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UNE COLLECTION DE TETES DE MORT

Il paraît que, ces jours-ci, un homme ingénieux, mais médiocrement gai, a proposé d'organiser, au Palais de l’Industrie, une exposition macabre — l'exposition, rétrospective et contemporaine, de tout

Le Dieu liibelot

cc qui SC rattache à la mort. On aura it vu U des variétés admirables de cercueils, de suaires, de catafalques, d'urnes funéraires , des reprodutions de tombes et des modèles des corbillards J'imagine qu'on aurait etc introduit par des huissiers vêtus en maîtres des ceremonies, qui vous auraient fait les honneurs de l'air engageant dont ils savent dire :

— Messieurs de la famille, quand il vous fera plaisir.

Au buffet, où l'on n'eût servi que des boissons de deuil, du stout»

du bitter, des vins sombres, le service eût été fait sans doute par des garçons habillés en croquemorts.

C'eût été du dernier galant. Pour • un léger supplément, on aurait peut-être eu le droit de boire dans des crânes, comme Man d'Islande.

L'idee prêtait à mille dé\eloppements. Sur des bannières de crêpe,

on aurait pu inscrire des maximes de Texcellent Schopenhauër, telles que cette pensée profonde : <( La mort est la musagète de la philosophie, IL 529. » Sur une estrade, des figurants mélancoliques auraient évoqué la scène historique du bal des Victimes. Un orchestre d’hommes-squeleties auraient joué des compositions de circonstance, Holbein-Polka ^ la Valse des Trépassés, Des dissections gratuites auraient été offertes aux amateurs ; enfin, de jeunes personnes, costumées en Abbesses de Jouarre , auraient proposé un suprême passetemps aux désabusés et aux condamnés à mort par la Faculté.

L^autorisation n’a pas été donnée, et l’organisateur en a été pour son idée.

Pour quitter le domaine de la fantaisie, je sais, à Paris, un petit musée de la mort, mais tout artis-

tique, celui-là, qui est intinimenc piquant. 11 a ctê formé par un amateur de grand goût, qui a été longtemps un bibliophile émérite, Cl dont Vex-librisy rcprcscntant un fort joyeux satyre, est célébré. Sans être en aucune façon un pessimiste, ce curieux passionné et éclairé s'est plu à réunir, dans son intéressant salon de la rue Cambon, des objets macabres d*une rare valeur, têtes de mort et squelettes, qu'il a placés au milieu d’objets de cuir précieusement travaillé qui forment une autre collection.

Ce sont, par exemple, des têtes de mort détachées de chapelets anciens, les unes grimaçantes, les autres paisibles ou mêmesouriantes.

Car c’est une chose typique que l’expression , très différente , que prennent, en art, ces crânes humains. Aussi ont-iU leur surnom, dans la maison, parmi les familiers,

de cette bizarre galerie ; on appelle une de ces têtes la Coquette^ et une autre la Rageuse.

Voici une rareté extrême ; c’est une tête de mort, d’un travail espagnol du quinzième siècle, en jais ; une autre, vraiment tragique dans son dessin sommaire, est en fer ; une autre, assez placide et indifférente, est en faïence de Luca-della- Robia et provient vraisemblablement d’un bas de Christ d’une église italienne; une autre est en marbre :

les dents sont serrées, les mâchoires pincées; elle a vraiment un air mauvais. En voici d'autres en buis, avec la mâchoire inférieure articulée : celle-ci semble positivement sourire. C’est un amour de tête de mort, plus un joujou qu’un objet de méditation. Une autre, presque grandeur nature, est en cèdre. C’était un sujet d’ornementation familier aux artistes du seizième

tiède que la tête de mort, et il te trouve en toute matière, boit, marbre, pierres précieuses, 11 y a là d'attachants spécimens de tout ce qui a été fait, soit par piété soit par jeu.

Les grains de chapelets de certains couvents royaux présentent une particularité caractéristique.

D’un côté, ils présentent le portrait d'un roi, de l'autre une tête de mort. C'est ainsi qu’on voit dans cette collection la tête de Louis XII et celle de Henri II, s’achevant brusquement en un crâne décharné, Il y a parfois une inscription , comme ces deux mots d’une éternelle philosophie : « Aujourd'hui.

— Demain ! » Quelquefois , ces grains de chapelets ont quatre figures , une tête d'homme , de femme, de christ et une tête de mort. Ce sont la les perles de la collection. Une poignée de dague

est aussi formée d^uri buste de squelette , en fer, vraiment sinistre.

Cette dague-là ne devait pas venger d’amoureuses rivalités, mais elle devait servir à de sombres entreprises.

Voici, maintenant, des squelettes, œuvres d’art anciennes , qui ont une grâce macabre singulière. Deux figures, en bois peint émaillé, proviennent d’une église d’Aix4a-Ghapelle. Une de ces deux allégories de la Mort représente le funèbre archer, tenant l’arc et les flèches d’une main, et, de l’autre, le sablier. L’autre, c’est la mort guerrière, avec la faux et l’épée.

Un petit squelette, de bois, est vraiment plaisant, malgré les hideurs de la chair demeurant encore, par lambeaux, avec son air conquérant. On dirait un squelette courant à quelque bonne fortune fantastique tant il semble vainqueur, gaillard.

et alerte ! Un autre, sans avoir l'air de s'emouvoir pour si peu, arrache délicatement les longs vers qui rampent autour de ses os. Une applique de bots représente un buste de morte qui parait prête à envoyer un baiser, hit l'on songe aux vers de Baudelaire :

Elle a la nonchalance cl la désinvolture

D'un coquette maigre aux airs extravagants.

i£n raison de toutes ces attitudes inspirées par le caprice des artistes, elle n'a vraiment rien de trop tragique cette collection. Comme par un défi porte à l'irrésistible ennemie, la mort, en art, a toujours été raillée. De leur côté, les Japonais, ces rieurs eternels, n'ont -ils pas joué avec elle, pour ainsi dire ?

Ils sculptent deux squelettes se faisant manger mutuellement, par exemple, ou se livrant ù des passe-

temps très profanes. Il n'y a plus là même d’idée philosophique : il n'y a que de la fantaisie.

Ce sont aussi des tableaux depuis ce panneau d'un Primitif, montrant une tête de mort sur une table, enveloppée de banderoles qui contenaient sans doute de sages sentences, jusqu'à ce badinage de Van Kassel, qui offre un crâne couronné de fleurs, placé à côté d'un verre et d’une pipe. Bref, ce sont toutes les images artistiques de la mort, le plus souvent ironiques et dédaigneuses.

Puis, par un contraste, au milieu de cette collection, c’est une tête de mort véritable, un crâne de femme, qui a une singulière finesse et qui laisse voir :

Le sourire éternel de ses trente-deux dents.

Voilà la seule part faite à la réa-

lité. comme un objet de comparaison, obscure épave humaine |ctée au milieu des triomphantes épaves de l’art.

A THôtel Drouot.

CROQUIS d’octobre

Evoquons — comme petit document humain — la journée d’un curieux en ces premières semaines de l’année, où le mouvement des ventes n’a pas encore repris toute son activité. Notre homme est un habitué de l’hôtel Drouot, et ce serait une chose invraisemblable si on ne l’avait pas vu, au moins quelques instants, faire son tour quoti-

dien dans les couloirs. Ce flâneur aimable, qui a trouvé le moyen de rendre affairée une existence que Ton croit oisive, n’espère guère une occasion heureuse, une trouvaille intéressante, en entrant dans les salles. On vend bien des panneaux du dix-huitième siècle, provenant de chez un marchand, et il assiste un moment aux enchères; il voit les prix monter assez haut, encore qu’aucune des œuvres décoratives exposées ne lui semble absolument précieuse. D’ailleurs, il est, lui.

l’homme du petit bibelot, et scs goûts ne l’entraînent pas vers ces grandes machines. Il s’arrête plus volontiers devant les affiches qui annoncent la vente de souvenirs d’actrices parisiennes, ce qui lui permet de se raconter à lui-même, en philosophe, quelques petites histoires, plus ou moins piquantes, qu’il trouve dans sa mémoire.

Mais, tandis qu’il erre dans les corridors , voici qu’il rencontre quelques amateurs de sa trempe^ friands, autant que lui, de petits potins et de racontars. lia, au reste, son lot d’anecdotes qu’il ne demande qu’à narrer. Et dès qu’il a trouvé un auditeur, il s’empresse, en effet, de lui donner complaisamment ses nouvelles.

— Comment va? On ne vous a point vu depuis la vente du château deL...

— C’est vrai. Mais toutes les corvées mondaines nous dérangent de nos devoirs!

— A propos ! Vous savez l’histoire de cette vente ?

— Mais, comme tout le monde, je sais qu’elle a produit 450,000 fr. pour les objets d’art et que le château lui -même a été acheté 1 5o, 000 francs.

— Ouf, mais les petits dessous,

l.e nieit Wbelot

Toriginc de ces enchère??... Ah!

c*e«t toute une aventure! Figurezvous qu*il y a un an, à peu près, un architecte, M. L... fils d’un ancien avoue, se trouvait chez lui, quand on lui remit une dépêche qui le priait de venir, aussitôt que possible, trouver un notaire de Touraine .. Ma foi, M. L... avait alors d’autres chats fouetter, il répondit au notaire qu’il n’avnit pas le temps de SC déranger et qu'il voulût bien lui dire de quoi il s’agissait. Le lendemain, a sa gran le surprise, il recevait une provision de quelques centaines de francs, avec une invitation instante de faire le voyage.

Fort intrigue, M. L... partit. « Excusez moi de vous avoir pris un peu de votre temps, lui dit le notaire, mais vous ne regretterez probablement pas votre peine. » — U Quoi donc? • — J’ai l’honneur de vous annoncer que madame B...

propriétaire du château historique de L... vous a laissé, en mourant, son domaine, ses collections, ses galeries, ses terres. Le tout vaut bien un million. » « Un million,

à moi! Mais il y a là une erreur, assurément, je n’ai jamais connu madame B... » — « Oui, mais votre père lui a jadis rendu service, et, n’ayant pas d’héritiers, elle s’est souvenue , au moment de faire son testament, de ses bons procédés et elle les a reconnus en vous léguant tous ses biens. » M. L... n’en revenait pas, mais on s’habitue vite aux coups de la fortune, et voilà pourquoi nous avons eu cette vente, qui a marque dans les fastes de la curiosité de l’année

Notre amateur jouit un moment de son succès. On n’a pas tous les jours de pareilles histoires à se mettre sous la dent.

Des marchands passent, avec les-

quels il échange un petit salut. 11 s'informe de ce qu'il y a de neuf; il fait ses recommandations. Lui a ton trouvé la pendule ancienne, à mouvement compliqué, qu'il recherche depuis si longtemps.

— A propos de pendule, dit un fureteur, qui s'est joint au petit groupe, il vient d'en arriver une bien bonne à .M**’. Vous savez qu’il a la passion des horloges du XVI* siècle et qu'il en a une galerie superbe. Vous savez aussi qu'il est la patience même et qu'il attendra plutôt trois ou quatre ans avant de satisfiiire son caprice pour payer le moins cher possible. Il y avait fort longtemps qu’il guignait une jolie pendule, de fabrication bavaroise, représentant un nègre debout, la main gauche appuyée sur un tronc de palmier et la dextre tenant un sceptre Le palmier se terminait par deux branches, entrelacées, suppor-

tant une sphère terrestre Cette sphère tournait, et le sceptre marquait l’heure qui passait. Un objet unique dont il rêvait î L’autre jour, il arrive chez le propriétaire de cette pendule, et la marchande, comme il faisait depuis des mois. A son grand étonnement, le prix qu’on lui en demandait a baissé, et fort notablement. « — Ce que c’est que d’avoir de la patience, se dit-il, et, tout heureux, il se hâte d’acquérir la pendule, qu’il installe, dans son musée, à la place d’honneur, comme il convient à un objet unique ». Or, savez-vous pourquoi le eédant avait tout à coup diminué ses prétentions? C’est qu’il avait trouvé une autre pendule, toute pareille. La pendule est toujours jolie, — mais elle n’est plus seule ! Le piquant est que M*** ne sait pas encore le fin mot de ce qu’il appelle une u occasion sans pareille ». Que dira-t-il

quand il verra, ciposé ù la même place, un double de son acquisition ?

Ht Ton rit. Car les collectionneurs sont gens d'une espèce très féroce, qui SC réiouissent volontiers des mésaventures de leur prochain, meme lorsque celui-ci a d'autres spécialités et poursuit des objectifs diti'crents du leur

Un expert sorid’unc salle en riant.

On Tentoure. — « Qu'c^^t-ce donc? »

— « Ce qu'il y a ? Les commissairespriseurs croient pouvoir se passer de nous quelquefois, mais cela ne leur réussit guère 1 » — • Enfin f »

« On vient de laisser, pour soixante francs, quatre bus-reliefs de Clodion, en pierre. L'aequéreur est déjà en pourparlers pour les revendre huit mille francs. »

Il commence à se faire tard. Notre amateur quitte rilôtel . mais il n'a pas perdu sa journée, puisque ces

petits commérages artistiques suffisent à son bonheur II les répétera le lendemain, et, en échange on lui en livrera d’autres, qui le réjouiront fort. Savez-vous que c’est un heureux homme que celui qui fait ainsi, aussi facilement, son paradis sur terre ?

CROQUIS d’aOUT

Êtes-vous jamais entré à l’hôtel Drouot, l’été; avez-vous eu Tidée de parcourir ces salles si animées pendant la saison, et qui retentissent de si belles enchères ? C'est, ma foi, un spectacle curieux. Là où des objets rares, des curiosités artistiques, étaient disputés fiévreusement, on vend des yjeux divans, des lits

d'acajou et de noyer, des assoriimcntsinvraisemblables Je mobiliers hideux. Et quel public! Au lieu du froufrou des élégantes qui viennent « pousser » un bibelot, des conversations mondaines et de l'argot amusant des amateurs, on entend les rctlesions d'Auvergnats marchands de bric-à-brac, qui tirent a regret quelques pièces de cent sous de grosses bourses en cuir. Les « crieurs n dédaignent de se mêler de ces maigres opérations, et les commissionnaires paraissent humiliés des vulgaires fardeaux qu'on leur fait porter...

De temps en temps, on peut bien apercevoir, rôdant mélancoliquement ù travers les salles, lamentablement garnies d’ustensiles quelconques, un habitué fervent de rhôtel, un de ceux qui auraient perdu leur journée s’ils n'y avaient pas fait une station, pendant la belle

période. Il passe là, durant une halte à Paris, entre deux villégiatures. Il sait bien qu’il ne rencontrera aucun visage de connaissance, et il n’a pas la moindre espérance d’une trouvaille ; mais quoi ! ses pas se sont portés machinalement vers l’hôtel. Il vient là comme un touriste qui visite quelque champ de bataille illustre. Il évoque les grands journées, il se rappelle les beaux combats à coups de billets de banque, il revoit, par la pensée, les séances passionnées, d’où l’on sort, harassé et ravi, avec la petite joie, bien plus de vanité que d’intérêt, d’une (( bonne affaire » réalisée.

Des étrangers, sur la foi de leur pockel-book^ se promènent dans l’hôtel, trouvant bien mensongères les descriptions qui en ontété faites, et s’étonnant que ce bâtiment, assez peu raffiné, soit un des lieux de rendez-vous du tout-Par.s. Et, ne

tenant pas compte de l'cpoquc où ils SC trouvent, il leur semble bizarre, ce tout- Pans, rêpreisenté par de vieilles marchandes à la toilette et quelques juifs, fouillant dans le tas des épaves amoncelées.

Pas une alFichc qui tire l'œil par une mention prestigieuse! line odeur de moisi Hotte dans Tair, un lourd ennui pèse dans les corridors.

C^est aussi le moment des ventes chimériques, — qui, pendant l’hiver, ne trouveraient pas une salle disponible, — des ventes macabres, faites vraiment pour étonner. Cest pendant le vide de rété qu'on a vendu, une fois, une étrange collection — de mains de momies!

Les momies ne sont déjù pas tant disputées, et tel Pharaon, qui a attendu trois mille ans dans son sarcophage, échoue il rhôtcl Drouot, trop heureux d’étre acheté trente-

cinq francs. Mais des mains de momies, qu'en faire? Personne n’en voulait. Un expert, qui se trouvait présent, se sentit quelque pitié et acquit tout le lot, en bloc, — oh 1 pas cher ! Après avoir essayé de s’en débarrasser à tout prix, il finit par les revendre — à la livre — à un fabricant de couleurs, qui en fît du bitume de Judée,

Ou bien ce sont des tas de têtes de mort, provenant de partout, jaunies, déplorables, sinistres, les ressorts qui font mouvoir les mâchoires cassés. Et ces débris humains atteignent, dans les circonstances les plus favorables, de deux à trois francs. Beau sujet, n’est-ce pas de réflexions philosophiques !

Quoi encore ? Des ventes d’oiseaux empaillés, arrivant d’un magasin de naturaliste en déconfiture. Et les petites bêtes au plumage merveilleux, hôtes anciens d’exotiques

forêts &ont adjugées misérablement ù la douzaine.

Ccst une heureuse fortune si sept ou huit vieux messieurs suivent les enchères d'une collection d’insectes, présidées par un marchand des quais, qui sert d’expert, demandant timidement quelques francs d'une série décadrés. Kl les vieux messieurs se récrient, hochent la tête, bardent pour la satisfaction de leur innocente manie.

Mais qu’esi-ce encore auprès des ventes de partitions de musique, les plus tristes de toutes peut-être? On adjuge des monceaux d’opéras avec parties de chant ctd’orchestre, pour cent sous. Et les photographies, donc ! On est forcé d'attendre patiemment que quelques passants complaisants se hasardent dans la salle. C’est par une espèce de charité, dirait-on, qu’on les achète.

Voilà tout ce qui représente

Tart, à THotel Drouot, pendant les mois d’été, qui sont là des mois de deuil. Qui se douterait du tumulte éperdu qui y règne en d’autres moments ! Nulle part, peut-être, ne s’opère une pareille métamorphose. C’est, pour un Parisien, une promenade amusante et paradoxale à faire, en une heure de désœuvrement.

Paris a ainsi, en cette saison, de petits coins abandonnés qui sont plaisants à observer. Et c’est, par contre, le moment où ses déserts habituels reçoivent, grâce à l’affluence des touristes, qui s’en rapportent religieusement aux indications de leur Guide, des visiteurs inattendus. Des pas pressés troublent actuellement les solitudes des galeries de minéralogie du Jardin des Plantes et, chose incroyable, les régions inconnues de l’Exposition permanente des colonies elle-

Lê Pieu Bibelot

même! Il y aurait toujours une pi quante monographie ù refaire du Pans d’etc!

Mais, suivant la jolie expression d’un fantaisiste, l’invisible démon qui dirige l'orchestre parisien s'apprête dc)ù à réveiller d'un coup d'archet ses musiciens assoupis. Le changement de décor est brusque, et, après cette trêve, la grande ville se retrouve plus ardente, plus éprise que jamais d'activité. Et quand vient l'automne, n'est-ce pas, en ellet, le charme inouï de Paris, que ce petit frisson d’attente du programme des moisqui doivent se dérouler, où la vie va déborder avec une vraie furie ?

Le Casque

.... Le comtiiissaire-priseur, après avoir mal dissimulé un sourire dédaigneux, désigna un objet vague, dont la forme même disparaissait sous une couche épaisse de rouille.

Et il dit :

' — (( Un casque du seizième siècle, de fabrication.... » Il s’arrêta comme confus, malgré l’habitude qü’il avait des désignations fantaisistes, puis, ayant jeté un coup d’œil sur le public de la salle où se faisait la vente, et n’ayant reconnu nul amateur sérieux, il lança au hasard d’une voix un peu moqueuse, cés mots qui lui revenaient à l’esprit, pour les avoir lus dans quelque catalogue récent : « Attribué au foürriisseur célèbre Alonso

t)h Le Dieu Bibelot

de Snganun, dit le Vieux, bien que son monogramme manque »

llpouNait SC risquer impunément, et faire étalage d'une chimérique érudition; il n*y avait guère là que des curieux, fort profanes en matière d'art^ attirés, en gens pratiques, par le confortable du mobilier bourgeois que Ton mettait aux enchères.

— Nous demandons deux cents francs! reprit le commissaire-priseur, voulant sans doute éprouver, une fois de plus, jusqu'où pouvait aller la crédulité de certains visiteurs de rhôtel Drouot.

Il y eut un silence. Enfin, une voix retentit.

— Six francs ! dit un marchand, sans enthousiasme, d'ailleurs.

Aucune surenchère ne se produisait, et voyant qu'il était inutile de chercher à convaincre de la rareté de ce pauvre débris d’armure le seul

amateur possible, le commissairepriseur levait déjà son marteau, lorsque, de l’autre bout de la salle, un chiffre plus élevé fut crié :

— Vingt francs!

Les regards se portèrent vers le nouveau venu, et, Ton reconnut un peintre que l’on commence à tenir fort en estime. Le marchand, piqué au jeu et s'imaginant qu’il était vraiment sur la piste d’un objet de prix, poursuivit, au grand étonnement de ceux qui dirigeaient la vente :

— Trente !

— Cinquante! fit le peintre.

Diable ! mais cela devenait intéressant r Le commissaire - priseur regarda instinctivement le casque, tout à l’heure méprisé, qu’on se disputait maintenant; mais, bien qu’il en eût, il hocha la tête Evidemment, à son avis, il pouvait valoir, tout au plus, les six francs du marchand.

Cependant , les devoirs professionnels l’emportant, il crut nécessaire d'ajouter quelques remarques banales.

— Une pièce unique!... I.a cuirasse de cette armure doit se trouver à VArnteria real.

Mais il était inutile d'eiciter les deux adversaires en présence. « Soixante!—Cent. —Cent cinquante I • Et les enchères faisaient des bonds de plus en plus hauts. Bref, à trois cents, le marchand perdit son assurance et le casque resta au peintre, qui l'emporta tout de suite.

J'étais entré dans la salle à la fin de cettedispute, étrangemcntchaude pour Tobjet qui le motivait, et je rencontrai l’artiste au moment où il s’en allait, tenant, d’un airfurieux, le casque entre ses mains.

— Vous venez donc de faire une trouvaille ?lui demandai-je.

— Ça! fit-il en désignant le

casque... une ordure, une simple ordure I

— Maisalors, cette belleardeur?...

— Tenez, reprit-il brusquement, avec une expression à la foismélancolique et farouche, avez- vous jamais remarqué Tespèce de ressemblance bizarre qu^il y a entre un casque de chevalier et une boîte aux lettres.*^... Regardez... la fente qui se trouve ménagée entre le heaume et la visière, lorsque celle-ci est refermée, ne semble-t-elle pas toute faite pour yglisser unbillet?... Estce que cela n’attire pas? En un clind’œil la lettre a disparu. Une, deux!... C’est ce qui m’a perdu...

— J’avoue...

— Vous ne comprenez pas ? Bah!

je ne fais pas mystère de mon aventure... J’ai acheté ce casque pour le briser, le détruire, l’anéantir, pour me venger sur lui de tout ce que j’ai souffert par lui... Je

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l'aurais payé bien davantage ! Ce ne sera pas acheter trop cher la satisfaction d'un pareil moment, allez !

Tout un passé absurde, dix années manquées a cause de cette oaieuse carcasse de fer!

— Voilà des confidences qui demandent une suite.

— Oh! si vous voulez!.. . Vous saurez que la vente qui a lieu en ce moment, après décès, est celle d’un brave homme a qui j'ai rendu assurément un rude service, malgré moi... Voici la chose. Donc, il y a une dizaine d'années de cela, je me trouvai fortuitement entrer en relations avec lui, pour une affaire banale. Il s’agissait de je ne sais quelle demande de renseignement; il se mit courtoisement à mon service, et, par courtoisie, a mon tour, je lui fis quelques visites. Le vrai, c'est qu’il y avait, chez lui, une petite institutrice, chargée de l'éduca-

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tion d’une nièce qu’il avait, qui me semblait la plus séduisante personne qui fut. J’avais vingt-trois ans... ne m’avisai-je pas de m’éprendre d’elle?

Elle était sentimentale en diable, et, si mes premiers aveux ne furent pas repoussés, je me rendis compte, du moins, que le siège serait long...

Elle tenait, dans la maison, une situation assez effacée, et les occasions de lui parler étaient difficiles, ce qui menaçait de retarder fort les choses...

— Mais le casque?

— J’arrive au fait. Bien que l’excellent homme chez qui je commençais à devenir assidu fut un bourgeois très bourgeoisant, — ou précisément à cause de cela, — il avait placé sur un meuble de son salon, avec infiniment d’égards, ce casque ridicule, auquel il attachait naïvement beaucoup de prix... Il m’agaçait d’instinct, ce casque

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par sa lourdeur héte, mais je compris le parti qu’on en pouvait tirer... Je m'entendis avec la Hllctte, qui trouva le moyen tout à fait poétique, et, dans l'ouverture de la visière, je glissais mes déclarations les plus ardentes... Dès qu'elle était seule, elle fusait jouer le ressort, pre» naît ma correspondance amoureuse et enfermait là sa réponse, que je prenais à mon tour.

— Mais c’etait charmant, cela, et d'une petite note romanesque à l'eau de rose...

— Oui, mais cela ne pouvait pas durer, M. Durand (appelons-le ainsi, si vous voulez) était marié, et. bien qu'il lut déjà presque un vieillard, sa femme était jeune et... pas trop mal, ma foi, bien qu’elle ne réalisât pas tout à fait mon idéal. Il faut croire qu’elle me vit un jour glisser une lettre dans le casque... Le len* demain, en cherchant ma réponse

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dans cette boîte aux lettres moyenâge, qu'est-ce que je trouve ? Un billet d’une écriture inconnue, contenant de doux reproches sur ma hardiesse, qui étaient, en somme, le plus clair des encouragements.

Comme je demeurais confondu, me demandant ce que cela signifiait, la porte s'ouvre... Madame Durand paraît, me prend les mains, défaillante, et s’écrie : « Vous aviez donc deviné que je vous aimais ! »

— Diable !

^ Connaissez -vous une situation plus sotte pour un galant homme que celle où je me trouvais ? Le moyen de détromper une créature confiante, éperdue, désirable, d’ailleurs, et de lui dire: « Pardon ce n’est pas à vous que j'écrivais, c'est à l’institutrice ! )) Pouvais-je supposer, du reste, dans quelle aventure je m’embarquais ? Comment vous dire

ccU ? C csi par — politesse que je cédai. Je cherche un autre mot que celui-là, mais je n’en trouve point.

Et des rendez-vous orageux commencèrent. Elle venait chez moi à toute heure, tyrannique, impérieuse, me parlant sans cesse du sacrifice qu’elle m’avait fait, et, jalouse a présent, m’interdisant l’accès de sa maison. Je suis faible..., je ne l’ai que trop prouvé I Je Bnis par croire un peu au sacrifice. El puis quoi! l’habitude I Et la politesse^ lou]ours\ M’était-il possible de lui avouer l’origine de notre liaison ?

Bref, savez-vous ce qu’elle fit de moi?F*'.lle m’enleva positivement!

Elle déclara qu’elle ne pouvait plus vivre sans moi, elle vint a bout de toutes mes résistances, elle me dé- , cida a quitter Paris, avec elle... Je commençais à percer, j’avais du travail sur la planche. Il fallut tout

abandonner. Elle jouait de moi à sa guise, elle paralysait ma volonté.

Oh ! Tabsurde chose que ces préjugés des égards envers une femme, qui finissent par nous conduire à Tabîme I Si elle eût été intelligente, encore ! Mais elle se mêlait de me diriger en art, comme dans le reste.

Et, lâchement, bêtement, je subissais son influence, en tout. Et quelle vie! Un métier de manœuvre pour vivre, des voyages sans cesse, la nécessité de se Cacher, mes relations rompues, Texil de Paris, Toubli, le découragement ! Comment en finir ? Avais-je le droit de l’abandonner ? Si maladroit qu’il fût, je ne pouvais méconnaître un certain dévouement de sa part. Me sauver ? Elle m’aurait rattrapé. Et cela a duré dix ans ! Toute ma jeunesse inutilement dépensée, perdue, une lacune effroyable que je ne comblerai jamais, bien que je

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travaille comme un fou, maintenant!... Enfin, un jour, elle a appris la maladie Je son mari, sa mort prochaine, et elle est revenue juste à temps pour se faire pardonner par ce sage, qui me bénissait sans doute au fond du cœ ir de l'avoir délivre si longtemps d'elle !

Vous comprenez, maintenant, pourquoi j'éprouve le besoin de me venger sur cet affreux casque, qui a été cause de tout !

Le peintre secouait violemment en parlant, le malheureux engin guerrier, et, après un effort, il écarta brusquement la visiere qui semblait scellee par la rouille.

Tout a coup, il poussa un cri. Un billet jauni venait de tomber à terre.

Il le ramassa vivement, le lut et me le p.issa :

« — Pourquoi ne m'écrivez-vgus plus? Je ne me sens plus la force de lutter... Emmenez-moi 1 Allons-

nous-en ensemble, très loin, dans un coin perdu. Je suis prête à tout! »

Cétait la dernière lettre de la petite institutrice, demeurée là depuis dix ans

Le peintre haussa les épaules.

— Elle aussi ! dit-il philosophiquement.

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UN PAUFAIT SKCnéTAIRK AU DIX- IIUlTlÈMe SlàCLE.

Ccnl trente-sept ans et vierge! — L*ctiquette épistolaire. — N*at)Vanchissez pas les lettres ! — Les billets amoureux. — Du moyen de toucher le cœur des belles. — L'esprit dans les lettres d'amour.

Ce n’csi pas d’hier que datent ces € Parfait Secrétaire » qui contiennent des modèles de lettres pour toutes les circonstances de la vie, et qui fournissent auxamoureux, embarrasses pour faire Taveu de leur « flamme » des exemples de brûlantes déclarations.

Je viens d’acheter, dans une vente modeste, un assez curieux, petit bouquin, qui est quelque chose comme l’ancétre de ces manuels

épistolaires, qui abondent aujourd'hui, pour la grande satisfaction des âmes sentimentales et naïves.

Il porte ce titre : (( I3u cérémonial dans le commerce des Lettres », et il est daté de 1750, chez Antoine, libraire à Nancy. Ce pauvre exemplaire avait été bien dédaigné; il avait traversé cent trente-sept ans avant qu’un coupe-papier se glissât entre ses feuillets jaunis, mais vierges.

Il est fort plaisant, cependant, et, grâce à lui, c’est toute une évocation delà politesse d’antan qui apparaît, avec sa solennité pompeuse.

L'auteur anonyme se déclare nette-^ ment expert en la matière, et tient à l'étiquette 1 Et les conseils généraux, qu’il formule tout d’abord, font , penser à la gravité d’une révérence de menuet. « La principale fin qu’on doit se proposer en écrivant à une personne, dit-il, c'est de

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l'obliger : que l'on prenne toujours une affaire, un sentiment par son côté le plus noble I • Et, comme il n’atttche pas moins d'importance ù la forme extérieure des lettres qu'à leur tour de style, il fjut voir avec quel sérieux il s'en^^age en d'interminables discussions pour établir s'il faut placer la date en tête ou à la tin, et a quel endroit de la page il faut commencer la première ligne, selon le respect dû au destinataire.

U 11 y a. s'écrie ce professeur de belles manières, des personnes qui ne semblent point se soucier de la nécessité de ces intervalles ; mais je ne leur conseillerais point de les oublier avec les gens de la vieille cour et avec les provinciaux, qui, très façonniers les uns et les autres, tiennent fort a ces marques de déférence. »

Notre auteur, qui a toutes les délicatesses, se pose ce terrible pro-

blême : n'est-il pas impoli de se tutoyer dans les lettres, quelque amitié qu'il y ait entre les personnes qui ont commerce ensemble? »

Cette manière grossière de s'entretenir est bannie du bel usage parmi les Français, et, en la pratiquant, on parle comme le peuple : c'est même un langage qui répugne et qui a ses conséquences, quand il est écrit : on ne risque rien de se renfermer dans celui des honnêtes gens. »

Mais comme le savoir-vivre se modifie ! Tout un paragraphe est consacré à la recommandation de ne payer le port d’aucune lettre, f C'est faire une espèce d'insulte aux gens que d'affranchir les lettres qu'on leur écrit ; on aurait l'air de vouloir les sauver d'une petite dépense ! )) On est singulièrement revenu de ce préjugé I

Selon ce fervent du cérémonial,

Le Dieu Ihbelot

il faut cacheter de noir les lettres adressées aux personnes qui sont en deuil Mais une pointe de scepticisme perce en lui quand il parle de ces compliments de condoléance :

tt 11 faut, dit-il, toujours supposer attligce la personne queTon^complimente. >

Cest dans les modèles de lettres « avec le sexe » qu'il est charmant.

Il estime qu'on ne risque jamais rien, en écrivant aux dames, de a leur déférer » et de leura ccorder un peu plus qu'il ne leur est dû, appelat-on t Madame » une femme qui, n'étant pas noble, n'a droit qu'au titre de c Mademoiselle » .

C'est la grdee du caractère français que de ne point marchander là-dessus ; mais j'imagine qu'il n'entend point malice lorsque, s'adressant aux dames, a leur tour, il leur conseille de terminer leur lettre à un « supérieur » par ces mois : «Soyez

persuadé, monsieur, de Tenvie que j'aurais de vous obliger ». Un Parisien d’aujourd'hui, lisant cette formule, aurait peut-être l'idée d’en éprouver la sincérité !

Les recommandations au sujet des lettres d’amour sont exquises.

Elles doivent, tout en gardant l’agrément du style, laisser percer le désordre où l'on est. « Une passion, quelque forte qu'elle soit, exprimée avec de pauvres termes, ne touche pas une Belle comme un amour rendu avec vivacité. » Mais «l'ennemi mortel ! » des lettres amoureuses, c'est l’étude et le raisonnement affecté. Il faut n'y mettre, avec un peu de violence, que de Tesprit ; il y a là, ma foi ! un joli passage, agréablement tourné, sur le secours que prête l'esprit, en amour : « Le cœur sait naturellement le langage de l'amour, mais il a besoin de l'esprit pour le con-

Le Dieu Hibelot

tenir dans les bornes d'une passion bien réglée, conformement au caractère de la personneque Ton aime, ahn de l'engager, de rirriier, de l'apaiser, dans les occasion^, car toute maitrcs*e ne rend pas toujours justice à l'amour le plus tendre, et l'expression bien ménagée est un des plus sûrs moyens de parvenir à cette tin, qui n'est point l'ouvrage du cccur. Cette entente n'appartient qu'à l'esprit : ils doivent donc être decompagnie dans les lettres amoureuses. » Ces rctiexions aimables ne portent-elles pas bien la marque du si|;clcou l’amour est la seule vraie grande affaire?

La jalousie, selon notre guide, est souvent un moyen dese faire aimer, mais il laut la témoigner respectueusement et avec délicatesse. Toutefois, il est delà pruJenced'un amant de ne jamais écrire au désavantage d’un rival : « C'est commettre son

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amour, c^est s’exposer à des affaires, car les belles sont souvent imprudentes, et quelquefois trompeuses et vindicatives. » Et, en philosophe épicurien qu’il .est, et qui ne tient point aux passions tragiques, il ajoute : « Je dis plus : ces lettres médisantes leur fournissent des moyens d’assujettir un amant à leur caprice : ce qui lui est important d’éviter, sHl veut aimer avec quelque agrément. » Tout un système perce dans ces lignes un peu...

roublardes^ pour employer une expression très peu dix-huitième siècle.

Quoi qu’il en soit, il est d’avis « qu’on ne gagne rien avec les duretés ». Elles désignent un mauvais caractère, elles « font ouvrir les yeux à une fille » pour l’avenir. Si l’on a des reproches ou des plaintes à faire à la personne que l’on aime, ce doit-être d’une manière si défé-

Ui Dieu Jiibelot

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rente qu'elle ne puisse raisonnablement se tacher; et meme, il est d'un homme d'esprit de les tourner à la louange de cette personne.

« C'est peut-^tre là le plus séduisant moyen de s'ouvrir le chemin de son cceur ». Point de grands mots, non plus. Ce n'est pas, encore une fois, sous un aspect dramatique que ce conseiller avisé envisage Tamour, mais bien comme le meilleur des passe-temps.

Nes’cchappe-i-il pas de ces pages, à travers leur demi-naïveté, un parfum, assez vif encore, du joli temps où elles étaient écrites par quelque pauvre diable d'homme de lettres, aux gages d'un libraire, qui avait dû prêter sa plume, plus d'une fois, aux galanteries des autres?

Chez les Morts.

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