‹ Le dimanche (volume 2)Chapitre 10 sur 29 · LE MOINE · texte numérisé non relu

LE MOINE

« Or , ont-ils aussi plasienrs autres moyens 9 subtils , équipollens à larredns , voire an- I» cuDS pires ^e larredos , mais pourtant ils » ne laissent de commettre aussi des larredns » qualifies. »

Jntrod, à Papoh^, pour Hirodote^ ch. 2S.

Me di pas que

Soient tnit tel com je ci dit, IV*est pas mestiers.

La Bible Guiot de Provins.

En ce moment ils entendirent un grand bruit dans rëcnrie. Ainsi était appelé magnifiquement un trou sale , obscur et bas , situé derrière le bâtiment a l'extrémité d'un corridor étroit et non moins ténébreux qui donnait sur la rue.

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Nos amis y allèrent et aatant que le permettait la faible et trompeuse lumière , versée obliquement dans ce lieu du baut de cinq ou six toits qui semblaient en rivalité pour intercepter le jour , ils aperçurent un bomme encapucbonné, faisant des efforts désespérés , pour tirer de Té* curie un cbeval obstiné à y rester. L'bomme jurait, blasphémait, reniait, le cbeval piaffait , hennissait , se cabrait. Tout à coup il s'arrêta et alongeant la tète vers le damoisel il parut prêt à lai faire des caresses. — « Quoi ! c'est toi mon pauvre Frison , c'est toi qu'on avait dé* robe à ton camarade de guerre et de fatigue, et qui le sachant ici, grâce à ton admirable ins» tinct, refusais de partir ? C'est lui-même , messieurs , je vous l'atteste « voyez plutôt les cicatrices dont je vous ai parlé; marques de deux coups-delancequim^étaient destinés et au«<ievant desquels il se jeta pour me sauver d'une mort certaine. » En s'expliquant ainsi le jouvenceau flattait du plat de la main le cou du généreux animal , et ces deux êtres que la nature avait placés à. une si grande distance dans la création, devenus en quelque sorte égaux par une affection réciproque , se. témoignaient chacun à

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leur manière la joie qa*ils éprouvaient à se revoir.

— it Qaand ces tendres ëpanoheméns auront cessé , dit alors le moine , car c'était lui-ménie, et im moine ricaneur encore , je vous prie de m'en avertir , afin que je puisse sortir mon choyai de ce cIoaque.«.

— Votre cheval , impudent vilain , s'éoria le damoisel sans égard pour la robe de Findividu ; votre cheval I vous osez appeler vôtre un cheval que vous m'avez indignement volé? Remercies le i^OG crasseux qui vous couvre ; sans lui je vous arracherais poil à poil cette barbe de satire et chàtirais exemplairement rotre friponnerie.

— Malheureux hérétique , répliqua le moine en se signant, horrible apostat, pire que les Albigeois , pire que les Juifs , plus détestable qu'Arius ou- Tanchelin , tous commettez un double sacrilège en disputant le bien de l'Église et en insultant un de ses ministres. Les conciles, les sacrés canons...

— Punissent sans doute un voleur , répartit le jeune homme , et le forcent à restitution.

— Ce cheval est à moi , répéta le Qls de St»-

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François , et je prends k témoin œs déWL hoa* nétesbourgeoû...

— Nous témoignerons que tous êtes dans votre tort, beau père, fit Pariset; partant mieux serait de céder de bonne gr&oe que de causer ici tout ce scandale, n —

Le moine convaincu qu'il ne pouvait comp* ter sur aucun auxiliaire, s'éloigna furieux , maïaçaot de sa vengeance et de l'excommunication majeure toute la maison de dame Gertrude, pauvre femme! qui se crut trop heureuse de perdre la valeur de sa dépense , pourvu qu*elle fût débarrassée de sa personne.

La porte de l'écurie prudemment verrouillée, on revint dans l'auberge. Pariset qui, à l'exemple de tous ceux de sa profession, n'aimait pas les moines, bien qu'il fàt pieux et même dévot, Pariset se mit à déclamer contre eux et à répéter toutes les épigrammes en prose , en vers , qu'avaient composées à l'envi sur ee sujet les écrivains d'une époque regardée d'habitude comme l'ère de la servilité de la pensée, et où néanmoins les affaires profanes et religieuses étaient journellement appréciées avec la plus grande hardiesse, avec une liberté de pa*

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rôle et d'opinion qne sont loin d'égaler , à mon avis j notre vain fracas de gazettes , nos petites émeutes quotidiennes dans les feuilletons.

Les poètes de ee temps, tels que Rutebeuf , Guyot de Provins , (luérin , Jean de Boves , GuilIaume-le- Normand , Ëustache d'Amiens, n'épargnaient pas le clergé , notamment les moines, dont les désordres ont été réprimandés avec plus de sévérité encore par de graves théologiens fortement attachés à la croyance et à la discipline de l'Église , tels , entr'autres , que Matbieu*Nicolas de Glamenges. Mais Pariset les surpassait tous par racrimonie de sa eensure. — «t Vous allez trop loin , lui dit le sénéchal , car vous n'épargnez personne* Je me réjouis pourtant de voir que vous ne confondez pas avec la religion «des abus purement humains ; mais ce n*est pas assez : un blâme général est presque toujours une criante injustice. Croyezmoi, il y a beaucoup de moines vénérables { s'il en est qui. donnent l'exemple du vice et des plus hideuses turpitudes , tous ne soulèvent pas les époux contre leurs épouses, les pères contre leurs enfans (le damoisel tressaillit) ; tous ne sont pas . complices d'un Artevelde ; tous ne se

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joaent pas de Tadaltere , de rivrognerie et du * larcin , et je poarrais tous en citer qui , menant une vie austère , offrent an peuple le modèle de tontes les rertus, ^» —

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