvé dans un vieux misse

Jour de colère, jour d’effroi Qu’ont prédit sous la vieille loi Et la Sibylle et le saint Roi.

Quand le monde en feu croulera, Quand le grand juge apparaîtra, Qui toutes choses jugera |

Voici que le clairon fatal, De chaque réduit sépulcral, ‘Chasse les morts au tribunal.

D'horreur la nature frissonne ; La mort elle-même s'étonne De ne plus détenir personne.

Le livre énorme s'ouvrira, ‘Qui tous nos méfaits contiendra ; Le juge sévère y lira,

Lira toute chose secrète ; La vengeance que rien n’arrête Suit à l'instant ce qu’il décrète.

Le juste tremble auprès du Juge !

Pauvre pécheur, pauvre transfuge, Que dire ? Où trouver un refuge ?

Roi terrible en ta majesté, Sauvant tes élus par bonté, Sauve-moi dans ta charité.

Mon doux Jésus, de ton amour Ressouviens-toi, pour qu’en ce jour Je ne sois perdu sans retour.

Dies iræ, dies illa, Solvet sæclum in favillà, Teste David cum Sibyllà.

Quantus tremor est futurus, Quando Judex est venturus,

Cuncta stricté discussurus.

Tuba mirum spargens sonum Per sepulcra regionum, Coget omnes ante thronum.

Mors stupebit et natura, Cum resurget creatura Judicanti responsura.

Liber scriptus proferetur, In quo totum continetur Uñde mundus judicetur.

Judex ergo cum sedebit, Quidquid latet apparebit, Nil inultum remanebit.

Quid sum, miser, tunc dicturus ?

Quem patronum rogaturus, Cum vix justus sit securus ?

Rex tremendæ majestatis, Qui salvandos, salvas gratis, Salva me, fons pietatis.

Recordare, Jesu pie, Quod sum causa tuæ vire :

Ne me perdas illâ die.

et AE

Tu me cherchas par tout chemin Tu prodiguas ton sang divin, Ton grand labeur serait-il vain ?

Avant l'heure de tes vengeances, O juste juge, à tes créances Fais que j'oppose tes souffrances.

Oui je gémis dans ma douleur, Je suis coupable et la rougeur Couvre mon front : Pardon Seigneur |

La pécheresse eut ta clémence, Le bon largon ton assistance De là me vient quelqu’espérance.

Mes prières sont bien indignes, Mais tes grâces sont trop bénignes Pour qu’à l'enfer tu me consignes

Avec les boucs je ne veux être ; Parmi tes brebis, O mon Maître, A ta droite fais-moi paraître !

Quand tous les maudits confondus Seront aux flammes dévolus, Place-moi parmi tes élus.

Le front courbé dans la poussière, Le cœur changé par ta lumière, J’implore ta grâce dernière.

Jour de sanglots, jour lamentable, Quand surgira l’homme coupable, Devant son juge redoutable,

Pardonne-lui, Jésus aimable !

Et donnes-nous, mon doux Seigneur, Le repos, l’éternel bonheur.

Pour copie conforme,

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