APPLICATION EN MÉDECINE
L'effet du curare a été expérimenté en médecine. BENDA estime que l’on doit rechercher — au cours des applications médicales — selon les circonstances, soit un blocage total, soit un effet partiel, modérateur du muscle strié, soit enfin une action par l'intermédiaire du système nerveux végétatif.
WEST a démontré que de petites concentrations ont un effet spécifique sur le tonus du muscle, sans toutefois le paralyser de facon brutale. On pense que le curare est susceptible, à dose adéquate, de régulariser le fonctionnement d’un muscle en état de contraction pathologique, filtrant en quelque sorte les décharges de fréquence trop élevée (SCHLESINGER). Si donc une dose relativement élevée entraîne un blocage total — d’où paralysie totale des muscles — une dose faible, bien calculée, administrée par voie intramusculaire ne ferait que modérer le tonus de ces muscles.
Le premier effet — blocage total — sera recherché, en thérapeutique médicale, dans les cas de tétanos, d'intoxication par la strychnine, etc. Le curare sera alors administré par injection intraveineuse, en goutte-à-goutte. |
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Le blocage partiel sera recherché dans les autres indications médicales, où le malade présente une hypertonie musculaire.
Nous avons vu que déjà Claude BERNARD avait préconisé l'emploi du curare pour traiter certaines affections convulsives.
Actuellement, on peut retenir les indications suivantes
— les paraplégies spasmodiques;
— la sclérose en plaque;
— la maladie de Parkinson;
— la poliomyélite antérieure aiguë;
— certaines arthrites et contractures rhumatismales douloureuses ; ;
— les encéphalopathies infantiles, etc.
Certaines de ces applications n’ont pas encore dépassé le stade expérimental, mais il est probable que l’on parviendra à une action de plus en plus précise.
Dans la convulsivothérapie, la curarisation doit être utilisée comme un moyen d'éviter les traumatismes musculaires et ostéo-articulaires chez les sujets très fortement musclés et chez les patients débilités ou présentant une affection osseuse ; mal de Pott, fractures, décalcification, ostéoporose, etc. On obtient une atténuation considérable des contractions musculaires, sans que l'effet central diencéphalique de ce traitement soit supprimé (DELAY et STÉVENIN).
A doses infra-liminaires, on a proposé le curare dans les mégacôlons, les algies du moignon, dans certains spasmes artériels (artérite juvénile) et même dans certaines douleurs épigastriques — comme par exemple l’ulcère gastro-duodénal, les crises solaires, les duodénites, etc. :
Les résultats sont inconstants et variables.