LE YA&LET
Depuis ma douzième année , c'est-à-dire depuis cinq ans.
Le sénéchal se tut : il parut s'abîmer dans ses souvenirs. Mais Pariset , jaseur infatigable , revint à la charge.
— u Si les Guelfes, remarqua-t-il, vous ont fait des conditions avantageuses, ils n'ont certes pensé ni à votre cheval ni à votre chapeau.
— Mon chapeau , dit le damoisel en l'enfonçant sur son front avec fierté ; mon chapeau f je ne le troquerais pas contre la couronne d'un comte , et j'en soutiendrai l'honneur à pied et à cheval , contre tout venant* Quant à l'e&oyable rosse sur laquelle vous m'avez vu arriver tantôt comme un sorcier sur un manche à balai y
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je vous Tabandonne. J'étais revenu dltalie avec mon fidèle rousfiin de Frise qui^ ayant partagé tous mes dangers >, f^orte au pOitrlâl deux glorieuses cicatrices ; à une trentaine de lieues de Paris y vers le soir , j'entrai dans une méchante taverne en même temps qu'un moine. Le lendemain quand je voulus partir, je ne trouvai au lieu de mon vigoureux destrier qa'tme béte agonisante, réclamée par les corroyeurs, et que le bon «père, m'a-t-on dit, lui avait substituée, assurant effrontéfiaent au tsabaretier que lïion cheval lui appartenait, mais que la veille il avait eu la'com> plaisance de tee te pfrèter , tant j'étais misérablement mfonté. €« vol iwè -contrarie d'atctant plus que je suis venu à Paris pour assister au tournoi qui doh avoir lieu demain , et que je comptais sur la boîiïté dé mon contsier pour ne pas y figurer d'une manière trop ati-dessous de ma condition. Où est pas^é^ à propos , le Franciscain à qui j'ai de prime-abo'rd adressé la parole ? je n'assurerai pas qu'il ressemble à mon larron , d'abord parce que j*e n'ai pas eu l'oodasion de bien examiner celui-cî , et qu'ensuite tous ces gens-là se ressemblent; pourtant je
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serais bien aise d'approfondir le soupçon qui me
vient tout-à-coup
— £t qui est d'autant mieux fondé , observa Gertrude^ qu'il est arrivé ici hier fort tard , juché sur un cheval plus convenable a un gendarme qu'à un frère mineur. »