ROTES
destituée du secourt des opérations anatomiques , pour lesquelles Madame Yonck, la femme du dernier professeur , chargé de cette partie , avait une horreur si prononcée , que son mari ayant été obligé , pour éclaircir une difficulté de médecine légale , de faire une dissection , il y eut momentanément séparation de corps entre eux. Dans les leçons , un mouchoir de poche figurait le cœur humain , le bonnet doctoral le cerceau , et. les écoliers attrapaient ce qu^ils pouvaient.
— Uart syllogistique,' l'ancien aristotélisme renforcé de quelques opinions de Descartes et de Wolf , composaient toute la philosophie ; les sciences physiques étaient fort arriérées , sans qu'il faille prendre à la lettre ce qu'a écrit Du Laurens. Quant à la littérature , le docteur Yan Leemput , professeur en grec au collège des Trois langues^ et auteur d'une grammaire grecque , ne put traduire les fables d'Ésope, quand il brigua une chaire à l'école centrale du département de la Dyle. Paquot, professeur d'hébreu, en possédait au plus les élémens. C'était, du reste, un homme très -versé dans l'histoire littéraire et la bibliologie. Assez bizarre dans ses habitudes , il passait son texpps couché sur le plancher de sa chambre , au milieu d'un monceau de livres et' d'une foule de petits carrés de papier , sur lesquels . il consignait ^t» extraits , d'une écriture nette et serrée. Une accusation odieuse l'exposa à un traitement rigoureux et le força ^ malgré son bon droit, à se retirer dans le pays de Liège.
— Plusieurs chaires étaient de véritables sinécures.
S68 nous.
La leçon d« haute littératiure latine ne te donnait pluB ; on y a^ait substitué Texplication du cathé> chisme , qu'on aTait décorée du titre pompeux de leçon à^éloqueuee chrétienne» On aTait pareillement cessé de donner la grande leçon de mathématiques , depuis le décès de Pabbé Le Page , sous prétexte que les étudians apprenaient assez de mathématiques dans le cours de philosophie.
En 1817, les choses ohangèrent de face. Un enseignement large et éloTé fut introduit En 1834, on
parle de le supprimer. Qu'en sera-t-il ?
Voici quelle était la composition de runiversité de LouTain, en 1780, avec les améliorations qu'on y avait faites récemment , mais qui n'eurent pas de suite , attendu leur sagesse.
Recteur, Yan Leempoel , docteur et professeur en médecine.
Vice^ecieur f fflarant, docteur et prof, en théologie. Chancelier, Marcy, prévôt de la collégiale de S^-Pierre. Substitut, Thyssehaert , doyen de S^-Jacques. Conservateur des privilèges , Marcy , déjà nommé.
fACOLTi M Tsiotodii. — Directeur, Vacat. Docteurs et profêêseur* , Haraat : Eist. ecclés. ; les pères , l'hist. littéraire de la théologie. — Kayenoe : recteur du séminaire-général. — De Haaière : dogmatique et polémique.— Sentelet : morale. — Wouters : herméneutique
det éeritares, langue hébraïque et grecque. <^ Ditlen : la pastorale,
pAGUiTi DE DROIT. — Directeur, Vandcr Heyden. — Docteurs et professeurs , Goessens : droit roniam , selon Tordre det pandectes.-^-LePlftt ; droit eccléi., public et prWë. — Lambrechtt : droit de la nature et det gens , droit public et universel. — Van Cutsem : biit. du droit romain , institutes , droit criminel. — La quatrième année du court de droit, il devait y avoir une leçon d'hittoire et de droit public de Pempire Germanique et des provinces belgiques , et une leçon de politique et de statistique.
iLGOiTi Ds nisBiEsss^,^^ Directeur, 'BeiiX'^^'^Doeteuf s et professeurs ,\eiVk Leeropoel : clinique. -^Yan Bouchante : chimie. — Hattuska i physiologie. — Schmidt : pathologie et matière médicale. — Brabant : anatomie. — Jacobs : chirurgie. *— Cock : accouchemens« — Jacquelart ; leçon abrégée de tous les parties de la médecine. — Hoerter : histoire naturelle et botanique. — Prosecteur, Hastier. — • Médecin assistant pour la clinique , Bleyckaerts. — Chirurgien assistant, Lambert.
FAGULTi SB naosonm. —* Directeur, Heyer. — Directeur du eMnet de physique ,ThjsêthBeti. — Docteurs et professeurs , Hinckelert : physique. -— Ferry : mathématiques. — Haha; logique, métaphytique , Morale.
— Il devait y avoir en outre des cours d^histoire naturelle universelle, d^histoire universelle et d^estétique. — Secrétaire y VandergHeyne , ancien professeur de philosophie.
Secrétaire de l'université, Staquet. — Bibliothécaire^ vacat. — Promoteur, Vander Schrick. — Promoteur^ adjoint, de Burlens. — Inspecteur-général des fonda- Oons pour les études. De Raymacker. — Bedeau , Pastyns.
P. 128. Festin splendide et plantureux»,..
Legrand d^Aussy qui voulait exécuter le plan du marquis de Paulmy et retracer dans ses moindres détails la Vie privée des Français ause différentes époques de la Monarchie , n'a eu que le temps de terminer les trois volumes consacrés à Phistoire de la cuisine. Cet ouvrage plein de recherches singulières , contient sur les dîners d^apparat et les entremets, tous les détails désirables. — Voici à ce propos une facétie de Brunck , laquelle a rapport au sujet traité par Legrand d^Âussy.
Fragmens d'un essai philosophique, historique et poUtpque sur la gastronomie, lus dans une société savante,
Très-docte président, Non moins doctes confrères,
Et vous tous auditeurs de quelque classe que ce soit,
Fai'ete lin^fuis,
tt Comme ainsi soit que j'ai souvent, dans mes labo-
rimiset Teilles, été frappé des caractères qui distinguent sur la scène du monde les individus et les masses , et que rien ne m^a paru plus digne d^un Trai savant et d'un philosophe que la recherche des causes de ces étonnantes dissimilitudes, j'ai pensé que votre illustre compagnie n'entendrait pas sans intérêt quelques ré*' flexions sur cette matière. J'y ai été d'autant plus encouragé que vous n'êtes point, messieurs, les adversaires des études sérieuses et qu'il suffit qu'une chose soit grave pour qu'elle s'attire votre attention.
Sur les pas de Bossuet , de Vico et de Herder , je me suis livré à la considération de la loi qui préside aux développemens de l'humanité et j'ose dire que mes profondes méditations ne m'ont laissé qu'une estime médiocre pour ces écrivains ; mais , en revanche , m'ont inspiré une assez haute opinion de moi-même. Quel est le principe de l'activité morale de l'homme ? est-ce l'influence des causes extérieures ^ est-ce l'impératif catégorique de la conscience, l'amour de soi ou. pki^ lauUe , le besoin du bonheur ou du plaisir , etc. ? non , doctes président et confrères* La loi universelle et nécessaire qui gouverne les individus , les sociétés , est celle de la mastication.
La découverte est grande , importante , sublime même; cependant quoique le premier j'en aie fait une large et féconde application , je . n'en dépouillerai pas le véritable auteur.
Diderot a écrit en français et Goethe traduit en allemand un ouvrage étincelant d'originalité où le neveu de
lUuneau établit avec une force de logique irrésistible que les hommes n^obéissent jamais^ en dernière analyse ^ qu^à un penchant gastronomique auquel il donne le nom de besoin de la mastication : mérité dont Tauteur des Comédiens s^est emparé et quUl a particularisée y de générale qu'elle est au fond :
Tout t^arrauge em dînant dans le siècle où nous sommes Et c'est par les dîners qu'on gouireme les hommes.
(Ici Torateur entre dans des raisonnemens d'une abstraction telle que nous n'osons Vj suivre ; il pose sa loi sur des fonde'mens inattaquables et recherchant sa manifestation dans une foule de faits partiels , il esl conduit à parler du génie littéraire et à examiner la proposition avancée par Rabelais j après le poète Perse , que Hesser Gaster est le premier maStre-ès-arts do monde. )
Qu'ont été, que sont encore tous les hommes de génie? des gastronomes dans toute la force du mot. Homère a reçu d'Horace Pépithète de vtnosus ; c'est à table que Platon rassemble les sages de la Grèce j Rousseau , tout austère qu'il était , aimait le vin et les bons repas ; les dîners du baron d'Holbach firent éolore l'encyclopédie : les soupers d'Auteuil, quoique mal préparés, ont rechauffé la Terve de Boileau; si Byron a surpassé tous les poètes modernes, c'est à l'usage dtt wisky et du genièvre qu'il doit cet avantage ; Jean Paul I l'admirable Jean Paul ne devait l'effervescence
de son imaçination qu^aux fnmé«if poétiques de la bière bavaroise. Que dirai -je de Walter-Scott , messieurs? ne peut-il pas être appelé le cuisinier du pâmasse moderne ? 9eê admirables romans ne présentent-ils pas un cours complet de gastronomie? L^Écosse et ses béros ne donnent-ils pas appétit par Tardenr avec laquelle ils expédient tantôt Taie et Pi^oebaugh , tantôt la venaison, le rostbeef de la vieille Angleterre , ou le mets favori du pays des gâteaux? Quelle différence entre ses béros, gros et gras, Testomac toujours docile, et ces amoureux affamés , ces paladins toujours à jeun qu^on rencontre dans les romanciers ses prédécesseurs, excepté Lesage, dont le cbef- découvre commence par Phistoire d'une omelette et se recommande ainsi aux penseurs !
Avec Phistoire de la cuisine marche celle de la civilisation. Pour ne pas remonter plus loin que nos ancêtres les Francs, quelle meilleure raison de leur barbarie que Pétat sauvage de leur table ? H. Legrand d'Aussy , qui avait entrepris d'écrire la vie privée des Français aux différens siècles de la monarchie , appréciant toute la puissance des bons et des mauvais morceaux , a consacré trois gros Tolumes rien qu'aux détails culinaires, ou pour parler comme Montaigne , à la science de la gueule. On ne sera pas surpris que les Français , si aimables aujourd'hui , aient été si grossiers sous les premières races , puisque les capitulaires de Charlemagne ordonnent do se rendre aux plaids ii Tide , et défendent strictement d'engager des amis à
boire. L'aurore de la ci-viliMition en France date du règne de S^-LouU, époque où Ton accommoda pour la première fois les poulets à la tartare et où Ton tira un parti surprenant du sang de bœuf pour en faire du boudin. Depuis lors les améliorations allèrent sans cesse croissant jusqu^au grand siècle de Louis XIV.
Si Ton s^arrète ici ^ malgré Téclat dont brille cette époque j on verra que la cuisine manquait de hardiesse et d^originalité : c'est le classicisme de la gueule. Cela est si Trai que la duchesse du Maine , qui tenait à Sceaux les galères du bel esprit , chargea le savant Dacier de faire préparer un dîner à la grecque et à la romaine. Ceux qui en tâtèrent faillirent rendre Tâme , mais cet esprit d'imitation n'en subsista pas moins et se démontre jusque dans la mort de Vatel , qui semble n'avoir étudié son art que dans Plutarque et ne s'être proposé pour modèle que le festin de Trimalcion.
La régence , époque de licence , perfectionna les compotes et les sorbets : les carris à l'indienne datent de Louis XV et dénotent une génération blasée dont on a peine à ranimer le palais. Alors régnait avec fureur l'insensé préjugé de nation : ce qui était excellent à Londres ou à Vienne , ne pouvait l'être à Versailles ou à Paris. La révolution , en brisant plua d'une assiette , en renversant plus d'une marmite , accoutuma les estomacs français aux plats épicés de la Grande-Bretagne. Cependant l'importation n'était ni franohe ni complète et les cuisiniers parisiens étaient
à leur modèles leur âpre originalité , à peu pré» comme Ducis affadiMait le divin Shakcpeare.
yère de la tolérance a commencé I Point de cuisine prÏTilégiée , point de distinction de pays : tout ce qui est bon appartient à la vraie gastronomie. L^éclectisme domine en cuisine comme en philosophie et il a ses Victor Cousin et ^eè Périgord , ses Th. Jou£Eroy et ses Brillât -Savarin. Ainsi la pensée humaine marche en s^agrandissant et rien ne prévaudra contre elle. Allons dîner! »
P. 130. L'adresse avec laquelle il se soutint en croix,,.,
Ifous sommes portés à croire qae cette circonstimce a été suggérée à Brunck par une ancienne chronique , dont on lit Textrait suivant dans les Essais historiques sur l'origine et les progrès de l'art dramatique en France, tom. I«r, pag. 167 : u L'an 1437, le 3 juillet, fut fait le jeu de la passion de n.-S, , en la plaine de
Yiximiel et fut dieu un sire appelé seigneur If icolle ,
de Ifeufchâtel, en lorraine, lequel étoit curé de Saint>yictour de Hetz : lequel fut presque mort en la croix , s'il ne fust esté secouru \ et convint qu'un aultre prebstre fust mis en la croix , pour parfaire le personnage du crucifiement , pour ce jour : et lendemain ledit curé de Saint-Victour parfit la résurrection, et fit très-hautement son personnage, et dura ledit jeu. £t autre prebstre qui s'appelait Mess ire Jehan de Nicey , qui étoit chapelain de Hétrange , fut Judas ; lequel fut
pnaqtte mort en pendant , cftr le cueur lui faillit ; et fut bien hastivement detpendu et pourté en Toye, etc. »
P. 138. Dansa la Noh-Pajlsilie...
Sur la danse voir la notice des Basses danses de Bourgogne , par ffl. de Reiffenberg et ses particularités inédites sur Charles^Quint et sa cour,
P. 134. Antoine de Croy, comte de Porcean.
La généalogie de Pillustre maison de Croy a été écrite expressément par Sohier, auquel il faut comparer PouTrage de J. de Bye , et un litre curieux publié & Grenoble , en 1700 , sous le titre de Chronologie histo^ rique des ducs de Croy, in-4o, de 307 et 40 pages. IVous citerons encore la grande histoire de la Toisond^Or, imprimée à Bruxelles en 1830, et qui fournira aussi des renseignemens sur le roi-d^armes Jean Lefebvre de S(-Remy et le collier à potence qui y est gravé.
P. 141. Ambassade que de profonds politiques ne
balancèrent pas à suspecter de fourberie»
Cette ambassade est mentionnée dans la Becollection des merveilleuses de Ghastellain et de Xolinet. Sous Louis XIV y il y eut aussi une ambassade de Perse qui passa pour une fourberie dont s^accommoda à mer-
Teille la vanité du grand roi et la courtisanerie de son ministre Pontchartrain. Archives pour servir à Phist, civ. et litt. des Pays-Bas, III, 40 — 49. Bulaure attri* bue cette supercherie aux jésuites. Histoire de Paris ^ 4? éd., VU, 209.
P. 1 i2. Joannes de Temporibus,
Il est nommé dans la chronique inédite de Dinierus.
P. 117. Le destrier des quatre fils Aimon.
Les quatre fils Aimon et le cheval Bayard jouent un grand rôle dans nos anciennes cérémonies populaires. On les Toit figurer dans la plupart de nos jubilés et ils n^étaient pas oubliés à la procession magnifique que Ton fit à Louvain en 1400, et dont nous avons vu une description détaillée aux archives de cette ville. M. Vervloet, qui a publié en flamand et sous le voile de Tanonyme, la description du jubilé de Halines en 1826 , y représente : Ifet ras Bayard ofte vier gebroeders peêrd. Il n^est personne qui n^ait lu le roman de Huon de Villeneuve, retouché ou plutôt gâté par Guy Beronay et Jean Le Cueur , sieur de Kaillyj il n^est personne qui ne sache, par conséquent , que Charlemagne , jaloux des frères Âimon , étant à Liège sur le Pont - de -Meuse, se fit amener Bayard , le bon cheval de Renaud , et lui dit : u Ah !
268 nOTES.
Bayard ! tu m^as bien des fois courroucé, mais je suis venu à bout de me veuger. » Alors il ordonna de lui lier une pierre au cou , et de le jeter par-dessus le pont dans la Keuse. Bayard alla au fond. Quand Charlemagne vit cela , il en eut grande joie , et dit : » J^ai tout ce que j^ai demandé , enfin le Toilà mort. » Mais Bayard frappa tant des quatre pieds , quUl réussit à casser sa corde ; il revint dessus Teau et passa à la nage de Pautre côté de la rivière.
Dès quUl fut sur le bord, il se mit à hennir avec force j puis il prit sa course avec tant de rapidité quUl semblait que la foudre le poussât. Il entra dans la forêt des Ardennes. Gharlemagne fut très-irrité de le savoir échappé , mais tous les barons en furent très-satisfaits. Beaucoup de gens disent que Bayard est toujours vivant dans la forêt des Ardennes ; mais qu^à la vue d'un homme ou d^une femme , il fuit sans se laisser approcher. (Gh. XXX, de V Histoire des quatre fils Aimon. )
Gramaye qui explique le nom de la forêt de Meerdael , par vallée du cheval , affirme que ce cheval était le fameux Bayard. Il ajoute que le village de Berthem devait sa dénomination à une pareille origine et que ce mot signifie habitation du destrier. Or , le village avait pour armoiries le cheval Bayard , portant les quatre fils Aimon \ l'on montrait dans la forêt de Meerdael , qui est voisine, la crèche de ce coursier, et Tony voyait encore une très-grande pierre , quMl frappa , dit-on , si rudement de ses pieds , qu'elle en avait conservé l'empreinte. Il remarque enfin que cette forêt avait mani-
festement fait partie de celle des Ardennes, qui était du domaine d^Aimon lui-même.
Les fils Aimon étaient Ardennais et leur mère Tongroise. C'est à ces preux qu'on attribue la fondation du château de Duy , au comté de Namur , où Ton trouve , près de Binant, la roche à Bayard. Leur histoire se rapporte au yi<^ siècle. Adalard , Pun d'eux , donna ia seigneurie de Berthem , en Brabant , à l'abbaye de Gorbie, où il se fit religieux. Ce monastère ne se défit de cette propriété qu'en 1562. Gramaye a lu dans un registre manuscrit, qu'avant les troubles du XYI^ siècle , on voyait les quatre fils Aimon , représentés à genoux devant un crucifix posé sur le maître -autel de ce village. Des rues, de plusieurs de nos villes , portent \e nom àe% quatre fUs Aimon. Voy, notre article sur ces personnages dans le Supplément de la biographie universelle de Hichaud , tom. LYI.
Nous mettons sous les yeux des lecteurs les vers de l'Arioste et de Byron , auxquels il est fait allusion dans le texte :
E questo hanno causal o due fontaue Che di diverse effetlo hanno liquore ; Arabe in Àrdenna , e non sono lontane : D*amoroso tlisio Tuno cmpie il core; Chi bee dcll* altra senza amor ri ma ne , £ volge tuUo m ghiaccio il primo ardore.
Orlando furioso , canlo I, st. 78.
And Ardennes waves aboTe them her green leaves, Dewy with natui*e's tear-dorps , as tbej pass , Grievinç, if aoght inanimate e*er grieves, Over the unreluming brave , — alas ! etc.
Childe Harold, caoto III.
P. 149. Les romans de Charlemagne , des douze pairs
de France,.,.,
Ces vénérables reliques de notre ancience poésie excitent, depuis quelque temps, une sympathie plus vive. Parmi ceux qui ont déterminé ce mouvement littéraire et qui le dirigent avec le plus de succès , il faut nommer d'abord H. Raynouard , qui a retrouvé la grammaire des troubadours , qui s'apprête à en publier le dictionnaire , et dont les nombreux articles dans le JoumtU des savons , éclaircissent une foule ' de questions philologiques. Le laborieux et modeste Héon, que la mort a frappé récemment, a rendu de grands services à cette partie de Térudition qu'honorent aujourd'hui H. de Honmerqué , mon confrère , à la société des Bibliophiles français , et la plupart de ces "* bibliophiles eux-mêmes. Pourrais-je oublier HM. Crapelet, Paulin Paris, Langlois, Francisque Michel, Ch. Eicheiet et le Hbliophile Jacob, l'ingénieux Paul Lacroix , qui , sans se faire éditeur de nos gothiques romanciers, en combine si heureusement les couleurs dans 8e« intéressantes chroniques? Est-il permis de
p«Mer sons silence H. £. Bekker ) éditeur du roman de Fier-^-hras, de ne pat remercier de son xèle H. le prince d'£s8ling et de taire le bien que font quelques hiUiopoles tels que MM. Techener et SyWestre| qui s^attachent à la librairie archéologique ?
P. 160. Le déduit de la chasse , etc.
Les Mémoires historiques de La Cume de Ste»'Palaye , sur la chasse , font connaître suffisamment ces différens ouvrages.
Le Trésor de vénerie d^Hardouin , seigneur de Foutaine-Guerin , composé en 1394, fait l'éloge, comme chasseur , de Philippe-ie-Hardi , duc de Bourgogne , et non pas de Phiiippe-le-Bon , ainsi qnUl est dit inexactement dans le mémoire sur le séjour de Louis XI aux Pays-Bas. Philippe-le-Bon n'en était pas moins un chas* seur habile.
P. 158. Faust.
On trouvera quelques renseignemens sur ce personnage mystérieux , que la musique de notre ami , H. de Peellaert , vient de rappeler au public , dans nos Par* ticularitès sur Charles - Quint et sa cour, Bruxelles , Hayez,1833, in-4o.
P. 181. Chiens de Su-Hubert
L'auteur de la Dame du Lac , dit au chant premier :
u Le cerf eai deTant le chasdeur, près de perdre ha- M leîne dans ses derniers efforts. Deux noirs limiers de » la race de S^Hubert, fameux par leur courage et * leur vitesse sans égale , le serrent de près et sont n sur le point de Tatteindre. » Et puis vient sur ces chiens une note extraite du Noble art de la vénerie, Londres, 1011. Voy, le Messager des sciences et des arts, nouvelle série, tom. I«r , 4e liyr.
P. 171. Barbara grœca genus
On raconte que Louis , devenu roi , adressa ce vers d^ Alexandre de Yilledieu, au cardinal Bessaricn , qui ne put survivre à une si sanglante épigramme»
P. 172. (Tne voix creuse et sourde comme le son que rendrait un cercueil
Un homme de beaucoup d^esprit , H. Collin de Plancy , en rendant compte de cette nouvelle , avec une extrême bieuvcillauce , a remarqué que cette phrase est une concession au style à la mode , et il a deviné juste.
P. 175. Le droit de gitc, . .
Le droit de gùe et de manger se retrouve fort souvent dans les chartes du XII*^ siècle. Dans le Roman de
Garin le Loherain , publié cette année même, le duc HervU , dit au roi de Cologne :'
De vous tendrai ma terre et mon païs , L'an deux mengiers ; ja ni porrez faillir.
Tom. 1, pag. 57.
P. 180. // donnait à sa conversation un intérêt
merveilleua:
Ahasvérus présente quelque analogie avec Taventu^ rier connu sous le nom du comte de Saint-Germai a ^ et qui était parvenu à s^emparer de la confiance de Louis XY. Le baron de Gleichen , ministre de Danemarck , et Thiebault , ont parlé d^une manière circonstanciée de ce prétendu comte , qui passait pour le fils d^un y M»/* portugais, u Je Tai suivi pendant six mois avec Passiduité la plus soumise , raconte M. de Gleichen en ses mémoires que je crois encore inédits (>), et il ne m^a rien appris sinon à connaître la marche et la singularité de la charlatanerie. Jamais homme de sa sorte n^a plus eu le talent d^exciter la curiosité et de manier la crédulité de ceux qui Pécoutaient. Il savait approprier le merveilleux de ses récits au degré d^esprit et de crédulité de son auditeur. — Quand il racontait devant une bête un fait du temps de Charles V , il lui
(i) Ce passage se trouve dans le Mercure étranger, 1813, n» IV, pp. 253—256.
274 KOTES.
confiait tout crûment quUl y aTait assisté. Hais quand il |Murlait à quelqu^un de moins crédule , il se contentait de peindre les plus petites circonstances, les mines et les gestes des interlocuteurs , jusqu'^à la chambre et la place qu^ils occupaient , avec des détails et une viTacité tels que Ton s^imaginait entendre un homme qui aTait réellement été présent à tout cela. Quelquefois en rendant un discours de François 1^^ ou de Henri YIII , il feignait une distraction et disait : le roi
se tourna vers moi mais soudain il rayalait ce moij
et continuait avec la précipitation d^un homme qui s^était oublié , vers le duc un tel, — Il savait en général Phistoire minutieusement et sMtait composé des tableaux et des scènes si naturellement représentés^ que jamais témoin oculaire n'a parlé d'une aventure récente, comme lui de celles des siècles passés. Ces hèies de Parisiens , me dit-il un jour , croient que j'ai 600 afis, et je les confirme dans cette idée puisque je vois que cela leur fait tant de plaisir ; ce n'est pas que je ne sois infiniment plus vieux que je ne parais. Car il souhaitait pourtant que je fusse sa dupe jusqu'à un certain point. Mais la bêtise de Paris , ne s'en tint pas à ne lui donner que peu de siècles ; elle est allée jusqu'à en faire un contemporain de Jésus-Christ.... «
P. 186. La tentation.
Tout ce qui suit compose une scène dont la liberté est peut-être un tribut payé par l'austère Brunck, à
la mode littéraire qoi a rais en -vogue les descriptions licenctenses , les oboénités et les orgies. Hais il faut dire à Plionneur de notre ami , que si ses couleurs sont on peu crues , elles n'ont pour but que d'enlaidir le Tice. Il a touIu imiter ces Spartiates qui pour dégoûter leurs enfans de Pivresse, leur montraient un ilote iyre-mort , ou ces pères qui mènent leurs fils dans un hôpital de vénériens, afin de leur inspirer l'horreur de la débauche.
P. 303. Une crois de feu
L'auteur da Moine , Le^is , a marqué également d'une croix de feu, le front de èon juif ,
L'ÉGLISE St.-CHRISTOPHE.
Imprimé incorrectement dans la Revue universelle et dans les Soirées littéraires de Paris»
P. £09. Langlès,
On lit ce qui suit dans nos archives philologiques , tom. 1er, pag. 230.
« M. Langlès, mort l'an passé (18214), était un savant dont on a quelquefois contesté la profondeur , apparemment parce qu'il ne- se croyait pas dispensé d'être aimable , et que la vivacité , la sémillance de
•on esprit laissaient difficilement croire quUl pût y joindre Inexactitude laborieuse | l'activité calme et rangée qui conviennent à un érudit. H. Dibdin , venu en France pour y voir de vieux monumens, de vieux livres , et de vieux hommes de lettres , a loué justement , la conversation de M. Langlès (i). Elle était en effet riche en traits heureux, en anecdotes agréables ou instructives. En voici une quUl me conta et qui peint au naturel le caractère de ses compatriotes. uÂu commencement de la révolution, disait-il, j^étais officier de la garde nationale. Kous nous donnions bien du mal pour empêcher le peuple-roi de faire des sottises. Ces sottises étaient souvent patibulaires. Un jour je parcourais les rues de Paris à la tète d'aune patrouille. Arrivé dans les eijvirons du palais, j^aperçus un rassemblement. Quelques furieux s^apprétaient à hisser à une lanterne trois pauvres diables parmi lesquels se trouvait une espèce d^Êsope qui faisait la plus piteuse mine qu^on puisse imaginer. Je m^informai de leur crime , cent voix me répondirent que c'étaient des aristocrates. Pour les sauver je feignis d'être fort en colère à ce mot , j'applaudis au civisme qu'on déployait sous mes yeux , mais je m'emparai des patiens , dé-> clarant d'un ton solennel que j'allais les conduire en prison et les livrer à la justice nationale. Il ne me fut pas aisé de les enlever au milieu de ma troupe ,
(l) Voyage hihl.f arcJn'ol, et pittor. en France ^ tom. IV, pug. 143.
WOTES. 277
pourtant j'y réussis et je les emmenai, suiti d'une foule de femmes qui , passant de la rage à une inconceTable gaieté, me disaient en' riant : u H. Tofficter, que nous en pendions au moins un , tenes , seulement le petit bossu n
P. 210. HégeU ...
n vint à LouTain en 1823. Je ne remarquai rien de bien particulier en lui, si ce n'est cette réponse qu'il fit à ma demande de quelques éclaircissemens sur un point obscur de son obscure philosophie, u Ces choses^ là ne s'eapliquent pas , surtout en français, »
Ibid* Marron». ,,
ProTidence des Hollandais et des Belges à Paris. Il était né en Hollande et se piquait de parler ayec pu* risme sa langue natale , quoiqu'il habitât la Trance depuis longues années. Dans sa jeunesse il a-rait eu des relations avec Mirabeau, et on lui attribue même v^ne partie des notes qui suivent l'appel aus Bataves sur le stathouderat. Bien qu'il eût quelque chose de solennel et d'un peu raide , c'était un fort bon homme qui savait parfaitement nager entre deux eaux et qui avait pour toutes les circonstances des hexamètres et pentamètres latins- ^pit prêts,. L'empereur , qui l'aimait , lui avait donné , en riant , le nom de Pape des protestans, -— les dîners du passage Vigan ont laissé des
ZiS HOTES.
•ouveniri agrëablet à tou» eeux cpii y ont été admis.
P 216. Les peintures diapkanss des viiraus,»,.
IVous ayons traité ce sujet dans un Essai sur lapein^ ture sur verre aux Pays-Bas, Brux. , 1832 , m-40. Nous nous proposons de le compléter par la suite.
P. 2dO* La voix puissante de Voryue,
On ne sera peut-être pas lâché (c'est la phrase), de trouTOr ici quelques détails sur l'histoire de la musique aux Pays-Bas. ... Cette tournure me rappelle les leçons du bon et sayant Hahne , qui passait quinze grands jours à expliquer une des premières lignes de la yie d^Épaminondas , dans Cornélius Nepos. Epamirnondas saltahat commode. SaltaJbat, dissertation à perte d'haleine sur la danse des anciens ; commode , quid est commode? Recherches sur l'élégance et le goût des Grecs , sur le rhythme , ta cadence , la mesure , et puis force passages pour et contre. A l'exemple du candide Sahne , je youlais donc reproduire en cet endroit certaine lettre à H. Fétis, roTue, corrigée et augmentée ; je le -voulais , attendu qu'elle roule sur la musique et qu'en ce moment il est question de l'orgue. Quelque admirable que fût cette transition, des con- 'venances typographiques ne m'ontft^as permis d'en profiter immédiatement , mais le lecteur n'y gagnerm rien : la lettre Tiendra à la fin du second Tolume»