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Nous nous permettons ici de rappeler la célèbre expérience de SMITH, qui s’est fait injecter une dose considérable de d-tubocurarine.
Quelques instants après l'injection, SMITH ne peut plus parler; il entend pourtant normalement et n’éprouve pas d’angoisse particulière.
La respiration contrôlée étant instituée, il éprouve une sensation désagréable de « respiration courte » et il voudrait bien pouvoir respirer une seule fois spontanément, plus profondément. Mais, durant toute l'expérience, SMITH n'a pas cessé d’être parfaitement conscient.
L’encéphalogramme d’un sujet curarisé reste normal.
Si le curare, la d-tubocurarine du moins, n’exerce aucune action sur le système nerveux central, il est plus que probable qu'il agit sur le système nerveux végétatif.
VULPIAN, et plus tard LANGLEY et ANDERSON, ont confirmé que le curare bloque la transmission synaptique ganglionnaire. Le curare supprime l’effet de la stimulation des fibres préganglionnaires sur la pupille (MESA et Luco). Cependant, le même effet sur les fibres postganglionnaires parasympathiques nécessite l’utilisation de doses plusieurs fois supérieures et le résultat dans ce cas n’est encore que partiel.
Les fibres post-ganglionnaires sympathiques ne sont pas touchées, même avec des doses élevées. Il semble donc que le curare bloque électivement les transmissions synaptiques où l’acétylcholine constitue le médiateur chimique.