L’ENFANCE D’UN PEINTRE
Landemer (Manche) juillet
L’auberge est juchée tout au haut de la falaise, une falaise coquette, qui descend par étages verdoyants et qui, jusqu’aux galets où viennent mourir les vagues, se fleurit encore de roses sauvages. A droite, à Thorizon, on aperçoit, se découpant sur le bleu de la mer, la massive silhouette des cuirassés de la rade de Cherbourg, qui, de ce sommet, ne semblent plus que de
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monstrueux joujoux. A gauche, rœil embrasse la dentelure des côtes jusqu’au cap de la Hague.
L’endroit s’appelle l^ndemer.
Devant la porte, allant et venant jusqu’ù de rustiques bosquets qui bordent l'autre côté de la route, voici le maître de la maison, un gaillard solide, en dépit de sa barbe blanche, à la large encolure, aux épaules carrées. Avec un sourire cordial, il salue les paysans qui passent, se rendant au marché dans leurs carrioles, vêtus de cette blouse en futaine, particulière aux gens de la Manche, qui va en s’élargissant, comme une tunique de mousquetaire Louis XI IL Ou bien, il se rend à la culture de ses champs, que bordent des bruyères roses. Et l’on entend les réponses qu’on lui fait :
— Oui, monsieur Millet... Non, monsieur Millet...
Ce nom me frappe. J’interroge.
Cet aubergiste est le frère du grand peintre Millet, qui avait là toute une nichée de neveux en sabots et de nièces en cornette blanche. De Barbizon, il venait parfois à Landemer ; il y passait quelque temps, se retrempant dans l’air du pays natal, s’affligeant que les soins d'établissement de sa nombreuse famille ne lui permissent point d’y retourner pour toujours. La dernière fois qu’il y revint, ce fut pendant la guerre.
Et^ d’une question à l’autre, j’ai eu toute une évocation de la jeunesse du maître, dite par les gens et par les choses aussi, dont le témoignage demeure. On m’a esquissé. dans le décor même de ces campagnes qu’il a rendues souvent, aux heures de lutte, un Millet enfant, dont la physionomie pittoresque convient bien à l’idée qu’on
se (ait des premières années du peintre puissant des paysans
Dans l'auberge de Landemer M. Auguste Millet garde pieusement quelques souvenirs du grand frère Jean-François, pour lequel, comme tous les membres de sa famille, il conserve un respect profond, et qu'il regrette comme au lendemain de sa mort. 11 a, outre quelques gravures tirées à la main par Millet, une V^ierge tenant la tête du Christ mort. Le tableau, de petites dimensions, n’a pas été je crois classé dans son œuvre. La Vierge farouche, plus humaine que divine, vient de relever le martyr; .Millet avait peint cette toile pour sa grand'-mère. qu’il adorait. Il faut bien se rappeler, d’ailleurs, que parmi les siens. Millet n’a trouve que sympathies à sa vocation. On avait le goût des arts dans la famille, et le père de Millet ne se
sentit jamais aussi heureux que lorsqu’il vit partir son fils pour Paris, avec la pension dérisoire que lui accordait le conseil municipal de Cherbourg.
A Landemer se trouve aussi, chez un voisin de M. Auguste Millet, M. Vauvert, un dessin de grandes dimensions de l’artiste, qu’il avait composé, à dix-sept ans, sans avoir encore eu de maître. Il représente deux bergers, l’un debout, l’autre assis, gardant leur moutons. Le premier professeur de Millet, nommé Langlois, a écrit au bas de ce dessin une mention qui témoigne d’une façon naïve et et touchante de son admiration.
Millet avait fait ce dessin pendant la mériane comme on dit ici, c’est-à-dire pendant l’heure qu’on accorde aux cultivateurs pour se reposer, après avoir mangé.
De Landemer, on m’a conduit à
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Gréville, à trois kilomètres, par la falaise. Cest là qu*est né Millet, et la maison existe encore Jans sa rusticité ancienne, supportant bien scs cent cinquante ans J’eiistence.
Pour y aller, on traverses des sites presque grandioses, le Maupas et la Roque du CateL qui ont souvent tenté Millet, se rappelant les années d'enfance pendant lesquelles il allait en grimpant dans les roches, jouer à deux corbeaux, voleurs comme la pie célèbre, le mauvais tour de leur reprendre leur butin.
La petite maison de Gréville, où la municipalité, très Hère de son grand homme, a fait mettre une plaque commémorative (ici est né Jean-François Millet, 4 octobre 18:41. habitée aujourd’hui par une sœur du peintre. Madame Henriette, veuve d*un douanier. Elle aussi, l’excellente femme, elle a le respect de la gloire du frère, et elle
montre avec attendrissement, dans la vieille cuisine, la place où il s’asseyait, avec les sept autres enfants. Il n’y a eu que peu de chose de changé au mobilier ancien. Une horloge dans sa boite, une armoire normande, un banc qui court le long de la pièce, une table massive, voilà tout le mobilier. Jusqu’en ces derniers temps, il était resté, sur les portes des croquis jetés par Jean-François ayant dix ou douze ans. C’étaient notamment des grenouilles dansant, qui étaient, paraîtil, très divertissan es. La servante d’un locataire qui précéda la sœur Henriette eut, un jour, la malencontreuse idée de nettoyer ces portes, et, dans cette inspiration d’un zèle intempestif, c’en fut fait de souvenirs précieux pour montrer la naissance d’un grand talent.
Il ne reste dans une chambre, en haut, qu’une peinture, presque ef“
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fiicêc sur une porte, représentant un pot de Heurs. La mère de .Millet était malade, une fois, elle ne pouvait se lever. • François, dit-elle à son fils, tu devrais me faire quelque chose là, en face de mes yeux, pour m*égayer. » Et Millet, qui était déjà célèbre, se rendit au désir de la vieille femme avec une obéissance d'écolier. Il alla cueillir un bouquet dans le jardin des voisins Canoville et le peignit aussitôt. M.
Durand, le mari de madame Henry Gréville (pseudonyme emprunté au pays de Millet) a essayé, à Taide de réactifs, de rendre quelque éclat à cette peinture, mais, pour dire le vrai, il a plutôt contribué ù la faire disparaître
Et la sœur Henriette, en montrant la maison de Millet est intarissable sur ses souvenirs d’enfance, qu’elle raconte dans un langage image. C’est l’adresse de Jean-
François, à tous les exercices qui fait le fond de la conversation. Il avait une réputation, dans le village, pour scier le bois. Avec son couteau, il faisait aussi des choses très drôles. Un jour, il avait sculpté une toupie gigantesque, puis il en avait creusé rintérieur. L’air s’engouffrait dans cette crevasse, et la toupie, en tournant, faisait un bruit formidable.
Cette toupie était célèbre dans tout le pays.
11 avait une passion en même temps que le dessin: il adorait sonner les cloches. Il tenait cette passion du curé de Gréville — une souriante figure de vieux prêtre à évoquer, — M. Le Briseur.
— Ma foi, monsieur le curé, lui disait Jean-François après le catéchisme, s'il n’y avait pas de cloches au Paradis, j’aimerais mieux ne pas y aller !
— Eh bien, moi aussi, Jean-
laô
François, répondait M. Le Briseur.
Ce M. Le Briseur le poussait fort au dessin. Il lui indiquait les suic(s : «Tu devrais faire le forgeron llamelin... • Fa le forgeron llamclin lui disait de son côte : « Tu devrais aire M. le curé faisant ferrer son mulet. »
Un des dessins, célébrés dans le pays, de l'enfance de Millet, fut celui de Bcnnevillc et de ses ânes.
Ce B.mncvilie était un brave homme qui parcourait la contrée avec scs ânes pour les propriétaires locaux ne pouvant envoyer leurs bétes dans les haras. Jean-François ht son portrait en charge et, dessinant les ânes autour de leur maître, écrivit au-dessous : u Bcnneville et sa famille,» Bcnneville rit beaucoup le premier, de la plaisanterie, et — voici un detail qui ne manque pas d’une vraie saveur campagnarde — offrit, pour emporter le dessin, de
faire saillir gratuitement une jument des Millet.
Jean François s’était installé, dans la maison paternelle, un petit réduit à côté de la chambre où il couchait avec son frère Auguste, où il avait juste de quoi se retourner.
C’est là qu’il travaillait, tout seul, et qu’il dessina jusqu’à vingt-et un ans. De là, il voyait un petit puits, surmonté d’une sorte de tourelle, qui existe encore dans sa simplicité pittoresque, pour lequel il avait une affection particulière. Il l’a peint souvent, de souvenir, dans des toiles importantes, ainsi qu’une grange sur la porte de laquelle on voit encore un dessin de lui tracé au couteau. Il représente un diable qui, avec une fourche, renverse un homme, fort contrit, à ce qu’il semble, de ce diabolique pro-, cédé.
Tout ce petit coin de Gréville est
d'ailleurs charmsnt, depuis la maison de Millet^ enguirlandée de vigne vierge, descendant sur un petit mur bas, qui la précède, jusqu’à l'église, dont le peintre a fait le tableau que possède le Luxembourg.
Cest le village idéal, le village où rien n’a changé depuis un siècle, où, tout au bout, un tisserand fabrique de la toile, à l'aide d'un métier antique.
Millet, jusqu’à la Hn, s’intéressait à son pays, demandantdcs nouvelles de chacun, n’oubliant personne.
Voici une lettre de lui, datée de 1874, de Tannée où il reçut la commande de grands tableaux au Panthéon, qui est véritablement touchante.
A une vieille femme, fort misérable, la Quénenne, il venait de faire obtenir une pension. Celle-ci voulait à toute force envoyer une oie a son bienfaiteur. Millet s’a-
dressa alors à Tinstituteur, M. Picquot, pour lui répondre :
(( Mon cher Monsieur Picquot,
)) Puisque vous avez bien voulu )) être le secrétaire de Jeanne* Marie » Henry, j’espère que vous voudrez » bien aussi être mon commission- » naire auprès d’elle. La besogne » ne peut vous manquer, venant )) de deux côtés à la fois. Dites, » nous vous en prions, à cette pau- » vre Jeanne-Marie que nous lui » savons bien gré de penser à nous )) comme elle le fait, mais que nous » sommes peinés du mal qu’elle se » donne pour nous le prouver.
» Quand nous retournerons à Gré- » ville, nous lui dévorerons cer- » talnement une de ses oies. Mais » quand se fera ce dévorement? »
Millet parlait alors des travaux qui le retenaient à Paris. Mais la gloire qui lui arrivait enfin, comme
une revanche, ne rcrnpéchaic pas de songer loujours au pays avec aiiendrissemeni Jugez-en par ce pou scriptum^ distribuant des amitiés ù la douzaine :
n Mon cher monsieur Picc|uot, toute la maisonnée se joint à moi pour vous souhaiter et aux vôtres la bonne santc. Dites bonjour pour nous chez Polidor. Je souhaite, en mon particulier, le bonjour à Parihélcmy, ù Jean-Paris, ù Lacoulure. 9
Aussi, le souvenir qu*a laissé Millet a Gréville et dans tous les environs csi-il resté très vif. Ce n*cs( pas D qu'il faudrait dire du mal de la peinture !
Tel est le Millet de I.andemer et de Gréville, le Millet normand, moins connu sans doute que le Millet de Barbizon. Là, avant de SC livrer tout à lait à l'art, il a sué et peiné comme un bon travailleur
de la terre qu’il érait. La terre et les paysans, c’est là qu’il a appris à les aimer.
La Tombe de Courbet
La Tour-de-Peilz, septembre.
Ce matin, en allant au hasard
devant moi, dans les chemins bordés de vignes, à perte de vue, de la petite station des bords du Léman où j’ai été chercher quelques jours de grand calme, je me suis trouvé devant le cimetière. Un joli cimetière, coquet, qui n'a rien de rustique que sa situation au pied de la montagne, dans un enclos séparé seulement par un mur très bas des réjouissants vignobles qui sont l’orgueil de ce pays. Les morts, auxquels Baudelaire prêtait de grandes
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ilouleurs, ne peuvent pas être malheureux ici. Ils assistent à l'éclo* sion des beaux raisins dorés qui font ce gentil vin blanc qu’ils ont aimé. J'allais a travers les allées Heuries, quand j*ai tout à coup aperçu une pierre tré< simple, avec ce nom qui m'a sauté aux yeux :
M Gustave Courbet ».
C'est là que repose le peintre qui fut si bruyant si exubérant de vie, à U grande voix tonitruante, dans un silence que ne trouble guère que le bruit d'une petite cloche, le dimanche. Et je me suis rappelé que c’est, en etfet, ici qu’il est mort, dans unexilqui pour n’étrepas très rigoureux en apparence, lui pesait plus qu’il ne voulait en convenir, et grondant, avec des accents formidables, contre ceux qui avaient fait peser sur lui une lourde responsabilité dont l'équité était, de vrai, très contestable.
Il a laissé ici une légende d’une large bonhomie, et l’on a évoqué pour moi, avec entrain, ce Courbet des dernières années, tel, du moins, que dans le débraillé qui lui était cher il se laissait voir dans ses relations journalières. Sa vraie pensée, je le crois bien, était, quoi qu’il dît, en France, là-bas, derrière les montagnes. Mais il y avait en lui un incorrigible fanfaron, cachant bien des choses meilleures qu’on n’en eût pensé sous son apparent cynisme.
Quoi qu’il en soit, il vivait, à la Tour-de-Peilz, librement, fêtant volontiers le villeneuve et l’yvorne.
Il allait, souvent, en compagnie de vignerons du pays, faire ce qu’on appelle ici une « partie de cave ».
On se rend, à. cinq ou six, dans une de ces belles caves où sont amoncelés de reluisants tonneaux de chêne, avec leur cercles brillants comme
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de Targeni, cl on va ju'^cr le vin.
Il n'y a, pour tout le monde, qu'un grand diable de verre, qu'on doit vider jusqu'à la dernière goutte, et on va ainsi, de pièce en pièce, en formulant son avis, avec le traînant accent du canton de Vaud :
— Il n'est pas tant clair... mais pour pu (puri, il est pu\
Il paraît qu’une fois Courbet et ses amis entrèrent un lundi, ù quatre heure*, dans une de ces caves et qu’ils n’en sortirent que le surlendemain. Par l'escalicr, on leur envoyait sans cesse des salés^ des victuailles de charcuterie qui avaient pour but de raviver leur soif. Courbet, avec une forfanterie dont il était coutumier, portait des detis terribles, mais il se vantait et il était dv^ja a bout de forces que les vignerons en étaient encore à se sentir altères Mais u pour lui faire plaisir », m’a dit le brave homme
qui me racontait ainsi un Courbet tout intime^ on lui déclarait qu’il était un buveur émérite.
Courbet, grand noctambule, habitué à lancersesthéoriesartistiques dans les cafés parisiens, qui restent ouverts presque toute la nuit, était fort malheureux ici sur un point. Quand il avait travaillé, dans la journée, enfermé dans son atelier de Bon-Repos, il allait, après son dîner, au Café du Centre, un établissement qui ne rappelle que bien vaguement les brasseries de la rive gauche, dont il avait été Thôte familier. Cest une simple pièce carrelée, d’apparence patriarcale, avec de bonnes grosses tables de bois, avec quelques gravures locales collées au mur.
11 s’installait là et causait, se grisant de ses paroles, rappelant ses souvenirs de Paris, étalant superbement son orgueil ingénu, invitant
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qui il trouvait et parlant peinture à quelque bon cultivateur, amené par lui, qui le regardait avec Je grands yeux surpris. Mais onze heures sonnaient vite. Or, c*est d’après les règlements de police du pays, l’heure de la fermeture.
— Allons, monsieur Courbet, disait l’hôte, il faut vous en aller, vous ne voudriez pas me mettre dans la peine.
Mais Courbet s’obstinait, grondait. tempêtait, et force était à l’aubergiste de fermer seulement les volets du Café du Centre, en demandant au peintre de ne pasclever la voix. Cependant, l’unique agent qui compose le corps de police de l.a Tour survenait, dressait procès* verbal. El Courbet, d’un geste majestueux, lui faisait signe de s’asseoir et l’obligeait à trinquer avec lui.
— C’est bon, c’est bon! disait-il,
buvez toujours! Je connais le tarif de Tamende !
C’était dix francs, qu’on allait, de la municipalité, par ordredu syndic, toucher presque tous les matins, comme une rente, à l’atelier de Bon-Repos.
Au reste, malgré cette petite condamnation régulière, et celle que lui valait son habitude de se baigner dans le lac à un endroit défendu, Courbet faisait bon ménage avec la municipalité de La Tour.
Il lui a même offert un buste, sculpté par lui, pour orner une fontaine. L’œuvre est assez curieuse par sa fougue. Le buste devait, dans sa pensée, représenter la Suisse. Mais les bons municipaux de La Tourfurent un peu stupéfaits lorsqu’ils se trouvèrent en présence de cette virago à l’expression sauvage, les cheveux flottant au vent sous un bonnet phrygien. Le bonnet
phrygien les déconcertait surtout, bien qu'ils fussent tiuites de l'hommage de l'artiste.
1/un d'eux, se demandant comment il allait être accueilli et prenant son courage à deux mains, hasarda Tobservation. Mais Courbet était, ce jour-là, de borne humeur.
— N'cst-ce que cela? diMl. Eh bien ! au lieu de la figure de la Suisse, ce sera celle de la Liberté !
'fout allait dès lors n merveille, et le buste se dresse, avec crûnerie, sur la petite place de La Tour.
(Courbet a écrit ces mots sur le socle : U llommageà Thospitaliié! »
Il y eut, le soir de Tinauguration, un plantureux banquet, otlert par la petite ville ù l'artiste. Le père de Courbet était venu d'Ornans. A l'heure obligée des toasts, un des conseillers municipaux, qui craignait quelques écarts politiques, se leva et revint avec un panier d'où il
sortit quelques bouteilles vénérables : — (( Cela vaut bien tous les discours, n'est-ce pas ?» La motion fut approuvée, et ces flacons de vin doré, remplaçant toutes les harangues, empêchèrent la conversation des’engager sur un terrain scabreux.
Une chose curieuse, c'était la grande amitié qui unissait, ici, Courbet et... un pasteur protestant, M. Dulong. Comment cela s’étaitil fait? Surquelcompromis l’accord s’était-il conclu? Toujours est- il que le peintre aux libres allures et le rigide ecclésiastique étaient devenus inséparables.
Le corps de Courbet ne fut pas enterré tout de suite. Pendant plusieurs jours, il resta, dans l’indécision où l’on était des volontés de sa famille, lamentablement abandonné à la Morgue, après des obsèques qui avaient été assez imposantes.
Tout devait être contraste pour
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Courbet, ici. Et quelle Morgue f une sorte de cahute, basse, en pierres, tout juste assez grande pour contenir un cercueil Ce ne fut qu'après un temps relativement assez long que l'inhumation au cimetière de La Tour fut décidée.
Lesheureuses petites villes suisses des bords du lac ont souvent de bonnes aubaines. Une Autrichienne qui aHcctionnait fort Vevey (I^ Tour et Vevey se touchent) a laissé ù la municipalité deux cent mille francs pour commencer un musée ; d*un autre côté, la nièce de Courbet a offert un certain nombre de tableaux du maître. 11 se trouvera donc là quelque jour une petite galerie qui aura son intérêt, et qui sera bien placée, tout près de la tombe du peintre.