‹ Le dies irae [microforme]Chapitre 2 sur 5 · PIERRE J. O. CHAUVEAU · texte numérisé non relu

PIERRE J. O. CHAUVEAU

Montréal, 19 Octobre 1886.

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Quærens me, sedisti lassus F KRedemisti Crucem passus :

Tantus labor non sit cassus.

Juste Judex ultionis, Donunm fac remissionis Ante diem rationis.

Ingemisco, tamquam reus ; Culpa rubet vultus meus :

Supplicanti parce, Deus.

Qui Mariam absolvisti, Et latronem exaudisti, Mihi quoque spem dedisti.

Preces meæ non sunt dignæ ; Sed tu bonus fac benignè Ne perenni cremer igne.

Inter oves locum præsta, Et ab hædis me sequestra, Statuens in parte dextrâ.

Confutatis maledictis, Flammis acribus addictis, Voca me cum benedictis.

Oro supplex et acclinis, Cor contritum quasi cinis ; Gere curam mei finis.

Lacrymosa dies illa, Qu resurget ex favillà Judicandus homo reus.

Huic ergo parce, Deus. Pie Jesu, Domine, Dona eis requiem.

Il s’est fait, croyons-nous, peu de traductions françaises en vers, de cette séquence si célèbre, L'auteur Thomas de Celano était un des premiers disciples et l'ami de Saint François d'Assise, Du reste, comme pour l’Zmitation de Jésus-Christ on dispute encore sur le véritable auteur. C’est incontestablement un des chefs-d’œuvre de la latinité de la fin du moyen âge “un des plus beaux joyaux de la liturgie catholique.” La grandeur naïve, la sublime concision de ce latin, font le désespoir des traducteurs.

Nous connaissons deux traductions récentes en langue française toutes deux sont d’un grand mérite. L'une par le Père Clair, $. J., a été publiée à Paris avec des notes nombreuses et forme un très beau volume, imprimé avec le plus grand luxe.

Le traducteur n’a point comme dans la version qu'on vient de lire, fait des vers à rimes continues, mais il a mis un vers à rime féminine entre deux rimes masculines dans ch ‘ue tercet. Cela sauvait une des règles de la prosodie française, mais, ce n’est pas aussi conforme à l'original. Il y a déjà, il est vrai, une très grande difficulté à traduire tercet pour tercet. Voici quelques stances de la traduction du Père Clair :

Jour de colère, jour d’effroi Qui réduira le monde en cendre, Prophète et Sibylle en font foi.

Quelle terreur et quel émoi Quand du ciel on verra descendre Pour nous juger le divin Roi !

Arrachant les morts au tombeau Vers Dieu, la trompette effrayante Les poussera comme un troupeau.

La mort et la nature en deuil La stupeur et l’épouvante Les feront sortir du cercueil.

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